Des us­ten­siles en terre cuite pour une cuis­son saine et suc­cu­lente

Côte Nord - - ARTS & MÉTIERS -

La cui­sine est in­dis­so­ciable des us­ten­siles. Au mi­lieu d’une bat­te­rie de cui­sine qui se conjugue de plus en plus en ma­té­riaux is­sus de la tech­no­lo­gie, la terre cuite pré­sente au­jourd’hui en­core de mul­tiples avan­tages pour une cuis­son saine, simple à réa­li­ser et suc­cu­lente. Ce sont là quelques- unes des rai­sons qui ont pous­sé Sa­mi­ra Lall­ma­ho­med à se lan­cer dans la fa­bri­ca­tion de cas­se­roles, de fait- tout et autres ob­jets en terre cuite. Nous l’avons ren­con­trée à Phoe­nix, dans sa mai­son d’en­fance, re­con­ver­tie en par­tie en ate­lier et bou­tique sur­nom­mée Clay Hea­ven. La po­te­rie a tou­jours été une pas­sion pour Sa­mi­ra. Elle a tou­jours été très ma­nuelle et c'est pour cette rai­son qu'elle s'est en­ga­gée dans une car­rière d'agro­nome. Au bout de vingt ans, après avoir tra­vaillé pour la com­pa­gnie agri­cole de High­lands, Om­ni­cane, et en­fin dans les serres d’an­thu­riums de World Tro­pi­cals à Bel Étang, près de Flacq, elle dé­cide de pas­ser à autre chose. « Ha­bi­tant Flic- en- Flac, ce­la de­ve­nait fa­ti­gant pour moi de faire le voyage d’un bout à l’autre de l’île quo­ti­dien­ne­ment. J’ai pen­sé à faire ma propre ferme de culture bio. J’avais dé­jà un ter­rain et mis en place le pro­jet mais je n’ai pu al­ler de l’avant faute de maind’oeuvre » , nous ex­plique- t- elle. Lasse d’at­tendre, elle dé­cide de faire autre chose pour ne pas s’en­nuyer. Elle s’ins­crit à des cours de po­te­rie de la SMEDA et, après six mois de for­ma­tion, elle dé­cide d’en­trer dans la confec­tion d’us­ten­siles de cui­sine plu­tôt que dans la po­te­rie tra­di­tion­nelle. Elle fait tout par elle- même et ne sol­li­cite de l’aide que quand il y a une grande pro­duc­tion. La terre glaise uti­li­sée est im­por­tée d’Afrique du Sud car celle dis­po­nible à Mau­rice n’est pas de la qua­li­té re­quise pour faire les ob­jets pour la cui­sine. « Il faut une de­mi- jour­née pour fa­çon­ner, puis on laisse re­po­ser une heure. En­suite on re­vient pour faire des cor­rec­tions, ce qui prend en­core une de­mi- jour­née. Il faut en­core lais­ser sé­cher entre une et deux se­maines dé­pen­dant du temps. La cuis­son va prendre en­core vingt­quatre heures car le four prend 12 heures pour at­teindre l 000° C et 12 heures pour re­froi­dir » . L’us­ten­sile est alors prêt. Le ré­ci­pient n’est ni ver­ni ni émaillé, il reste brut afin d’as­su­rer une cui­sine saine. « En ef­fet, émail et ver­nis pour­raient éven­tuel­le­ment conte­nir des élé­ments no­cifs ( plomb, cad­mium…) an­nu­lant le bé­né­fice de la cuis­son dans un ma­té­riau na­tu­rel » , dé­clare Mme Lall­ma­ho­med. Contrai­re­ment à des ma­té­riaux plus ré­cents, la terre cuite ne com­porte au­cune par­ti­cule no­cive sus­cep­tible de mi­grer dans nos ali­ments. Ces ré­ci­pients per­mettent des modes de cuis­son avec très peu de ma­tières grasses. De plus, la cuis­son dans des ré­ci­pients en terre cuite n’at­teint ja­mais des tem­pé­ra­tures très éle­vées sus­cep­tibles de dé­na­tu­rer et de dé­gra­der les ali­ments, as­sure Mme Lall­ma­ho­med. La terre cuite, étant très po­reuse, ab­sorbe l’eau conte­nue dans les ali­ments et la res­ti­tue pro­gres­si­ve­ment en cours de cuis­son. Les ali­ments cuisent len­te­ment, et de fa­çon ho­mo­gène, dans leur propre jus, ce qui per­met aux sa­veurs d’être non seule­ment conser­vées, mais concen­trées et dé­ve­lop­pées au maxi­mum. Ils peuvent mi­jo­ter long­temps sans des­sé­cher ni brû­ler ! Sa­mi­ra Lall­ma­ho­med parle en connais­sance de cause. Afin d’as­su­rer la qua­li­té de ses pro­duits, elle a sui­vi des cours de cui­sine ma­ro­caine avec Ane­ba Si­ham, une Ma­ro­caine éta­blie à Mau­rice. De fait, les ré­ci­pients pro­po­sés par Mme Lall­ma­ho­med sont réel­le­ment adap­tés à la cui­sine du Magh­reb. Elle donne ain­si des conseils mais aus­si des re­cettes de cui­sine aux ache­teurs. Con­tact : Sa­mi­ra Lall­ma­ho­med, T : 57280177 in­fo@ clay­hea­ven. net

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