« Brexit»: Bruxelles hausse le ton

Monaco-Matin - - France/monde -

Les Eu­ro­péens ont net­te­ment dur­ci le ton hier face à un gou­ver­ne­ment bri­tan­nique sou­cieux de né­go­cier le Brexit à son avan­tage, aver­tis­sant qu’ils se mon­tre­raient «in­tran­si­geants» face aux «ma­noeuvres» de la Gran­deB­re­tagne. « On ne peut pas être un pied de­hors et un pied de­dans», a sè­che­ment lan­cé le pré­sident de la Com­mis­sion eu­ro­péenne Jean-Claude Jun­cker lors d’un col­loque à Pa­ris (éga­le­ment pré­sent, le Pre­mier mi­nistre fran­çais Manuel Valls a sou­te­nu ses propos). «Sur ce point, nous de­vons être in­tran­si­geants. Je vois les ma­noeuvres», a aver­ti le di­ri­geant eu­ro­péen. «Si nous com­men­çons à dé­tri­co­ter le mar­ché in­té­rieur en [nous] met­tant à dis­po­si­tion [...] du bon vou­loir d’un État qui a dé­ci­dé de [par­tir], nous inau­gu­re­rons la fin de l’Eu­rope.»

« Il faut qu’il y ait un prix »

Ce coup de se­monce de Bruxelles in­ter­vient alors que les prin­ci­paux pays eu­ro­péens n’ont guère goû­té le ré­cent rai­dis­se­ment de la Pre­mière mi­nistre The­re­sa May. «Nous n’al­lons pas quit­ter l’Union eu­ro­péenne pour aban­don­ner de nou­veau le contrôle de l’im­mi­gra­tion», a-t-elle mar­te­lé mer­cre­di, en clô­tu­rant le congrès des To­ries à Bir­min­gham, dans le centre de l’An­gle­terre. Ses propos ont fait ré­agir à Pa­ris, où le pré­sident fran­çais Fran­çois Hol­lande a lui aus­si plai­dé jeu­di la «fer­me­té» dans les fu­tures né­go­cia­tions avec Londres: « Il faut qu’il y ait une me­nace, il faut qu’il y ait un risque, il faut qu’il y ait un prix», a-t-il lan­cé. «Le Royaume-Uni a dé­ci­dé de faire un Brexit, je crois même un Brexit dur, eh bien, il faut al­ler jus­qu’au bout de la vo­lon­té des Bri­tan­niques de sor­tir de l’Union eu­ro­péenne.» De­puis le dé­but du congrès de son par­ti conser­va­teur di­manche, The­re­sa May et ses mi­nistres ont mul­ti­plié les gages aux par­ti­sans d’une sor­tie claire et nette de l’Union eu­ro­péenne, lais­sant en­tre­voir la pers­pec­tive d’un Brexit sans conces­sions. La mi­nistre de l’In­té­rieur, Am­ber Rudd, a ain­si dé­voi­lé un plan pour en­cou­ra­ger les en­tre­prises à pu­blier une liste de leurs em­ployés non-bri­tan­niques et pri­vi­lé­gier la main-d’oeuvre na­tio­nale. Avec l’ob­jec­tif de ra­me­ner le solde mi­gra­toire, ac­tuel­le­ment de 330000 par an, sous la barre des 100000. Mais pour Jean-Claude Jun­cker, «si le Royaume-Uni veut avoir un libre ac­cès au mar­ché in­té­rieur, [il faut] que toutes les règles et que toutes les li­ber­tés qui en­tourent le mar­ché in­té­rieur soient in­té­gra­le­ment res­pec­tées.»

(Photo AFP)

«Si nous com­men­çons à dé­tri­co­ter le mar­ché in­té­rieur [...] nous inau­gu­re­rons la fin de l’Eu­rope », a aver­ti le pré­sident de la Com­mis­sion eu­ro­péenne, Jean-Claude Jun­cker.

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