De la Chambre à l'uni­ver­si­té

Il va avoir 60 ans en août pro­chain, mais il a hâte d'em­bras­ser une nou­velle car­rière. Le dé­sor­mais an­cien dé­pu­té de déi gréng Claude Adam re­trouve ses pre­mières amours dans l'en­sei­gne­ment.

Le Quotidien (Luxembourg) - - Politique Et Société - De notre jour­na­liste Ge­ne­viève Mon­tai­gu

Si­mone As­sel­born-Bintz, pour le Par­ti so­cia­liste, et Sam Tan­son, pour déi gréng, vont faire leur en­trée au Par­le­ment au­jourd'hui. Elles pren­dront la re­lève des dé­pu­tés Ro­ger Ne­gri (LSAP) et Claude Adam (déi gréng). Ce der­nier, dont l'an­cienne car­rière d'ins­pec­teur de l'en­sei­gne­ment fon­da­men­tal a été sup­pri­mée, se tourne vers l'uni­ver­si­té.

La dé­cep­tion s'est ins­tal­lée dans les rangs des verts en cette soi­rée élec­to­rale du 20 oc­tobre 2013. Le dé­pu­té sor­tant Claude Adam n'était pas par­ve­nu à réu­nir les suf­frages né­ces­saires pour pour­suivre son tra­vail au Par­le­ment. «C'est in­com­pré­hen­sible, car ce n'est pas mé­ri­té, il a fait un très bon tra­vail à la frac­tion», avait lâ­ché Vi­viane Lo­schet­ter, qui ne ca­chait pas sa sur­prise.

En­tré à la Chambre des dé­pu­tés en 2004, l'élu de Mersch avait amé­lio­ré son score de quelque 2 000 voix aux élec­tions lé­gis­la­tives de 2009 avant d'en perdre 1 000 au tour sui­vant et ra­ter l'en­trée au Par­le­ment, lais­sant Vi­viane Lo­schet­ter et Fran­çois Bausch comme seuls re­pré­sen­tants du Centre.

Tra­vailleur as­si­du, cet an­cien ins­pec­teur de l'en­sei­gne­ment fon­da­men­tal au­rait su re­tom­ber bien vite sur ses pieds en re­trou­vant le monde de l'édu­ca­tion. En en­trant au gou­ver­ne­ment, Fran­çois Bausch lui per­met néan­moins de re­trou­ver sa place de dé­pu­té où ses in­ter­ven­tions au nom du groupe éco­lo sont tou­jours sui­vies avec at­ten­tion par ses pairs qui ap­pré­cient son in­té­gri­té et sa maî­trise des dos­siers.

Nou­velles sen­sa­tions

Le per­son­nage est sym­pa­thique, dis­po­nible et fi­nit par créer la sur­prise avant les va­cances de Pâques en an­non­çant son dé­part de la Chambre des dé­pu­tés. À l'in­verse de Vi­viane Lo­schet­ter qui elle aus­si met un terme à sa car­rière d'élue, il ne ter­mine pas son man­dat et in­vite Sam Tan­son à prendre le re­lais pour les quelques mois qui restent à ac­com­plir jus­qu'aux élec­tions d'oc­tobre.

La dé­ci­sion n'a pas été fa­cile à prendre. «C'est une dé­ci­sion mû­re­ment ré­flé­chie, mais dès qu'on a fait son choix, alors tout de- vient plus fa­cile et tout va très vite», nous confie Claude Adam. Il a hé­si­té bien sûr : «J'ai 59 ans et je me suis dit qu'il était temps de faire en­core quelque chose ou alors d'at­tendre qu'on me mette en pen­sion. J'ai choi­si d'être ac­tif», pour­suit-il.

Il se dit bien content d'ar­rê­ter et Sam Tan­son qui lui suc­cède lui a ren­du le dé­part plus fa­cile. «Elle est très mo­ti­vée et elle est prête à prendre la re­lève. Je ne vou­lais pas res­ter jus­qu'à la fin, car Vi­viane (Lo­schet­ter) ar­rête à la fin du man­dat qu'elle ac­com­plit jus­qu'au bout en tant que pré­si­dente de la frac­tion. Elle était un très bon chef et ce n'est pas bon pour le mo­ral de l'équipe que deux dé­pu­tés s'en aillent en même temps», es­time Claude Adam.

