Vers 6 % de crois­sance en Asie

Les der­nières pré­vi­sions de la Banque asia­tique de dé­ve­lop­pe­ment (BAD) sont tom­bées. S'agis­sant de la Chine, la crois­sance est at­ten­due à 6,6 % en 2018.

Le Quotidien (Luxembourg) - - Économie - De notre jour­na­liste Aude Fo­res­tier

On est bien loin de la pé­riode où le pays en­re­gis­trait une crois­sance à deux chiffres. Le ra­len­tis­se­ment ob­ser­vé de­puis quelques an­nées conti­nue.

Dans l'au­di­to­rium du Mu­dam, hier après-mi­di, il n'y avait pas de confé­rence sur l'art mais sur un su­jet bien par­ti­cu­lier : le rap­port 2018 de la Banque asia­tique de dé­ve­lop­pe­ment, dont le Luxem­bourg fait par­tie (lire en­ca­dré). In­ti­tu­lé Asian De­ve­lo­pe­ment Out­look 2018 Re­port, il dé­voile les der­niers chiffres dis­po­nibles sur les éco­no­mies asia­tiques. Il se concen- tre aus­si sur un su­jet qui ne concerne pas seule­ment l'Asie au sens large mais le monde en­tier : l'in­fluence de la tech­no­lo­gie sur l'em­ploi. Juz­hong Zhuang, éco­no­miste en chef ad­joint de la BAD, a pré­sen­té les grandes lignes de la pu­bli­ca­tion dont le lan­ce­ment, pour l'anec­dote, a eu lieu «à Hong Kong la se­maine der­nière», pré­cise-t-il. Le rap­port donne, se­lon lui, «une ana­lyse com­plète » de l'état des éco­no­mies asia­tiques.

Une crois­sance de 6 % est at­ten­due en 2018 pour cette ré­gion du monde. «Si on ex­clut les nou­veaux pays in­dus­tria­li­sés», c'es­tà-dire Hong Kong, la Chine, la Ré­pu­blique de Co­rée, Sin­ga­pour et Tai­pei, elle ga­gne­rait un de­mi­point de crois­sance, at­tei­gnant les 6,5 %.

Im­por­ta­tions et ex­por­ta­tions en forme

Cette crois­sance est, d'après Juz­hong Zhuang, sou­te­nue par une autre, «ro­buste», en­re­gis­trée dans les éco­no­mies avan­cées, c'est-à-dire des États-Unis, de l'Eu­rope et du Ja­pon (2,3 % en tout pour 2017). Pour l'an­née pro­chaine, une crois­sance de 5,9 % est pré­vue par la Banque pour la zone asia­tique sans les nou­velles éco­no­mies. Elle se­rait un peu plus forte (+6,4 %) si on les in­clut.

L'éco­no­miste en chef ad­joint de la BAD a en­core mis en avant la bonne san­té des im­por­ta­tions et des ex­por­ta­tions qui ont aug­men­té. «La de­mande in­té­rieure est tou­jours le prin­ci­pal mo­teur de la crois­sance», fait re­mar­quer l'éco­no­miste.

Et pour cette an­née et 2019, que pré­voit la BAD? Une crois­sance de 6,6 % en Chine en 2018 et de 6,4 % en 2019. «Nous sommes op­ti­mistes à pro­pos de la crois­sance» dans ce pays, af­firme l'homme de la banque. «La crois­sance se mo­dé­re­ra au-de­là de 2018/2019 et conti­nue­ra à l'être», conti­nue-t-il. L'in­fla­tion, un autre in­di­ca­teur im­por­tant, est pré­vue à 2,9 % cette an­née. Elle est at­ten­due au même pour­cen­tage en 2019.

Concer­nant l'in­fluence de la tech­no­lo­gie sur les em­plois en Asie, Juz­hong Zhuang dit que son or­ga­nisme est d'un op­ti­misme pru­dent et «qu'il est im­por­tant de dis­tin­guer les em­plois des tâches». Car les avan­cées tech­no­lo­giques mo­di­fient les tâches à ef­fec­tuer par le sa­la­rié dans son em­ploi. Les tech­no­lo­gies amènent à de nou­velles oc­cu­pa­tions, mais elles ont ten­dance à ren­trer dans la ca­té­go­rie des ac­ti­vi­tés cog­ni­tives non rou­ti­nières, d'après l'éco­no­miste.

En Asie, la «de­mande in­té­rieure est tou­jours le prin­ci­pal mo­teur de la crois­sance», se­lon l'éco­no­miste en chef ad­joint de la BAD.

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