Les banques amé­ri­caines gri­macent

Les der­niers ré­sul­tats contras­tés de trois des plus grandes banques amé­ri­caines laissent per­plexe, et ce mal­gré un coup de pouce fis­cal.

Le Quotidien (Luxembourg) - - Économie -

Si JPMor­gan Chase a ré­sis­té en af­fi­chant de bons ré­sul­tats, ce n'est pas du tout le cas des banques Ci­ti­group et Wells Far­go.

Trois des plus grandes banques amé­ri­caines ont an­non­cé, ven­dre­di, des ré­sul­tats contras­tés pour le deuxième tri­mestre, très bons pour JPMor­gan Chase, plus mi­ti­gés pour Ci­ti­group et fran­che­ment mau­vais pour Wells Far­go, dans un contexte de crois­sance éco­no­mique so­lide et de baisse de la pres­sion fis­cale aux États-Unis.

«Nous consta­tons une bonne crois­sance éco­no­mique mon­diale, par­ti­cu­liè­re­ment aux États-Unis où la confiance des consom­ma­teurs et des en­tre­prises est forte», a sou­li­gné Ja­mie Di­mon, le PDG de JPMor­gan Chase. «Grâce à cette crois­sance gé­né­ra­li­sée et à de bonnes per­for­mances dans nos dif­fé­rents sec­teurs d'ac­ti­vi­té, la banque a en­re­gis­tré de bons ré­sul­tats sur le tri­mestre. Nous de­vons aus­si re­con­naître que la concur­rence au ni­veau mon­dial se ren­force», a-t-il ajou­té. JPMor­gan a éga­le­ment bé­né­fi­cié d'une forte baisse de son taux d'im­po­si­tion, tom­bé à 21 % contre 28 % un an plus tôt en rai­son des ef­fets de la ré­forme fis­cale or­ches­trée par l'ad­mi­nis­tra­tion Trump et en­trée en vi­gueur en dé­but d'an­née. JPMor­gan Chase a vu son bé­né­fice net bon­dir de 18,3 % et son chiffre d'af­faires de 6,5 %, dé­pas­sant, à 28,4 mil­liards de dol­lars, de un mil­liard les at­tentes du mar­ché. Ja­mie Di­mon a éga­le­ment re­con­nu que «la concur­rence au ni­veau mon­dial se ren­force», alors que les banques amé­ri­caines, très im­plan­tées sur la place fi­nan­cière de Londres pour gé­rer leurs ac­ti­vi­tés en Eu­rope, s'in­quiètent des consé­quences du Brexit sur leurs ac­ti­vi­tés dans cette ré­gion.

In­ter­ro­gée ven­dre­di sur la ques­tion lors d'une confé­rence té­lé­pho­nique, Ma­rianne Lake, la di­rec­trice fi­nan­cière de JPMor­gan, a sou­li­gné qu'il y avait «en­core une in­cer­ti­tude si­gni­fi­ca­tive» même après la pré­sen­ta­tion jeu­di par le gou­ver­ne­ment bri­tan­nique de son plan pour l'après-Brexit qui a pro­vo­qué une crise gou­ver­ne­men­tale en Gran­deB­re­tagne. «Tant qu'il n'y a pas plus de clar­té, nous conti­nuons de nous pré­pa­rer» pour le Brexit qui doit avoir lieu à la fin mars 2019, at-elle in­di­qué. Ma­rianne Lake a sou­li­gné que les ar­ran­ge­ments à long terme entre Londres et Bruxelles étaient les plus im­por­tants et que ceux-ci «n'étaient pas en­core clairs ». Un « pas­se­port» per­met ac­tuel­le­ment aux banques, so­cié­tés d'as­su­rance ou ges­tion­naires d'ac­tifs ba­sés au Royaume-Uni de pro­po­ser leurs ser­vices dans les pays de l'UE comme s'ils y étaient pré­sents phy­si­que­ment mais son ave­nir reste in­cer­tain.

Wells Far­go en net re­cul

Seule ombre au ta­bleau, les ré­sul­tats sont en lé­ger re­cul par rap­port au pre­mier tri­mestre et ce­la pe­sait quelque peu sur le cours de l'ac­tion qui res­tait stable à l'ou­ver­ture de Wall Street.

La baisse de la pres­sion fis­cale a éga­le­ment pro­fi­té à Ci­ti­group mais dans une moindre me­sure même si le bé­né­fice net a crû de 16 % à 4,5 mil­liards de dol­lars. Le chiffre d'af­faires a souf­fert de la ré­duc­tion des ac­ti­vi­tés aux États-Unis liée à l'ar­rêt d'opé­ra­tions qui avaient par­ti­cu­liè­re­ment souf­fert de la crise fi­nan­cière de 2008 et n'a pro­gres­sé que de 2 % à 18,5 mil­liards de dol­lars. Il est du coup in­fé­rieur aux pré­vi­sions les plus op­ti­mistes des mar­chés fi­nan­ciers et le titre était pé­na­li­sé, re­cu­lant de 1,3 % au dé­but des échanges sur la place amé­ri­caine.

Quant à Wells Far­go, cette banque qui avait réus­si à tra­ver­ser la crise fi­nan­cière sans trop de dé­gâts, a pris de plein fouet les consé­quences des dif­fé­rents scan­dales qui l'ont frap­pée de­puis. Le bé­né­fice net a chu­té de 11,5 % à 5,186 mil­liards de dol­lars et le chiffre d'af­faires de 2,7 % à 21,6 mil­liards, très lé­gè­re­ment in­fé­rieur aux at­tentes du mar­ché. Le bé­né­fice ajus­té par ac­tion, la ré­fé­rence en Amé­rique du Nord, est de 98 cents, très en des­sous des at­tentes de 1,12 dol­lar.

En consé­quence, son titre était sé­vè­re­ment sanc­tion­né à Wall Street où il per­dait 2,3 % à l'ou­ver­ture. Wells Far­go avait été condam­née en avril à une amende de un mil­liard de dol­lars et s'est vu in­ter­dire par la Banque cen­trale amé­ri­caine toute ex­pan­sion jus­qu'à ce qu'elle prenne des me­sures des­ti­nées à cor­ri­ger ses er­reurs, une dé­ci­sion sans pré­cé­dent aux États-Unis pour un éta­blis­se­ment de cette taille.

Les ré­sul­tats de Bank of America sont at­ten­dus lun­di et ceux de Gold­man Sachs mar­di.

Seule la banque JPMor­gan Chase a pu­blié des ré­sul­tats conformes aux at­tentes.

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