Du ba­billage au lan­gage Dé­ve­lop­pe­ment

La bouche est un or­gane clé dans la crois­sance, qui per­met à l’en­fant d’en­trer en com­mu­ni­ca­tion avec le monde qui l’en­toure avant même de sa­voir par­ler

Monaco-Matin - - Santé - AXELLE TRUQUET atru­quet@ni­ce­ma­tin.fr

La bouche de bé­bé lui sert à dé­cou­vrir le monde. Il va «goû­ter» tout ce qui lui tombe sous la main, sou­rire, bou­der, pleu­rer et tout sim­ple­ment man­ger. Cet or­gane est le coeur de la com­mu­ni­ca­tion du pe­tit en­fant ; c’est par lui que passe l’ap­pren­tis­sage du lan­gage. Thème des 5e Ren­contres de la pe­tite en­fance or­ga­ni­sées à Cannes les 10 et 11 oc­tobre, l’ora­li­té pose bien des ques­tions, au­tant aux pa­rents qu’aux pro­fes­sion­nels. «Le bé­bé n’a pas conscience que la bouche lui per­met de man­ger et de s’ex­pri­mer. Tout ce­la est très in­tui­tif. C’est en sou­riant et en riant qu’il entre en com­mu­ni­ca­tion. Lors­qu’il ba­bille, il veut at­ti­rer l’at­ten­tion de l’adulte, il ma­ni­feste son dé­sir d’échan­ger», sou­ligne le Dr Ma­rieVé­ro­nique Clé­ment, pé­do­psy­chiatre au centre hos­pi­ta­lier de Cannes.

Mordre pour par­ler et dire son amour

Un en­fant ne peut se dé­ve­lop­per tout seul. C’est par la sti­mu­la­tion, par les dis­cus­sions que ses pa­rents et son en­tou­rage au­ront avec lui – avant même qu’il soit ca­pable de pro­non­cer un mot – qu’il in­tègre le lan­gage. «Il faut donc s’adres­ser à lui nor­ma­le­ment, avec des phrases simples. On peut uti­li­ser des mots qui ont un cô­té af­fec­tif, comme “do­do ”, mais ce­la ne sert à rien de “par­ler bé­bé”. D’ailleurs, la ma­jo­ri­té des gens l’ont bien com­pris», re­marque le Dr Clé­ment. Grâce à sa bouche, l’en­fant va s’ou­vrir au monde et cher­cher à se faire com­prendre. Mais par­fois il va l’uti­li­ser dif­fé­rem­ment… en mor­dant. Là en­core, la chose est tout à fait na­tu­relle. Chez le nour­ris­son, ce­la peut être une ma­nière pul­sion­nelle de dé­cla­rer son amour à ses pa­rents par exemple. Ne dit-on pas af­fec­tueu­se­ment à un bé­bé qu’on a en­vie de le cro­quer? «Mordre c’est dé­vo­rer ce que l’on aime avec avi­di­té, note la pé­do­psy­chiatre. Il n’y a pas lieu de s’in­quié­ter s’il mord son père ou sa mère. On peut sim­ple­ment lui ex­pli­quer que ce­la fait mal et qu’il ne faut pas mordre.» Chez l’en­fant un peu plus grand, il en va de même. Par­fois, les pa­rents sont pé­tri­fiés d’ap­prendre que leur chère tête blonde a don­né un coup de crocs à un pe­tit ca­ma­rade de la crèche. «Ce n’est pas très grave. C’est pour lui une ma­nière de s’ex­pri­mer, comme pour dire “tu es dans mon es­pace, lais­se­moi tran­quille” ». Ces com­por­te­ments dis­pa­raissent au fur et à me­sure que l’en­fant ac­quiert les mots pour le dire. Il suf­fit en­core une fois de lui in­cul­quer qu’il ne faut pas mordre les autres, que ce­la les blesse », mé­de­cin. ré­sume le

Sur­veiller les re­tards

Concer­nant l’ap­pren­tis­sage de la langue, il prend plus ou moins de temps se­lon les en­fants. Les éven­tuels re­tards de lan­gage doivent néan­moins être sur­veillés. Par exemple, si un en­fant ne ba­bille pas du tout à un an, mieux vaut en dis­cu­ter avec son pé­diatre. Par­fois les choses re­viennent na­tu­rel­le­ment dans l’ordre, no­tam­ment à l’en­trée à l’école où il se­ra in­ci­té à par­ler pour mieux échan­ger avec ses ca­ma­rades. Mais «il n’est ja­mais trop tôt pour consul­ter un or­tho­pho­niste, se­lon le Dr Clé­ment. Il peut faire un bi­lan dès la ma­ter­nelle afin de com­bler un éven­tuel re­tard de lan­gage. » L’en­fant est un être en plein dé­ve­lop­pe­ment qui dis­pose de beau­coup de res­sources pour gran­dir. Mais au moindre doute, la consul­ta­tion d’un pro­fes­sion­nel de santé est im­pé­ra­tive. 1. Les 5es Ren­contres de la Pe­tite En­fance de Cannes sont or­ga­ni­sées les 10 et 11 oc­tobre par l’as­so­cia­tion An­thea qui pro­pose des congrès de for­ma­tion aux pro­fes­sion­nels.

(Photo ar­chive M.A.)

A l’en­trée à la ma­ter­nelle, les éven­tuels re­tards de lan­gage peuvent dis­pa­raître car l’en­fant est sti­mu­lé et va cher­cher à s’ex­pri­mer pour jouer et com­mu­ni­quer avec ses ca­ma­rades.

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