pas vo­ler votre élec­tion »

«Un­pa­vé­dans­la­ma­re­des­pro­mes­ses­non­te­nues»

Monaco-Matin - - Face À La Rédaction -

La ques­tion ter­ro­riste ne va-t-elle pas oc­cul­ter toutes les autres lors de cette cam­pagne? C’est un risque. Il y a une droite de la di­ver­sion qui vou­drait ne trai­ter que la ques­tion de la sé­cu­ri­té, si im­por­tante soit-elle, et lais­ser de cô­té les ré­ponses à la ques­tion ma­jeure du tra­vail. Une so­cié­té qui se porte bien est une so­cié­té du tra­vail pour tous. C’est une so­cié­té où la di­gni­té vient de la ré­mu­né­ra­tion du tra­vail et pas des aides so­ciales. Pour ce­la, il y a des ré­ponses à ap­por­ter. Les vieilles re­cettes ne mar­che­ront pas. Il est temps d’en in­ven­ter de nou­velles. Ayons le cou­rage de dire que ce sont les en­tre­pre­neurs qui créent des em­plois. Don­nons­leur la li­ber­té à la­quelle ils as­pirent. Pour­quoi for­cer l’or­ga­ni­sa­tion des élec­tions pro­fes­sion­nelles dès onze sa­la­riés? Ren­dons ce­la fa­cul­ta­tif. Pour­quoi un seuil à cin­quante sa­la­riés? Re­le­vons-le à deux cent cin­quante, comme ailleurs en Eu­rope. Sim­pli­fions le code du tra­vail, pri­va­ti­sons Pôle Emploi, re­ti­rons la for­ma­tion pro­fes­sion­nelle aux syn­di­cats pour la confier di­rec­te­ment aux sa­la­riés avec un Compte Per­son­nel For­ma­tion en eu­ros. En­fin, avec les “Em­ploisRe­bonds”, une en­tre­prise au­ra la pos­si­bi­li­té de re­cru­ter une per­sonne très éloi­gnée de l’emploi en des­sous du Smic, pour lui re­mettre le pied à l’étrier. Mieux vaut ce­la plu­tôt que de la lais­ser vivre des aides so­ciales. Seuls ces choix-là re­don­ne­ront un tra­vail à tous. Votre pro­gramme fait mille pages. Etait-ce bien utile, qui va le lire ? Ce n’est pas utile, c’est in­dis­pen­sable. Ce pro­gramme est un geste po­li­tique, un pa­vé dans la mare de toutes les pro­messes non te­nues par les po­li­tiques de­puis trente ans. Ce contrat pré­si­den­tiel est clair, pré­cis, chif­fré, avec une mé­thode de mise en oeuvre. Nous avons tra­vaillé pen­dant quatre ans avec plus de quatre cents per­sonnes is­sues de tous les uni­vers dont beau­coup de la so­cié­té ci­vile pour l’éla­bo­rer. Cha­cun peut y trou­ver des ré­ponses pré­cises en fonc­tion de ses centres d’in­té­rêt.

Vous vou­lez faire un ré­fé­ren­dum sur la ré­duc­tion du nombre de dé­pu­tés et sé­na­teurs et la li­mi­ta­tion à trois man­dats par­le­men­taires suc­ces­sifs. N’est-ce n’est pas une ma­nière de vous of­frir un plé­bis­cite fa­cile ? Si c’était si fa­cile que ce­la, mes concur­rents à la pri­maire l’au­raient tous pro­po­sé! Or, je suis le seul à le faire. C’est aus­si cou­ra­geux : ce­la sup­pose de rompre avec les vieilles pra­tiques du pas­sé et de re­mettre en cause les avan­tages d’un cer­tain nombre de dé­pu­tés et sé­na­teurs qui m’au­raient peut-être sou­te­nu si je n’étais pas al­lé aus­si loin dans le re­nou­vel­le­ment dé­mo­cra­tique. On ne pourra pas de­man­der aux Fran­çais de chan­ger si nous, la classe po­li­tique, ne chan­geons pas. Ces me­sures vien­dront s’ajou­ter au non-cu­mul des man­dats qui en­tre­ra en vi­gueur en .