Il a connu le camp de l'op­po­si­tion et ce­lui de la ma­jo­ri­té, deux po­si­tions qui n'ont pas le même confort. «Évi­dem­ment, le tra­vail dans la ma­jo­ri­té est autre que dans l'op­po­si­tion. Dans l'op­po­si­tion, je po­si­tion­nais mon par­ti dans les dos­siers concer­nant l'Édu­ca­tion na­tio­nale avec une confé­rence de presse de ren­trée. Mais dans la ma­jo­ri­té, c'est dif­fé­rent», doit-il bien ad­mettre. Ce­la étant dit, il ne s'est ja­mais gê­né pour dire le fond de sa pen­sée quand les ré­formes lui pa­rais­saient in­suf­fi­santes ou in­adap­tées.

«J'ai l'im­pres­sion qu'avec chaque loi on a créé un nou­veau for­mu­laire pour les en­sei­gnants. Il y a eu beau­coup de trans­for­ma­tions de­puis la ré­forme de 2009 et je pense qu'il faut dis­cu­ter de fa­çon sin­cère de ce qu'on a fait en 2009 et voir ce qui a fonc­tion­né ou pas», main­tient-il.

Il a tou­jours sui­vi les dos­siers en ma­tière d'édu­ca­tion et aus­si d'af­faires étran­gères. «J'ai po­si­tion­né mon par­ti pour les dé­cla­ra­tions de po­li­tique étran­gère, de co­opé­ra­tion et c'est ce qu'il y a de plus in­té­res­sant pour ce­lui qui fait de la po­li­tique na­tio­nale», avoue-t-il avant de ran­ger tout ça dans sa boîte à sou­ve­nirs.

Ce­lui qui fê­te­ra ses 60 ans en août se dit «plu­tôt cu­rieux» et prêt pour le nou­veau dé­fi. «J'ai ap­pris beau­coup de choses et j'ai vu beau­coup de choses, mais après 14 ans dans la po­li­tique na­tio­nale, j'avais en­vie d'autres im­pres­sions, sen­sa­tions, avant la re­traite.» Claude Adam ne re­pren­dra pas son an­cienne car­rière, elle n'existe plus et il a lui-même vo­té pour sa sup­pres­sion.

Il va donc em­bras­ser une nou­velle car­rière à l'uni­ver­si­té. Di­sons que ce n'est pas tout à fait nou­veau pour lui car il y était dé­jà en­sei­gnant va­ca­taire pen­dant son man­dat de dé­pu­té. «J'ai par­lé avec le mi­nistre et à la ren­trée je se­rai membre de l'équipe qui s'oc­cupe de l'or­ga­ni­sa­tion du stage pour les ins­ti­tu­teurs et je vais don­ner l'un ou l'autre cours à l'uni­ver­si­té pour le ba­che­lor en sciences de l'édu­ca­tion (BSE).»

Tan­son rem­pla­cée par qui au Conseil d'État?

Quant à Sam Tan­son, elle se­ra as­ser­men­tée au­jourd'hui. Qui la rem­pla­ce­ra au Conseil d'État? «Ce n'est pas en­core clair», ré­pond Claude Adam.

Il faut at­tendre le pro­fil de­man­dé, certes, mais est-ce un éco­lo qui va lui suc­cé­der? «Se­lon nos cal­culs, les verts avaient deux membres, donc si un membre s'ar­rête, se­lon ma lec­ture, ce se­ra un autre can­di­dat de déi gréng et aus­si une femme», conclut-il.

Mais il ne peut pas souf­fler de nom.

En 2012, Sam Tan­son était co­pré­si­dente de déi gréng et Claude Adam dé­jà dé­pu­té. Au­jourd'hui, l'en­sei­gnant de for­ma­tion quitte la Chambre des dé­pu­tés pour lais­ser la place à l'an­cienne éche­vine de Luxem­bourg.

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