MAN­DY MI­NEL­LA, RA­VIE D'ÊTRE DE RE­TOUR

BGL BNP PA­RI­BAS LUXEM­BOURG OPEN Après avoir dû faire l'im­passe l'an pas­sé pour cause de ma­ter­ni­té, Man­dy Mi­nel­la est de re­tour à 32 ans sur le seul ren­dez-vous . luxem­bour­geois du cir­cuit WTA. La n° 1 na­tio­nale l'abor­de­ra avec un manque de fraî­cheur mais

Le Quotidien (Luxembourg) - - Faits De Société - En­tre­tien avec notre jour­na­liste Ju­lien Ca­rette

113e au clas­se­ment mon­dial, Man­dy Mi­nel­la n'est plus très loin de la 104e place qui était la sienne lors­qu'elle a an­non­cé sa gros­sesse lors de Wim­ble­don 2017. Un bon ré­sul­tat à Ko­ckel­scheuer pour­rait l'y ai­der. Mais pour ça, il fau­dra vaincre le signe in­dien...

Quand on re­garde votre der­nier ré­sul­tat, qui date de la se­maine der­nière à Linz (NDLR : une éli­mi­na­tion 6-1 6-0 au 2e tour des qua­lifs face à la 119e mon­diale, la Russe Eka­te­ri­na Alexan­dro­va), on peut se dire que vous êtes moins en forme à l'heure ac­tuelle que l'été der­nier ...

Man­dy Mi­nel­la : Le ni­veau est tou­jours là et je n'ai pas per­du mon ten­nis. Je suis juste ren­trée d'Asie voi­ci près de quinze jours, en ayant su­bi un re­froi­dis­se­ment. J'étais ma­lade. Et, hon­nê­te­ment, j'au­rais dû an­nu­ler ce tour­noi de Linz. C'était ce­lui de trop car je n'étais pas dans mon as­siette. Phy­si­que­ment, j'étais au bout du rou­leau et men­ta­le­ment, je n'étais pas pré­sente. Et, sur un tel tour­noi, quand on ne l'est pas, c'est très com­pli­qué... Sans né­gli­ger non plus le ni­veau de mon ad­ver­saire (NDLR : qui joue­ra ce sa­me­di les de­mi-fi­nales du tour­noi). Et puis, pour at­teindre le ni­veau qui était le mien cet été ou bien lors de la tour­née asia­tique, il faut être fraîche phy­si­que­ment.

Et là, vous sen­tez que c'est la fin de sai­son...

C'est un peu dur, oui. Sur­tout à Linz avec ce re­froi­dis­se­ment.

De­puis votre re­tour sur le cir­cuit en fé­vrier, vous n'avez ja­mais en­core dit que vous vous sen­tiez à 100 %...

Quand j'y re­pense au­jourd'hui avec un peu de re­cul, je me dis que j'ai eu un dé­clic à Nu­rem­berg fin mai. À par­tir de là, je me suis sen­tie bien et je suis re­de­ve­nue une vraie joueuse du top 100 mon­dial. Et j'ai en­chaî­né avec un bon match à Ro­land-Gar­ros, puis un bon été.

Vu l'état de fa­tigue dont vous par­lez, vous avez en tête de pro­lon­ger la sai­son bien au-de­là

de ce tour­noi?

Je ne sais pas en­core... Je suis en­core ins­crite dans pas mal de tour­nois comme ceux de Pé­tange (25 000 dol­lars), de Li­moges (125 000 dol­lars), de To­ron­to (60 000 dol­lars)... Mais pro­lon­ger en pui­sant trop dans les ré­serves ne se­rait pas for­cé­ment une bonne chose. Au­tant peut-être cou­per et pré­pa­rer la sai­son pro­chaine. Car la tour­née aus­tra­lienne risque d'être longue. On a en tête de re­jouer le 100 000 dol­lars de Du­bai en dé­cembre, puis de conti­nuer vers le conti­nent aus­tra­lien, comme on l'a dé­jà fait par le pas­sé. On s'en­traîne quand même dif­fé­rem­ment là-bas qu'ici à cette pé­riode.

Le tour­noi de

Pé­tange vous in­té­resse parce qu'il a lieu, pour ain­si dire, dans votre jar­din?

Oui. Je n'au­rais pas le cou­rage de dis­pu­ter une 25 000 dol­lars à l'étran­ger. Mais là, ce­la se passe en bas de chez moi. Je ne suis pas en­core sûre à 100 % d'y prendre part, mais ce­la pour­rait être sym­pa.

