Le TOL et la dif­fé­rence

Tageblatt (Luxembourg) - - Kultur | Theater -

Pour cet­te nou­vel­le an­née, pas moins de cinq créa­ti­ons au TOL, ce qui né­ces­si­te, com­me le sou­li­gne Ni­co­las Steil, un in­ves­tis­se­ment con­séquent de la part d’une équi­pe qui, à l’in­star de tous les em­ployés du théât­re, souff­re d’un bud­get cul­tu­rel qua­li­fié à jus­te tit­re de „par­ent pau­vre“. De tels pro­pos, par les­quels Ni­co­las Steil ouvrait la con­fé­rence de pres­se de jeu­di, ne nous em­pêche­ront pas de nous mon­trer cu­rieux de voir les nou­vel­les créa­ti­ons du TOL qui se pré­sen­tent cet­te an­née sous le su­jet du „choc des dif­fé­ren­ces“.

Choc tout d’ab­ord de la dif­fé­rence de ce­lui ou de cel­le dont on se croyait le plus pro­che avec „Sky­light“(à dé­cou­vr­ir au Thea­ter­fest cet après-mi­di), qui ra­con­te l’his­toire d’une rup­tu­re amou­reu­se dé­ri­vant d’une vi­si­on du mon­de on ne peut plus dif­fé­ren­te. Choc de l’al­té­rité sous sa for­me es­thé­tique en­sui­te avec „Le mo­che“, une piè­ce qui ra­con­te com­ment Let­te, un in­gé­nieur bril­lant, dé­cou­vre, quand il cher­che à savoir pour­quoi son pa­tron préfè­re en­voy­er son as­sis­tant à la pré­sen­ta­ti­on d’une in­ven­ti­on de son cru, qu’il est, de fait, laid. Cons­tat que cor­r­o­bo­re en­sui­te son épou­se, ce qui amè­ne­ra le bon­hom­me à offrir son fa­ciès in­g­rat au bis­tou­ri. Choc de la con­fron­ta­ti­on avec une dif­fé­rence qui dev­rait, de fait, ne plus en êt­re une mais qui, dans la réa­lité em­pi­ri­que, est lo­in de l’êt­re avec „Vin­cent Ri­ver“, une piè­ce po­li­ciè­re dont le per­son­na­ge épony­me est re­trou­vé mort dans une ga­re dés­af­fec­tée, lieu de ren­con­tres ho­mo­se­xu­el­les.

Quant à „La pe­ti­te fa­bri­que des no­tes“, mis en tex­te par Fo­rent To­ni­el­lo, c’est, avec une piè­ce au­tour du com­po­si­teur Jac­ques Of­fen­bach, le choc ent­re un pas­sé lo­in­tain et le cons­tat que ce pas­sé n’est pas si en­foui que ça, puis­que par l’in­ter­mé­di­ai­re d’Of­fen­bach, on nous par­le­ra de fé­mi­nis­me et de na­ti­on bran­ding.

Choc, en­fin, de la sa­tu­ra­ti­on, puis­que la sai­son se clô­tur­e­ra avec le „One Wo­man Show“d’Eu­gé­nie An­se­lin, so­b­re­ment in­ti­tu­lé „Wow“et qui nous par­le­ra (en français au TOL et en al­le­mand au Kase­mat­ten­thea­ter) de cet­te ten­dance au sur­mé­na­ge, du be­so­in d’al­ler tou­jours plus lo­in et d’en fai­re tou­jours plus („êt­re plus ra­pi­de, plus réac­tif, plus ef­fi­cace, plus ren­ta­ble, plus sur­prenant, plus so­ci­al“et j’en pas­se) afin de se dé­mar­quer d’au­trui à une épo­que où l’ac­ca­pa­ra­ti­on, sur les ré­seaux so­ci­aux notam­ment, nous amè­ne à êt­re sur­sa­tu­rés en sti­mu­li.

Das Pro­gramm vom Cen­tau­re wur­de be­reits in un­se­rer Di­ens­tag­aus­ga­be vor­ge­stellt. Die Da­ten der ver­schie­de­nen Vor­stel­lun­gen so­wie das voll­stän­di­ge Pro­gramm fin­den Sie auf den In­ter­net­sei­ten der je­wei­li­gen Thea­ter­häu­ser.

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