Ma­gyd Cher­fi: de la rue Ra­phaël au prix Gon­court, en pré­sé­lec­tion

Le pa­ro­lier em­blé­ma­tique du groupe tou­lou­sain Zeb­da mouille tou­jours sa che­mise pour ex­pri­mer sa « part de Gau­lois », en at­ten­dant Ca­té­go­rie reine, son al­bum so­lo, en fé­vrier

Monaco-Matin - - Festival Du Livre De Mouans-sartoux - PROPOS RECUEILLIS PAR LAURENCE LUCCHESI lluc­che­si@ni­ce­ma­tin.fr

Des quar­tiers Nord de la Ville rose, où il a gran­di, à sa no­mi­na­tion à la pré­sé­lec­tion du Gon­court 2016 pour son livre au­to­bio­gra­phique Ma part de Gau­lois, pa­ru chez Actes Sud, en pas­sant par le groupe Zeb­da et son en­tê­tant Tom­ber la che­mise, Ma­gyd Cher­fi est un sa­cré mix. De rage et de ju­bi­la­tion. De gra­vi­té et d’au­to­dé­ri­sion. So­laire, quoi qu’il en soit, dès qu’il s’anime pour nous li­vrer, en amont de son con­cert-lec­ture à la Stra­da, son res­sen­ti du jour.

Pour le Tou­lou­sain que vous êtes, que re­pré­sente le fait de ve­nir à Mouans-Sar­toux ? J’avais dé­jà par­ti­ci­pé au fes­ti­val il y a une di­zaine d’an­nées, un très bon sou­ve­nir. Et Mouans-Sar­toux est un îlot à part dans cette ré­gion. Car à notre grand éton­ne­ment, avec Zeb­da, en  ans de car­rière et avec   concerts à notre ac­tif, nous n’avons qua­si­ment ja­mais eu de pro­po­si­tion pour nous pro­duire ailleurs alen­tour.

Vous qui êtes un dé­fen­seur du « vivre en­semble », que vous ins­pire jus­te­ment le thème de cette édi­tion , « Vivre » ? C’est tout le dé­fi d’une so­cié­té, et c’est jus­te­ment ce que nous ai­mons avec Zeb­da : lorsque les gens sont dif­fé­rents, se mé­langent et tentent d’être en­semble. Ce groupe, consti­tué de gens d’ori­gines très di­verses, a été un vé­ri­table la­bo­ra­toire

pour nous. Où nous avons ex­pé­ri­men­té l’idée d’être à la fois plu­riels et pa­triotes.

Qu’avez-vous res­sen­ti en ap­pre­nant que Ma part de Gau­lois était pré­sé­lec­tion­né pour le Gon­court ? Il l’a été oui! C’était fa­bu­leux,

Vous ima­gi­nez, entre ma mère, qui a  ans, et qui prend en­core des cours d’al­pha­bé­ti­sa­tion, et moi en­fant d’im­mi­gré, il y a cette es­pèce de tra­jet im­pro­bable : avoir pas­sé toute sa vie dans l’obs­cu­ri­té, à peine par­ler fran­çais, sa­voir lire et écrire, et avoir son fils qui s’ap­proche de ces som­mets de la lit­té­ra­ture ! C’était aus­si un signe très fort en­voyé par la Ré­pu­blique à tous les en­fants d’en bas, ceux qui aiment la langue fran­çaise, cette culture, et qui s’ac­crochent à son ap­pren­tis­sage.

Croyez-vous qu’au sor­tir de

Vis-à-vis des femmes, vous avez tou­jours eu cette bien­veillance ? Oui, parce que j’ai eu une mère qui nous a ini­tiés tout mômes à une cer­taine forme de fé­mi­nisme ! Elles nous a fait en­ca­drer par d’autres femmes for­mi­dables, qui nous ont don­né au­tant d’ins­truc­tion que d’amour. Et fi­na­le­ment, ce dont on manque le plus dans cette Ré­pu­blique, je crois, ce n’est pas de droits, mais de bien­veillance par­fois. Il nous faut créer un nou­veau ré­cit.

(Pho­tos Frantz Cha­va­roche)

« La France d’au­jourd’hui elle est mul­ti­cul­tu­relle, et le ré­cit doit l’être aus­si, parce que ça se fait mal­gré nous. Nous de­vons tous nous ap­pro­prier ce­la et en être fier, au lieu d’avoir peur. »

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