Pour en re­ve­nir à ce Luxem­bourg Open, c'est l'un des rares tour­nois où vous n'avez ja­mais réus­si à fran­chir le 1er tour. Vous y pen­sez?

Oui... Parce qu'on me le rap­pelle à chaque fois. Hon­nê­te­ment, je vous le dis, si ce­la ve­nait en­core à ar­ri­ver, sur un plan per­son­nel, ce­la ne se­rait pas grave. Car, quoi qu'il se passe en­core, ma sai­son res­te­ra ex­cep­tion­nelle. Après, j'ai­me­rais tel­le­ment réus­sir un quart ou une de­mi-fi­nale pour les membres de ma fa­mille qui viennent me voir ici, pour mes amis. Ce se­rait un peu comme un rêve qui se réa­li­se­rait. Ce sont des ré­sul­tats que j'ai dé­jà si­gnés plein de fois dans des évè­ne­ments de la même ca­té­go­rie que ce­lui-ci, mais le réa­li­ser "à la mai­son" se­rait plus fort en­core. Les gens se sou­viennent de ce qui est écrit dans le jour­nal, c'est-à-dire que je n'ai ja­mais fran­chi un tour. Mais il ne faut pas ou­blier non plus les ad­ver­saires que j'ai af­fron­tées à Ko­ckel­scheuer : Woz­nia­cki, Jan­ko­vic, Na Li, Görges... Beau­coup de grands noms. Ce­la n'aide pas.

La pres­sion est tou­jours su­pé­rieure aus­si, non?

Oui. Ici, les gens viennent pour moi, vers moi. Le grand pu­blic fait plus at­ten­tion à mes ré­sul­tats au Luxem­bourg Open que le reste de la sai­son à l'étran­ger. Quand on voyage, il n'y a que nous trois (NDLR : Man­dy, Tim Som­mer, son ma­ri et en­traî­neur, ain­si que leur fille Em­ma). Per­sonne ne nous connaît et ne fait at­ten­tion à nous. Ici, ce n'est pas le cas.

Ce­la vous a fait bi­zarre de ve­nir l'an pas­sé en tant que spec­ta­trice? Vous n'aviez plus man­qué une édi­tion sur le court de­puis 2007...

Fran­che­ment, non. Car je sa­vais

que j'al­lais re­jouer. Et puis, j'étais tel­le­ment heu­reuse de ma si­tua­tion de fu­ture ma­man. Ce court, je le connais pour l'avoir ar­pen­té du­rant des an­nées. Je sais ce que ce­la fait de jouer des­sus. Et je sa­vais que j'al­lais le re­trou­ver. Donc...

Ce Luxem­bourg Open, c'est aus­si le tour­noi où vous avez fait connais­sance avec votre ma­ri Tim en 2009. Vous y pen­sez à chaque édi­tion?

Non (elle rit). Mais main­te­nant que vous le dites, j'ai tout qui me re­vient en tête. Oc­tobre est un mois im­por­tant, puis­qu'on s'est ma­rié ci­vi­le­ment le 17, puis re­li­gieu­se­ment le 25.

Dans une in­ter­view don­née avant Ro­land-Gar­ros, Tim ex­pli­quait que si vous réus­sis­siez de bons ré­sul­tats et si vous par­ve­niez à vous rap­pro­cher du top 100, il vous voyait conti­nuer votre car­rière, peut-être jus­qu'aux Jeux olym­piques de 2020 à To­kyo...

Oui, j'y pense. Après, tout dé­pen­dra de mes fu­turs ré­sul­tats. S'ils ne sont pas au ren­dez-vous, il fau­dra que je dise stop. Mais, pour l'heure, on n'en est pas là. J'aime ce que je fais et mes ré­sul­tats sont sa­tis­fai­sants. En par­lant avec Tim ce ma­tin, je lui ai d'ailleurs dit que, voi­ci un an, je pen­sais que le Luxem­bourg Open de cette an­née se­rait mon der­nier tour­noi. Que je se­rais as­sise au­jourd'hui en train de pré­pa­rer l'ul­time ren­dez-vous de ma car­rière pro­fes­sion­nelle. Et je suis là à évo­quer les JO de 2020. Sin­cè­re­ment, je ne pen­sais pas que je pou­vais re­ve­nir en étant aus­si forte, aus­si vite. C'est for­cé­ment très co­ol, même si ce­la ne sert à rien de se pro­je­ter trop loin. Pour le mo­ment, je me vois conti­nuer au moins un an. Mais j'ai­me­rais bien ar­rê­ter ma car­rière ici, lors de ce ren­dez-vous de Ko­ckel­scheuer. Mais ce ne se­ra pas en 2018 (elle rit).

