L'HÔ­PI­TAL DE HAYANGE EN SUR­SIS

HAYANGE Le manque de mé­de­cins en­traîne la sup­pres­sion d'un ser­vice et de lits à l'hô­pi­tal. L'in­quié­tude monte dans les rangs du per­son­nel.

Le Quotidien (Luxembourg) - - Documents - Fran­çois Pra­day­rol (Le Ré­pu­bli­cain lor­rain)

Le ser­vice de soins de suite et de ré­adap­ta­tion po­ly­va­lent de l'hô­pi­tal de Hayange ferme ses portes, faute de mé­de­cins. Un mau­vais si­gnal pour l'ave­nir de l'éta­blis­se­ment.

On a peur pour les autres ser­vices, pour l'ave­nir de l'hô­pi­tal.» La nou­velle a as­som­mé tout le monde dans les rangs du per­son­nel. Mercredi der­nier, la di­rec­tion du CHR Metz-Thion­ville a an­non­cé la fer­me­ture du ser­vice de soins de suite et de ré­adap­ta­tion (SSR) po­ly­va­lent de l'hô­pi­tal de Hayange. Créé en 2013, il comp­tait 22 lits.

La rai­son de cette dé­ci­sion? «Mal­gré une mo­bi­li­sa­tion très forte pour le re­cru­te­ment de mé­de­cins, le Centre hos­pi­ta­lier ré­gio­nal (CHR) Metz-Thion­ville, qui a re­pris l'hô­pi­tal de Hayange de­puis 2012, a été contraint de prendre cette dé­ci­sion afin de ga­ran­tir la sé­cu­ri­té et la qua­li­té de prise en charge des pa­tients», ex­plique la di­rec­tion dans un com­mu­ni­qué. Les mé­de­cins ne veulent plus ve­nir à Hayange, voi­ci le triste constat. Pour­tant, le CHR paye plu­sieurs ca­bi­nets de chas­seurs de têtes dans l'es­poir d'en re­cru­ter. Sans suc­cès.

«On manque de tout. De mé­de­cins gé­né­ra­listes, de neu­ro­logues, de psy­chiatres, de mé­de­cins spé­cia­li­sés en gé­ria­trie, dé­plore Jeanne Gé­rar­din, se­cré­taire ad­jointe de la CFDT au CHR MetzT­hion­ville. Il y a un vrai pro­blème d'at­trac­ti­vi­té pour l'hô­pi­tal de Hayange, sur­tout dans notre zone géo­gra­phique avec la proxi­mi­té du Luxem­bourg.» L'hé­ca­tombe ne s'ar­rête pas au SRR puisque huit lits sont éga­le­ment sup­pri­més en mé­de­cine po­ly­va­lente, le­quel passe de 26 à 18.

Vingt pro­fes­sion­nels ré­af­fec­tés

Une ten­dance qui in­quiète et qui sème le doute dans les autres ser­vices : «Nous avons peur d'être les pro­chains», sou­pire un membre du per­son­nel du ser­vice de soins et de ré­adap­ta­tion en gé­ria­trie (ou­vert en 2017), qui pré­fère res­ter ano­nyme. Sur­tout que la mé­de­cin en chef du ser­vice par­ti­ra en congé ma­ter­ni­té en juin… Trou­ve­ra-t-on quel­qu'un pour la rem­pla­cer? La di­rec­tion tient à ras­su­rer. Et pré­cise qu'elle «met tout en oeuvre pour re­cons­ti­tuer le plus ra­pi­de­ment pos­sible une équipe mé­di­cale com­plète» pour le SSR, sug­gé­rant que la fer­me­ture ne se­rait que tem­po­raire.

En at­ten­dant, les 20 membres du per­son­nel du SSR, qui ont donc ap­pris la nou­velle mercredi ma­tin, et avaient jus­qu'à hier pour pro­po­ser trois choix afin d'être ré­af­fec­tés ailleurs. «Le dé­lai est très court, juge Mi­kaël Briois, re­pré­sen­tant du per­son­nel et membre du CHSCT. Cer­tains ont l'im­pres­sion de re­vivre les re­struc­tu­ra­tions de 2012.» Avec Jeanne Gé­rar­din, ils ac­com­pagnent les équipes en vue des ré­af­fec­ta­tions. Se­lon la se­cré­taire CFDT, il ne faut pas non plus trop noir­cir le ta­bleau : «Il y a des pro­jets, comme l'ex­ten­sion de la psy­chia­trie ou la mai­son d'ac­cueil spé­cia­li­sée pour les adultes.» Pas sûr que ce­la par­vienne à contre­ba­lan­cer et à ras­su­rer vé­ri­ta­ble­ment.

En plus de la fer­me­ture du SSR po­ly­va­lent, l'hô­pi­tal de Hayange perd 8 lits en mé­de­cine po­ly­va­lente, pas­sant de 26 à 18.

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