Les mi­grants res­te­ront un mois de plus

Le Quotidien (Luxembourg) - - La Grande Région -

GUÉNANGE «Que ce soit clair : je n'ai ab­so­lu­ment rien contre ces pauvres gens, mais quand l'État ne tient pas ses pro­messes, ça me pose un pro­blème!» Le maire de Guénange est au­jourd'hui face à une si­tua­tion qui le dé­passe : les 175 mi­grants hé­ber­gés dans l'an­cienne école du Bois ne par­ti­ront pas comme pré­vu fin avril. Ils res­te­ront un mois de plus, après quoi «le pré­fet m'a as­su­ré que les lo­caux se­raient li­bé­rés». Ini­tia­le­ment, la pré­fec­ture a ré­qui­si­tion­né les lo­caux vides de l'an­cienne école pour quatre mois, his­toire d'of­frir le gîte aux fa­milles de mi­grants pour l'hi­ver. L'État avait fait le tour de plu­sieurs villes avant d'es­ti­mer que Guénange of­frait les meilleures condi­tions pour lo­ger entre 100 et 200 per­sonnes. «Il était en­ten­du que cette si­tua­tion était pro­vi­soire et que de toute fa­çon, au 30 avril, une autre so­lu­tion se­rait trou­vée, que les lo­caux nous se­raient ren­dus», rap­pelle le maire.

Sauf qu'à la der­nière réunion men­suelle, chan­ge­ment de dis­cours. «On nous a par­lé de fin juin. Je suis par­ve­nu à né­go­cier fin mai. Ce que je ne sou­haite pas, c'est que cette si­tua­tion s'ins­talle dans la du­rée. Elle de­vait être tem­po­raire, il faut qu'elle le reste!», in­siste JeanPierre La Vaul­lée.

«Ça n'est pas te­nable»

À l'évi­dence, moins de six mois après le dé­man­tè­le­ment du camp de Bli­da, à Metz, la ques­tion de l'ac­cueil des mi­grants en Mo­selle reste en­tière. Dans d'autres com­munes du dé­par­te­ment où des fa­milles sont ac­cueillies, les beaux jours ap­pellent à la li­bé­ra­tion des lo­caux mis à dis­po­si­tion. Mais en­suite, il n'y a pas l'ombre d'un plan B…

À Guénange, la pré­sence des mi­grants n'est évi­dem­ment pas pas­sée in­aper­çue. «On n'a pas pu évi­ter les cha­par­dages, au dé­but sur­tout. Après, les choses sont ren­trées dans l'ordre, mais on se heurte à d'autres sou­cis, constate le maire. Dans le quar­tier où ils sont lo­gés, les gens se plaignent. Dans l'an­cienne école, il n'y a pas as­sez de sa­ni­taires pour tout le monde, alors cer­tains vont faire leurs be­soins dans la na­ture… Ça n'est pas te­nable…»

C. F.

(Le Ré­pu­bli­cain lor­rain)

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