Vous sem­blez mo­ti­vée comme ja­mais...

J'aime bien jouer au ten­nis et j'y trouve ac­tuel­le­ment un plai­sir fou. À cô­té, il y a plein de choses qui sont de­ve­nues plus dures. On voyage avec Em­ma, et ce­la de­mande une grosse or­ga­ni­sa­tion. Et puis plus elle gran­dit (NDLR : elle fê­te­ra son 1er an­ni­ver­saire à la fin du mois), plus il faut être pré­sent. Et ce­la pompe beau­coup d'éner­gie. Tous les pa­rents connaissent ça. Et quand la nuit n'est pas top, qu'il y a du dé­ca­lage ho­raire et qu'il faut s'en oc­cu­per, eh bien, on puise par­fois loin dans ses ré­serves. Et la fa­tigue aug­mente...

Vous ve­nez de vivre une grosse de­mi-an­née, à voya­ger à trois sur le cir­cuit. Ce­la vous semble en­vi­sa­geable à plus long terme?

Tout est pos­sible, oui. Je vois, par exemple, que la pe­tite de Tat­ja­na Ma­ria (31 ans, WTA 71) a dé­sor­mais cinq ans. Après, je ne sais pas si moi, j'ai en­vie qu'Em­ma nous ac­com­pagne jus­qu'à cette âge-là sur le cir­cuit. J'ai­me­rais peut-être bien qu'elle puisse y al­ler en pré­coce, à la ren­contre d'autres en­fants. Il fau­dra voir com­ment ce­la se passe. Si, par exemple, dans quelques mois, je m'aper­çois qu'elle n'a plus en­vie d'at­tendre que sa ma­man ait ter­mi­né son match, ce se­ra une bonne rai­son d'ar­rê­ter.

Et une sai­son comme celle que vous ve­nez de vivre est ren­table fi­nan­ciè­re­ment pour vous?

Oui. Si­non, je ne le fe­rais pas. Il n'est pas ques­tion d'al­ler pui­ser dans les ré­serves pour jouer au ten­nis. 2018 a été une belle sai­son et 2019 de­vrait être en­core meilleure parce que je de­vrais prendre part au Grand Che­lem. Au moins pour les trois pre­miers, ce­la de­vrait le faire.

Vous êtes ac­tuel­le­ment à la 113e place mon­diale. Pas très loin de la 104e qui est votre clas­se­ment pro­té­gé, ce­lui que vous aviez avant votre gros­sesse. Si vous réus­sis­sez à pas­ser un tour ou l'autre à Ko­ckel­scheuer, vous pour­riez vous re­trou­vez à ce ni­veau-là...

C'est pos­sible. Et ce se­rait gé­nial (elle sou­rit).

Pour le mo­ment, je me vois conti­nuer au moins un an. Mais j'ai­me­rais bien ar­rê­ter ma car­rière ici, lors de ce ren­dez-vous de Ko­ckel­scheuer

vont pas man­quer d'in­té­rêt quand on voit les noms de cer­taines jeunes filles obli­gées d'en pas­ser par là. À com­men­cer par la tête de sé­rie n° 1, la Suis­sesse Be­lin­da Ben­cic (21 ans, WTA 41), an­cienne 7e joueuse mon­diale (en 2016). Cette der­nière reste ce­pen­dant sur six dé­faites de rang sur le cir­cuit.L'ex-n° 5 mon­diale la Ca­na­dienne Eu­ge­nie Bou­chard (24 ans, WTA 110), an­cienne fi­na­liste en Grand Che­lem mais à la dé­rive de­puis un pe­tit temps, est éga­le­ment de la par­tie. On l'a d'ailleurs vue ven­dre­di à l'en­traî­ne­ment en com­pa­gnie d'un en­traî­neur – on a cru re­con­naître l'Amé­ri­cain Mi­chael Joyce (qui a bos­sé au­pa­ra­vant avec Ma­ria Sha­ra­po­va, Vic­to­ria Aza­ren­ka ou Jo­han­na Kon­ta) à qui elle a ac­cor­dé une pé­riode d'es­sai. La Mont­réa­laise d'ori­gine ta­pait ain­si la balle avec un autre grand nom : Pat­ty Sch­ny­der. Ce­la fait plu­sieurs an­nées que l'ex-n° 7 mon­diale suis­sesse, dé­sor­mais âgée de 39 ans, re­joue sur le cir­cuit. Avec glo­ba­le­ment peu de réus­site, il faut le dire. L'an pas­sé, elle avait d'ailleurs été éli­mi­née en qua­lifs à Ko­ckel­scheuer.

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