At­taque chi­mique : Dou­ma in­ac­ces­sible

SY­RIE Les en­quê­teurs de l'Or­ga­ni­sa­tion in­ter­na­tio­nale pour l'in­ter­dic­tion des armes chi­miques n'ont tou­jours pas pu se rendre à Dou­ma pour en­quê­ter sur l'at­taque au gaz.

Le Quotidien (Luxembourg) - - Vorderseite -

Cette at­taque au gaz contre des com­bat­tants et la po­pu­la­tion ci­vile a eu lieu il y a dix jours. Elle a pro­vo­qué le lan­ce­ment de frappes des États-Unis, de la France et du Royaume-Uni contre les forces de Ba­char al-As­sad.

Les ex­perts de l'Or­ga­ni­sa­tion in­ter­na­tio­nale pour l'in­ter­dic­tion des armes chi­miques (OIAC) n'avaient tou­jours pas pu en­trer hier dans la ville sy­rienne de Dou­ma pour y en­quê­ter sur l'at­taque au gaz pré­su­mée du 7 avril, la Rus­sie in­vo­quant des «pro­blèmes de sé­cu­ri­té» et as­su­rant que leur ar­ri­vée au­rait lieu de­main. La mis­sion de l'OIAC «n'a pas en­core été dé­ployée à Dou­ma», a an­non­cé hier à La Haye le di­rec­teur de l'or­ga­ni­sa­tion, Ah­met Uzum­cu, lors d'une réunion d'ur­gence des États membres du conseil exé­cu­tif. La Sy­rie et la Rus­sie ont in­vo­qué des «pro­blèmes de sé­cu­ri­té», a-t-il ajou­té. Le porte-pa­role du Krem­lin, Dmi­tri Pes­kov, a nié toute mau­vaise vo­lon­té, qua­li­fiant les in­for­ma­tions fai­sant état d'une «en­trave» aux ins­pec­teurs de l'OIAC de «sans fon­de­ment » et sou­li­gnant que la Rus­sie était dès le dé­but «pour une en­quête im­par­tiale». Confir­mant des «pro­blèmes de sé­cu­ri­té», et no­tam­ment le fait que les routes me­nant à Dou­ma de­vaient en­core être dé­bar­ras­sées des mines, l'am­bas­sade de Rus­sie au­près de l'OAIC a en­suite as­su­ré que l'ar­ri­vée des ex­perts à Dou­ma était pré­vue de­main.

La ten­sion in­ter­na­tio­nale ne fai­blit pas après les frappes de re­pré­sailles me­nées sa­me­di par les ÉtatsU­nis, la France et le Royaume-Uni contre des sites mi­li­taires du ré­gime de Ba­char al-As­sad, à la suite de l'at­taque chi­mique pré­su­mée du 7 avril dans la ville alors re­belle de Dou­ma, dans la Ghou­ta, aux portes de Da­mas. Les frappes oc­ci­den­tales, d'une am­pleur in­édite, sont in­ter­ve­nues mal­gré la pré­sence en Sy­rie des en­quê­teurs de l'OIAC qui ont dé­bu­té di­manche leur mis­sion dans le plus grand se­cret.

Un tra­vail com­pli­qué

Ces ex­perts ont pour man­dat d'en­quê­ter sur l'uti­li­sa­tion éven­tuelle d'armes chi­miques, mais pas d'en iden­ti­fier les au­teurs. Leur tra­vail s'an­nonce com­pli­qué, plus d'une se­maine après les faits, dans une zone pas­sée de­puis sous le contrôle du ré­gime sy­rien et de la po­lice mi­li­taire russe. Les der­niers com­bat­tants re­belles de Dou­ma ont quit­té sa­me­di la ville en ruines dans le cadre d'un ac­cord de red­di­tion si­gné le 9 avril, deux jours après l'at­taque pré­su­mée. Les États-Unis soup­çonnent par ailleurs la Rus­sie d'avoir ma­ni­pu­lé le site de Dou­ma pour em­pê­cher la dé­cou­verte de preuves. «Les Russes pour­raient avoir vi­si­té le site de l'at­taque. Nous crai­gnons qu'ils ne l'aient al­té­ré dans l'in­ten­tion de contre­car­rer les ef­forts de la mis­sion de l'OIAC pour me­ner une en­quête ef­fi­cace», a dé­cla­ré l'am­bas­sa­deur amé­ri­cain au­près de l'or­ga­ni­sa­tion, Ken Ward. «Ce­la sou­lève de sé­rieuses ques­tions sur la ca­pa­ci­té de la mis­sion d'en­quête de faire son tra­vail», a-t-il ajou­té. Mos­cou, grand al­lié de Da­mas, s'est en­ga­gé à «ne pas s'in­gé­rer» dans le tra­vail de la mis­sion de l'OIAC, of­fi­ciel­le­ment in­vi­tée par les au­to­ri­tés de Da­mas.

À Dou­ma, les forces russes et sy­riennes oc­cupent dé­sor­mais le ter­rain. Les ex­perts de l'OIAC sont at­ten­dus sur place de­main.

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