Les dif­fér­ents as­pects des abus de pou­voir

CINÉMA Bi­lan de la deu­xiè­me se­mai­ne du Fes­ti­val du film ita­li­en 2018

Tageblatt (Luxembourg) - - Klangwelten - De­lia Pi­fa­rot­ti

La deu­xiè­me se­mai­ne du fes­ti­val fi­ni­ra di­man­che et le week-end se­ra sur­tout dé­dié à la pro­jec­tion de films qui ont été pri­més du­rant la cé­ré­mo­nie de re­mi­se des tro­phées Amil­car hier soir. L’oc­ca­si­on idéa­le pour les voir avant que le fes­ti­val ne fer­me ses por­tes pour cet­te an­née. Com­me il n’y a pas d’âge pour ap­pré­cier le cinéma, les or­ga­ni­sa­teurs du fes­ti­val don­nent la pos­si­bi­lité à des cen­tai­nes de jeu­nes de ve­nir voir les films avec leurs pro­fes­seurs et de par­ti­ci­per aux „mas­ter clas­ses“de ci­néas­tes de re­nom. Ces ren­con­tres per­met­tent aux étu­di­ants non seu­le­ment d’éch­an­ger des pro­pos avec les pro­fes­si­onnels du cinéma, mais aus­si d’entrer en con­tact avec les jeu­nes d’au­tres ly­cées de Fran­ce et du Luxembourg.

Par­mi les ex­pé­ri­en­ces fai­tes cet­te se­mai­ne, il y a eu la ren­cont­re avec le réa­li­sa­teur, scé­na­ris­te et écri­vain Mar­co Tul­lio Giorda­na („Nos meil­leu­res an­nées“, 2003). Après avoir vi­si­onné en­sem­ble son der­nier film „No­me di don­na“, Giorda­na et les jeu­nes ont pu dia­lo­guer sur le tra­vail de réa­li­sa­ti­on et sur le mes­sa­ge du film, dont le scé­na­rio avait été écrit par Cris­tia­na Mai­nar­di, bi­en avant que le mou­ve­ment #MeToo ne pren­ne de l’am­pleur sui­te à l’af­fai­re Wein­stein. „No­me di don­na“por­te à l’écran l’his­toire d’une jeu­ne femme (Ni­na, jouée par Cris­tia­na Capo­ton­di), har­celée se­xu­el­le­ment par le di­rec­teur de l’éta­blis­se­ment où el­le tra­vail­le. El­le dé­ci­de, au prix de gran­des dif­fi­cul­tés à sur­mon­ter, de l’at­taquer en justi­ce.

Ce qui est sur­prenant dans le film, ce n’est pas de cons­ta­ter l’at­ti­tu­de igno­b­le du di­rec­teur et de ses com­pli­ces, qui nient l’évi­dence mê­me, mais de dé­cou­vr­ir l’hos­ti­lité des au­tres femmes, col­lè­gues de Ni­na, qui se tai­sent et ne veu­lent ri­en chan­ger à l’état des cho­ses, par peur de perd­re leur tra­vail ou d’au­tres pri­vilè­ges.

Giorda­na a fait com­prend­re aux jeu­nes que son film met en évi­dence sur­tout l’abus de pou­voir: „Au cent­re il y un per­son­na­ge qui croit pou­voir as­su­jet­tir les au­tres, par le simp­le fait que ce sont ses sub­or­don­nés. Le pro­b­lè­me est là, il ne s’agit pas ex­clu­si­ve­ment du con­flit hom­me­femme.“

Après „No­me di don­na“, les jeu­nes ont pu voir „In gu­er­ra per amo­re/Bi­en­ve­nue en Si­ci­le“(2016), se­cond film de Pier­fran­ces­co Di­li­ber­to, qui trai­te aus­si le su­jet des abus de pou­voir, ceux au ni­veau de la po­li­tique et des gou­ver­ne­ments.

„Bi­en­ve­nue en Si­ci­le“

„Pif“a fait ses dé­buts dans le cinéma com­me as­sis­tant de Giorda­na. Mais pour ré­veil­ler les con­sci­en­ces, s’in­sur­ger cont­re les in­jus­ti­ces so­cia­les et la cor­rup­ti­on, mon­trer les mé­faits de la ma­fia ..., il uti­li­se un ex­pé­dient bi­en à lui: l’iro­nie et la sa­ti­re très sub­ti­les, in­ter­calées dans ses ré­cits à ca­rac­tè­re do­cu­men­ta­ris­te réa­lis­te.

Un mix qui mar­che à tous les coups. Les jeu­nes ont été très tou­chés par l’his­toire, qui mont­re l’étroi­te con­ne­xi­on qu’il y a eue, à la fin de la Se­con­de Gu­er­re mon­dia­le, ent­re les Amé­ri­cains, dé­bar­qués en Si­ci­le pour la re­con­strui­re, et les „ho­no­r­ables ser­vices“ren­dus par le boss ma­fieux „Lu­cky Lu­cia­no“, li­bé­ré de pri­son.

Cinq ju­rys ont choi­si leur film pré­fé­ré, mais le pu­b­lic a bel et bi­en son mot à di­re. Le ju­ry du pu­b­lic est con­sti­tué de tous les spec­ta­teurs qui avai­ent glis­sé un bil­let avec le nom du film et leur ap­pré­cia­ti­on per­son­nel­le dans les ur­nes à la sor­tie des sal­les. „Nos spec­ta­teurs nous sont fi­dè­les de­pu­is des an­nées“, ré­vè­le Ores­te Sac­chel­li, dé­lé­gué ar­tis­tique du fes­ti­val. „Par­mi eux, il y a de vrais ci­né­pha­ges, qui achè­tent leur pass le pre­mier jour et que l’on re­trouve ré­gu­liè­re­ment à la sor­tie de tou­tes les sal­les. D’au­tres vi­en­nent de très lo­in, en bus, ou bi­en ils pla­cent leur cam­ping car ici. De ma­niè­re gé­né­ra­le, nos spec­ta­teurs pro­vi­en­nent d’un rayon de 60 km.“

Dans „No­me di don­na“, Ni­na (Cris­tia­na Capo­ton­di) est vic­time d’abus se­xu­el au tra­vail

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