Un por­tail unique pour connaître les es­sais cli­niques sur sa ma­la­die Ac­tu

« Quels éta­blis­se­ments en ré­gion Pa­ca pro­posent des es­sais cli­niques avec des mo­lé­cules pro­met­teuses contre ma ma­la­die? » Une ques­tion qui trou­ve­ra une ré­ponse fa­cile dès 2017

Monaco-Matin - - Santé - NAN­CY CATTAN ncat­tan@ni­ce­ma­tin.fr

Que cha­cun, où qu’il ré­side, et quelle que soit la ma­la­die dont il souffre, puisse ac­cé­der en un clic aux es­sais cli­niques, en lien avec sa pa­tho­lo­gie, me­nés sur la ré­gion Pa­ca. Cette pos­si­bi­li­té, tous les ha­bi­tants de la ré­gion, l’au­ront dès 2017. « Les in­no­va­tions doivent pro­fi­ter à tous les malades », ré­sume le Pr Thier­ry Pas­se­ron, pré­sident du département de la re­cherche cli­nique et de l’in­no­va­tion du CHU de Nice, membre du co­mi­té exé­cu­tif du grou­pe­ment in­ter­ré­gio­nal de la re­cherche cli­nique (Gir­ci) et vice-pré­sident du Can­cé­ro­pôle Pa­ca. Or, au­jourd’hui, si les es­sais cli­niques avec des mo­lé­cules in­no­vantes et très pro­met­teuses, se mul­ti­plient un peu par­tout, les pa­tients concer­nés par ces es­sais cli­niques – comme leur mé­de­cin trai­tant souvent – en ignorent même l’exis­tence.

Le seul es­poir par­fois

« Ce­la concerne la can­cé­ro­lo­gie bien sûr, mais aus­si de nom­breuses autres ma­la­dies : pso­ria­sis, vi­ti­li­go, ma­la­die de Crohn, po­ly­ar­thrite rhu­ma­toïde, etc. Il n’est pas ac­cep­table que les malades ne puissent ac­cé­der fa­ci­le­ment aux mo­lé­cules in­no­vantes, dans le cadre d’es­sais cli­niques. Pour cer­taines pa­tho­lo­gies, contre les­quelles au­cun mé­di­ca­ment ef­fi­cace n’est dis­po­nible, l’in­clu­sion dans un es­sai peut même consti­tuer le seul es­poir pour un ma­lade. » Avec la créa­tion de ce site, les pa­tients pour­ront « prendre la main » sur leur pa­tho­lo­gie, en s’in­for­mant sur les re­cherches cli­niques en cours la concer­nant, les in­for­ma­tions scien­ti­fiques né­ces­saires à leur décryptage et la liste des éta­blis­se­ments (pu­blics ou pri­vés) qui les conduisent. Exemple : un Ni­çois at­teint d’un cancer du cô­lon en­tre­ra ce mot­clé, puis Nice. Si au­cun es­sai sur sa ma­la­die n’est conduit dans cette ville, il pourra faire une re­cherche éten­due à toute la ré­gion PA­CA. Ce­la se­ra éga­le­ment vrai pour un pa­tient de Tou­lon et de Mar­seille qui, ne trou­vant pas un es­sai qui lui cor­res­pond dans sa ville, pourra étendre sa re­cherche à Nice et aux autres éta­blis­se­ment de la ré­gion. « Ce site se veut simple d’uti­li­sa­tion. Pas ques­tion donc d’uti­li­ser des mots abs­cons pour le grand pu­blic », note le Pr Pas­se­ron. Au bout de cette re­cherche, l’in­ter­naute se ver­ra pro­po­ser une adresse mail ou un nu­mé­ro de té­lé­phone. « À ce stade, les pro­mo­teurs de l’es­sai cli­nique vé­ri­fie­ront si cette per­sonne entre ou pas dans les cri­tères d’in­clu­sion pour l’es­sai. Car, bien sûr, tous les pa­tients ne peuvent pas par­ti­ci­per à des es­sais cli­niques. »

Des Amé­ri­cains à Nice

Ce pro­jet entre en ré­so­nance avec un rap­port du Sé­nat sur l’Inca (Ins­ti­tut na­tio­nal du cancer) re­com­man­dant no­tam­ment d’ac­croître la com­mu­ni­ca­tion en di­rec­tion du pu­blic. « Il ne s’agit pas de faire la pro­mo­tion des es­sais cli­niques, mais de dé­li­vrer une in­for­ma­tion per­met­tant au pa­tient de prendre, après dis­cus­sion avec son mé­de­cin, une dé­ci­sion éclai­rée. » Si la créa­tion de ce por­tail a mis bien des an­nées avant d’abou­tir, ce­la fait long­temps qu’il ne fait plus dé­bat, outre At­lan­tique no­tam­ment. « Il n’est pas rare que des Ca­na­diens ou des Amé­ri­cains nous ap­pellent pour sa­voir s’ils peuvent être in­clus dans des es­sais cli­niques me­nés par exemple au CHU de Nice sur des ma­la­dies der­ma­to­lo­giques, comme le vi­ti­li­go ou le pso­ria­sis ! » re­late le Pr Pas­se­ron, der­ma­to­logue au CHU de Nice (ser­vice du Pr Lacour). Très friands d’es­sais cli­niques, les An­glo-Saxons savent où al­ler pour aug­men­ter leurs chances de gué­ri­son, quand les Fran­çais ont en­core bien du mal à trou­ver leur che­min. Et pour cause. Ce che­min n’était même pas tra­cé. « Jus­qu’à pré­sent, les pro­mo­teurs d’es­sais cli­niques n’avaient au­cune obli­ga­tion d’en in­for­mer la di­rec­tion de leur éta­blis­se­ment. C’est dé­sor­mais le cas, ce qui fa­ci­lite le re­cen­se­ment .» Et tous les mé­fiants qui ima­ginent l’in­dus­trie phar­ma­ceu­tique or­ches­trant ce pro­jet doivent être ras­su­rés. « Les la­bo­ra­toires ne sont pas par­ties pre­nantes de ce site. Et, par ailleurs, il fe­ra fi­gu­rer l’en­semble des es­sais cli­niques ; qu’ils soient pro­mus par l’in­dus­trie ou par des as­so­cia­tions, des hô­pi­taux, etc. » Con­vain­cus ? Il ne reste plus qu’à at­tendre le lan­ce­ment du site !

(Photo F. Fer­nandes)

Les pro­mo­teurs vé­ri­fie­ront en­suite si la per­sonne peut être in­cluse dans l’es­sai.

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