Turmes mi­lite pour le 100 % élec­trique

L'eurodéputé Claude Turmes était hier à Dif­fer­dange pour dé­fendre l'ins­tau­ra­tion de la mo­bi­li­té élec­trique et no­tam­ment des bus, dans toute l'Eu­rope, à l'ho­ri­zon 2030.

Le Quotidien (Luxembourg) - - Vorderseite - De notre jour­na­liste Claude Da­mia­ni

Le dé­pu­té eu­ro­péen est co­rap­por­teur d'un pro­jet de ré­so­lu­tion lé­gis­la­tive du Par­le­ment eu­ro­péen, qui vise, de ma­nière plus gé­né­rale, à ce que l'Union de l'éner­gie tienne compte du pro­blème du ré­chauf­fe­ment cli­ma­tique et mette en place un sys­tème de gou­ver­nance so­lide, afin de res­pec­ter les en­ga­ge­ments pris dans le cadre de l'ac­cord de Pa­ris.

Le Luxem­bourg, fu­tur État membre «pion­nier» ne comp­tant que des bus à 100 % élec­triques? Il s'agit en tous cas de l'ob­jec­tif du mi­nistre du Dé­ve­lop­pe­ment du­rable et des In­fra­struc­tures, Fran­çois Bausch, qu'ont por­té hier l'eurodéputé luxem­bour­geois Claude Turmes et le dé­pu­té-maire de Dif­fer­dange, Ro­ber­to Tra­ver­si­ni. Tous les trois sont is­sus du par­ti éco­lo­giste déi gréng.

Dans ce cadre, les trois hommes po­li­tiques ont in­sis­té sur «le rôle de "pré­cur­seur" que doivent jouer les ac­teurs pu­blics». Se­lon cette vi­sion des verts, l'UE tout en­tière de­vra se mettre à la mo­bi­li­té élec­trique afin de « contrer le ré­chauf­fe­ment cli­ma­tique et en vue de res­pec­ter l'ac­cord de Pa­ris», dixit Claude Turmes. L'eurodéputé a ain­si plai­dé pour que «le 100 % élec­trique» de- vienne «un im­pé­ra­tif, en ma­tière de po­li­tiques aus­si bien cli­ma­tiques que sa­ni­taires ou in­dus­trielles».

L'UE très en re­tard par rap­port à la Chine

Claude Turmes a d'ailleurs es­ti­mé que toutes les pro­chaines ac­qui­si­tions de vé­hi­cules par des ac­teurs pu­blics de­vraient être à l'ave­nir «dic­tées par une lo­gique pu­re­ment élec­trique».

Pour étayer sa re­ven­di­ca­tion, l'eu- ro­dé­pu­té a in­di­qué que la Chine dis­po­sait de 400 000 bus élec­triques, «alors que l'UE n'en a même pas 2 000». Pire, Claude Turmes s'est dit «fâ­ché et triste que l'UE soit ar­ri­vée au point de de­voir se faire li­vrer 35 taxis élec­triques par la so­cié­té chi­noise BYD».

En vue de ré­équi­li­brer la donne, Claude Turmes est d'avis que l'in­dus­trie eu­ro­péenne doit mettre les bou­chées doubles en pro­dui­sant ses propres bat­te­ries élec­triques «vertes», c'est-à-dire à 100 % re­cy­clables. Le cou­rant élec­trique de­vra, lui, pro­ve­nir à 100 % d'éner­gies re­nou­ve­lables. Sur un autre point, le dé­pu­té eu­ro­péen ap­pelle à ce que les in­fra­struc­tures né­ces­saires, dont les sta­tions de re­charge, soient dé­ve­lop­pées «dans toute l'Union eu­ro­péenne». Ces trois condi­tions – ou «de­voirs», se­lon les termes du par­le­men­taire eu­ro­péen – de­vront être réunies «si l'UE veut re­faire son re­tard sur l'Asie», a en­core ju­gé Claude Turmes.

Une fois la base éta­blie, il s'agi­ra pour l'UE d'adop­ter un cadre lé­gis­la­tif contrai­gnant pour l'in­dus­trie afin qu'elle suive la voie de l'élec­trique et de créer un genre de «mar­ché pro­té­gé, pri­vi­lé­giant l'élec­trique, et ce, en coor­di­na­tion avec les com­munes et l'État», se­lon l'eurodéputé. Pour ce faire, Claude Turmes s'at­tend au vote du pro­jet de ré­so­lu­tion lé­gis­la­tive dont il est co­rap­por­teur au Par­le­ment eu­ro­péen «avant l'été, avant d'en­ta­mer des dis­cus­sions avec le gou­ver­ne­ment, après l'été».

«Le pre­mier dia­logue en la ma­tière» s'est te­nu hier entre une quin­zaine d'ac­teurs concer­nés tels que des re­pré­sen­tants de l'État, des bus TICE, RGTR, mais aus­si de la Banque eu­ro­péenne d'in­ves­tis­se­ment (BEI), en charge de cer­tains fi­nan­ce­ments, par le biais de cré­dits.

De g. à d. : l'eurodéputé Claude Turmes (déi gréng, Groupe des Verts/Al­liance libre eu­ro­péenne) et le dé­pu­té-maire de Dif­fer­dange (déi gréng), Ro­ber­to Tra­ver­si­ni, po­sant hier de­vant l'un des quatre bus 100 % élec­triques de la com­mune.

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