Pour le temps de tra­vail, vous vou­lez des ac­cords d’en­tre­prise. En quoi vos me­sures se­ront-elles dif­fé­rentes et plus ef­fi­caces que celles de vos concur­rents? D’autres can­di­dats pro­posent le ré­ta­blis­se­ment d’une du­rée lé­gale du tra­vail. Nous n’avons pas re­te­nu cette so­lu­tion. D’abord parce que beau­coup d’en­tre­pre­neurs se sont dé­jà adap­tés aux  heures et qu’une nou­velle du­rée lé­gale re­met­trait du désordre dans les en­tre­prises. Ce se­rait faire du Mar­tine Au­bry à l’en­vers. Notre ap­proche consiste à lais­ser à chaque en­tre­pre­neur la li­ber­té de dé­fi­nir le temps de tra­vail avec ses sa­la­riés. S’ils veulent tra­vailler à  h, ils tra­vaille­ront  h. S’ils veulent pas­ser à  h ou  h parce qu’il y a un pic d’ac­ti­vi­té, ils pour­ront le faire. Chaque en­tre­prise se­ra libre de dé­fi­nir, avec ses sa­la­riés, le seuil de dé­clen­che­ment des heures sup­plé­men­taires.

Comme Alain Jup­pé, vous pro­po­sez de rendre dé­gres­sive l’al­lo­ca­tion-chô­mage. A quel rythme et su­bor­don­nez-vous, comme lui, cette me­sure à une re­prise du mar­ché de l’emploi? Au­tant avouer qu’on ne la met­tra ja­mais en oeuvre ! Si on condi­tionne cette dé­gres­si­vi­té à la re­prise de la crois­sance, on ne la fe­ra pas. La dé­gres­si­vi­té, c’est une ma­nière de mieux ac­com­pa­gner les de­man­deurs d’emploi et de ne pas les lais­ser s’en­fer­mer dans le chô­mage de longue du­rée. Cette dé­gres­si­vi­té se­ra donc mise en oeuvre dès l’été . Parce que tout ce qui ne se­ra pas fait à ce mo­ment-là ne se­ra ja­mais fait et que rien ne chan­ge­ra. C’est toute la dif­fé­rence entre mon pro­jet, qui est ce­lui du vrai chan­ge­ment, et les pro­jets de conti­nui­té qui ne crée­ront que des dé­cep­tions. Mon choix est ce­lui du vo­lon­ta­risme, d’un chan­ge­ment fort et puis­sant. On ne peut plus se conten­ter de rus­tines ! Bien en­ten­du, le mi­ni­mum dû à une per­sonne qui cherche un emploi, en­vi­ron  eu­ros, se­ra main­te­nu et la dé­gres­si­vi­té se­ra de  % tous les six mois.

Vous vou­lez créer   places de pri­son. C’est as­sez peu… Tant de pro­messes ne sont ja­mais réa­li­sées! Re­don­nons du poids et de la di­gni­té à la pa­role po­li­tique. Ces  places se­ront faites, ce qui est dé­jà un ef­fort consi­dé­rable et com­pli­qué, no­tam­ment pour trou­ver des sites. C’est un chiffre réa­liste qui se­ra te­nu. Cons­trui­sons de nou­velles places de pri­son, et don­nons aus­si à la jus­tice les moyens de fonc­tion­ner mieux. Il faut aus­si une po­li­tique plus stricte. Je compte ain­si ré­ta­blir les peines plan­cher pour la ré­ci­dive, ain­si que la double peine : une per­sonne étran­gère qui ne res­pecte pas les règles fran­çaises doit être ex­pul­sée de France. En­fin, les ef­fec­tifs de po­lice et de gen­dar­me­rie re­vien­dront au ni­veau de .

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