« L’at­tente des Fran­çais est celle du re­nou­veau »

Monaco-Matin - - Face À La Rédaction -

Le duo Sar­ko­zy-Jup­pé est don­né vain­queur au pre­mier tour. Croyez-vous en­core pos­sible de ren­ver­ser la si­tua­tion ? Bien sûr ! Il y au­ra un ren­ver­se­ment de si­tua­tion. Les élec­teurs ne se lais­se­ront pas im­po­ser leur choix dans cette élec­tion ma­jeure : ce­lui qui sor­ti­ra vain­queur de la pri­maire a toutes les chances de de­ve­nir le pro­chain pré­sident de la Ré­pu­blique. Les Fran­çais sont libres et aiment bien dé­jouer les pro­nos­tics écrits à l’avance. Une élec­tion tra­duit tou­jours une at­tente de fond, et celle de la po­pu­la­tion fran­çaise est le re­nou­veau. Ce scru­tin ne doit pas se faire par dé­faut : il ne faut pas éli­mi­ner un can­di­dat, il faut choi­sir ce­lui qui ré­pon­dra le mieux aux at­tentes de chan­ge­ment en pro­fon­deur de notre pays. Vo­ter pour un pro­jet cré­dible, pour une vi­sion nou­velle de la so­cié­té fran­çaise, voi­là le vé­ri­table en­jeu ! Je pro­pose que nous construi­sions une so­cié­té de jus­tice, où cha­cun trou­ve­ra la fier­té de ce qu’il est par le tra­vail. Comment ex­pli­quez-vous que ce­la ne se tra­duise pas dans les en­quêtes d’opi­nion ? La seule chose qui compte pour moi, ce sont les ex­pres­sions de sou­tien spon­ta­nées sur le ter­rain. Elles sont nom­breuses et elles me touchent. Les Fran­çais veulent du sang neuf. On prend les mêmes et on re­com­mence ? Cer­tai­ne­ment pas. Il est temps que nous pas­sions à autre chose et que nous écri­vions une nou­velle page de notre his­toire.

Dans le do­cu­men­taire dif­fu­sé en dé­but de se­maine sur France , Alain Jup­pé laisse en­tendre que vous n’êtes pas l’homme mo­derne que vous pré­ten­dez être. Que ré­pon­dez-vous à ce­la? Aux élec­teurs de ju­ger!

Il y a deux ans en­vi­ron, ici même, vous aviez lais­sé en­tendre que la can­di­da­ture de Ni­co­las Sar­ko­zy se­rait une bonne chose. Qu’est-ce qui vous a fait chan­ger d’avis? Vous m’avez mal com­pris ! Cha­cun est libre de se pré­sen­ter. Mais comment le re­tour de ceux qui ont dé­jà di­ri­gé le pays et qui ont échoué à amé­lio­rer la si­tua­tion des Fran­çais pour­rait-il por­ter un es­poir ? Le même rai­son­ne­ment m’avait conduit en  à bri­guer la pré­si­dence de l’UMP : si notre pays veut al­ler de l’avant, il doit être ca­pable de re­nou­ve­ler sa classe po­li­tique. C’est pour cette rai­son que vous ex­cluez tout ral­lie­ment à Sar­ko­zy ou Jup­pé au se­cond tour? On ne sillonne pas toutes les routes de France pen­dant quatre ans, pour écou­ter, com­prendre, bâ­tir un contrat pré­si­den­tiel, pour dire à la fin du che­min : je me ral­lie ! Je dé­fends mes convic­tions et mon pro­jet jus­qu’au bout. Tous les Fran­çais qui veulent un vrai chan­ge­ment nous mè­ne­ront à la vic­toire.

Ne trou­vez-vous pas tar­dif le ral­lie­ment d’Her­vé Mo­rin sur votre can­di­da­ture? Les cen­tristes ont fait leur choix dans les der­nières se­maines, je res­pecte leur ca­len­drier. Yves Jé­go (vice-pré­sident du Par­ti

ra­di­cal, ndlr) a lui re­joint ma can­di­da­ture il y a plu­sieurs mois. Pen­sez-vous que les élec­teurs de gauche vont prendre part au scru­tin pour in­fluer sur son ré­sul­tat ? Ce qui va bou­le­ver­ser la donne, c’est le ca­rac­tère mas­sif du vote le  no­vembre. Ce se­ra une vraie pri­maire po­pu­laire. Par­mi ces élec­teurs, il y en au­ra cer­tai­ne­ment qui, dans le pas­sé, ont pu vo­ter à gauche comme à droite. Tous ceux qui veulent l’al­ter­nance avec Fran­çois Hol­lande et les so­cia­listes peuvent al­ler vo­ter. Vous faites aus­si cam­pagne sur les ré­seaux so­ciaux. Est-ce im­por­tant? Oui. Tout ce qui per­met le dia­logue, que ce soit les Fa­ce­book live – j’en fais un par mois – ou les ren­contres avec les you­tu­beurs, me plaît. C’est une concep­tion nou­velle et mo­derne de la dé­mo­cra­tie. On confronte ses pro­po­si­tions à la cri­tique et on les amé­liore. Votre phrase « Pu­tain, la France c’est classe » a fait le buzz. Sar­ko­zy est ha­bi­tué à ce genre de sor­ties, même Jup­pé dans le do­cu­men­taire de France  s’y met… Les hommes po­li­tiques veulent-ils se rap­pro­cher des Fran­çais avec un tel lan­gage? Cette phrase m’est ve­nue na­tu­rel­le­ment. C’est une ma­nière de dire avec ses tripes que la fier­té d’être Fran­çais de­vrait se trou­ver au fond de cha­cun de nous. Mal­heu­reu­se­ment, cette fier­té a trop souvent dis­pa­ru.

Si vous n’êtes pas pré­sent au se­cond tour, vous ral­lie­rez-vous au vain­queur? Pour­quoi donc en­vi­sa­gez-vous cette hy­po­thèse?

Dans l’émis­sion de M « Une am­bi­tion in­time », on va ap­prendre que vous li­sez de la poé­sie en al­le­mand à haute voix, que vous avez des cri­quets, etc. Est-il né­ces­saire, quand on sou­haite ac­cé­der à la fonc­tion su­prême, de se li­vrer ain­si? Si ce­la per­met de mon­trer que l’on est autre chose que la ca­ri­ca­ture que l’on fait de vous, alors ce­la ne me pose au­cun pro­blème. Les per­son­na­li­tés po­li­tiques sont comme tous les Fran­çais, plus com­plexes qu’on ne le croit. Alors au­tant le mon­trer.

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