Ro­ma­nov et Gri­mal­di : l’his­toire se pour­suit à Mos­cou

L’exposition « Ro­ma­nov et Gri­mal­di, trois siècles d’his­toire » vient de s’ou­vrir à la ga­le­rie Tré­tia­kov à Mos­cou. Avec le prince Al­bert et le pré­sident Pou­tine comme pre­miers vi­si­teurs

Monaco-Matin - - Monaco - À MOS­COU, CH­RIS­TELLE LEFEBVRE cle­febvre@ni­ce­ma­tin.fr

La­vi­sites’est­fai­teen­pe­tit co­mi­té et hors de por­tée de notre ob­jec­tif mais elle dit tout de l’in­té­rêt por­té par la Prin­ci­pau­té et la Fé­dé­ra­tion de Rus­sie à l’évé­ne­ment. Le Prince Al­bert II et le pré­sident Vla­di­mir Pou­tine ont été les tout pre­miers à par­cou­rir l’exposition « Ro­ma­nov et Gri­mal­di, trois siècles d’his­toire », à Mos­cou. Mon­trée à Mo­na­co au Pa­lais prin­cier pour l’an­née de la Rus­sie en 2015, elle est pré­sen­tée à la ga­le­rie d’État Tré­tia­kov, l’un des plus im­por­tants mu­sées de la Fé­dé­ra­tion de Rus­sie, jus­qu’à la mi-no­vembre. Cet évé­ne­ment a été lan­cé dans le cadre de la Se­maine de Mo­na­co à Mos­cou, or­ga­ni­sée par l’Am­bas­sade de Mo­na­co en Rus­sie pour fê­ter les dix ans des re­la­tions di­plo­ma­tiques entre les deux pays.

, la dé­cou­verte de Mo­na­co

«Le prin­cipe de l’exposition est le même que ce­lui qui a pré­va­lu en Prin­ci­pau­té l’an der­nier: mettre en lu­mière les liens mul­tiples qui ont été tis­sés par les dy­nas­ties mo­nar­chiques des deux pays ces trois derniers siècles», in­dique Tho­mas Fouille­ron, le di­rec­teur des ar­chives et de la bi­blio­thèque du Pa­lais prin­cier. Il était à Mos­cou jeu­di et nous sert de guide au tra­vers des do­cu­ments et pièces uniques is­sues des ar­chives et mu­sées russes et mo­né­gasques. «Quand on évoque les re­la­tions rus­so-mo­né­gasques, on pense im­mé­dia­te­ment à Dia­ghi­lev et les bal­lets russes de Monte-Car­lo, mais les liens his­to­riques sont bien plus an­ciens et va­riés, rap­pelle-t-il. Avoir tra­vaillé conjoin­te­ment avec nos ho­mo­logues des Ar­chives d’État de Rus­sie, nous a per­mis de mettre au jour des perles. Comme le do­cu­ment de 1663 qui sti­pule la dé­cou­verte de Mo­na­co par un am­bas­sa­deur du Tsar ve­nu ra­vi­tailler for­tui­te­ment dans le port de la Prin­ci­pau­té.» Un pre­mier lien dé­mon­tré scien­ti­fi­que­ment. Mys­tère des dates et autre signe de l’his­toire, cin­quante ans avant l’ac­cos­tage, les deux dy­nas­ties avaient dé­jà en com­mun une cer­taine gé­mel­li­té de nais­sance : Ho­no­ré II Gri­mal­di a adop­té le titre de Prince de Mo­na­co un an avant que Mi­chel Ro­ma­nov ne monte sur le trône de Rus­sie en 1613. «On ne conserve des traces de re­la­tions épis­to­laires entre em­pe­reurs et princes qu’à par­tir du XIXe, mais l’on sait qu’un in­té­rêt ré­ci­proque des deux pays l’un pour l’autre exis­tait bel et bien.»

, au nom de la science

Par­mi les dates clés que cite Tho­mas Fouille­ron, ar­rê­tons­nous sur 1884. «Elle marque les pre­miers contacts scien­ti­fiques entre les deux pays. Le Prince Al­bert Ier s’est rap­pro­ché de sa­vants russes pour étu­dier les cou­rants ma­rins. On sait que 1884 est l’un des points de dé­part de ses re­cherches océa­no­gra­phiques. Le lien avec l’ami­ral Ste­phan Os­si­po­vitch Ma­ka­rov [or­tho­gra­phié Ma­ka­roff dans la presse fran­çaise de l’époque, ndlr], qui a conduit de nom­breuses cam­pagnes océa­no­gra­phiques est gra­vé dans la pierre en Prin­ci­pau­té.» Autre fait d’Al­bert 1er qui a mar­qué les es­prits des ar­chi­vistes et qui est mis en avant à l’exposition, la par­tie de chasse or­ga­ni­sée en 1913 dans le do­maine im­pé­rial en Rus­sie. «La ren­contre pro­vo­quée par le prince Al­bert Ier avait un tout autre ob­jec­tif que d’al­ler chas­ser: c’était un but de paix. Les re­la­tions en Eu­rope s’en­ve­ni­maient et le prince Al­bert Ier était convain­cu que si les grands de ce monde se par­laient di­rec­te­ment, les choses iraient mieux.» Les évé­ne­ments n’ont pas pris la tour­nure que le Prince ap­pe­lait de ses voeux mais puisse l’his­toire nous ap­por­ter ses le­çons pour le pré­sent et les an­nées à ve­nir. L’exposition « Ro­ma­nov et Gri­mal­di, trois siècles d’his­toire », inau­gu­rée jeu­di, est ou­verte au pu­blic de­puis ce week-end.

(Photo C.L.)

Par­mi les por­traits, lettres et ta­bleaux ex­po­sés, l’hor­loge de table-oeuf avec un ser­pent de la firme Fa­ber­gé, ob­jet des Ro­ma­nov ap­par­te­nant au­jourd’hui au Pa­lais prin­cier, est l’une des pièces maî­tresses de l’exposition.

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