Bien man­ger pour le bien-être de son cer­veau Nutrition

Le Dr Laurent Che­val­lier, au­teur de Alors, on mange quoi ? par­ti­cipe au­jourd’hui au congrès Neu­ro­pla­nète. L’oc­ca­sion d’ex­pli­quer les liens entre le ventre et la ma­tière grise

Monaco-Matin - - Santé -

L’ali­men­ta­tion est pri­mor­diale pour la santé. C’est un fait ad­mis sans res­tric­tion. Mais, son rôle va bien au-de­là du simple équi­libre nu­tri­tion­nel : le conte­nu de l’as­siette peut avoir une ac­tion – po­si­tive ou né­ga­tive – sur le cer­veau. C’est ce que dé­montre le Dr Laurent Che­val­lier, mé­de­cin consul­tant en nutrition, qui a me­né des re­cherches sur le su­jet. Il en par­tage les fruits avec le grand pu­blic dans le cadre de la confé­rence Neu­ro­pla­nète (jus­qu’à ce soir au CUM à Nice).

L’ali­men­ta­tion au­rait donc un im­pact sur le cer­veau ? C’est in­dé­niable. Des mo­di­fi­ca­tions de la flore di­ges­tive peuvent en­gen­drer des troubles au ni­veau cé­ré­bral. Des études ont ain­si mon­tré l’im­pact né­ga­tif de la junk food ou mal­bouffe (ham­bur­gers, so­das, plats in­dus­triels); ce type de nour­ri­ture en­traîne des troubles de l’hu­meur et mo­di­fie cer­taines par­ties du cer­veau, no­tam­ment l’hip­po­campe qui joue un rôle clé dans l’ap­pren­tis­sage et la mé­moire. Une autre étude, réa­li­sée en Grande-Bre­tagne, a mon­tré que lorsque l’on sup­prime les so­das aux pri­son­niers, les actes d’in­ci­vi­li­té baissent. Le ventre contient énor­mé­ment de ter­mi­nai­sons ner­veuses, c’est un vé­ri­table sys­tème de com­mu­ni­ca­tion.

Vous met­tez par­ti­cu­liè­re­ment en garde les femmes en­ceintes ... Oui car, une fois en­core, des études ont mis en évi­dence que les ad­di­tifs et autres pro­duits chi­miques pas­saient la bar­rière pla­cen­taire. Des re­cherches sur l’ani­mal ont mon­tré un lien entre des troubles du com­por­te­ment et ce type d’exposition in ute­ro.

Quelle ali­men­ta­tion conseiller pour al­lier bien-être in­tes­ti­nal et sti­mu­la­tion du cer­veau? Ce­la a un sens de se rap­pro­cher de l’ali­men­ta­tion pa­léo­li­thique mais adap­tée au XXIe siècle donc plus riche en vé­gé­taux. L’idéal est qu’elle soit com­po­sée de  % de fruits et lé­gumes bruts (évi­ter les pro­duits in­dus­triels trans­for­més) et  % de pro­duits car­nés (viande, pois­son). Les pro­duits fer­men­tés, type pain au le­vain, yaourts, ré­duisent l’an­xié­té. Les fruits rouges sont sources d’an­ti­oxy­dants. Le bio est bon en ce qu’il li­mite l’exposition à cer­taines sub­stances chi­miques. Cette ap­proche ali­men­taire per­met de pré­ser­ver le cer­veau et d’équi­li­brer la flore di­ges­tive. Et ce qui est bon pour le cer­veau, l’est aus­si pour les ar­tères, le coeur.

Quid des omé­gas  dont on nous vante tant les mé­rites ? Ils sont ef­fec­ti­ve­ment bons pour le cer­veau parce qu’ils fa­vo­risent la sé­cré­tion d’une pro­téine ap­pe­lée BDNF [Brain-De­ri­ved Neu­ro­tro­phic Fac­tor, en fran­çais : fac­teur neu­ro­tro­phique is­su du cer­veau]. Et c’est jus­te­ment cel­le­ci qui as­sure la crois­sance et la sur­vie des neu­rones. Il ne faut donc pas hé­si­ter à man­ger du pois­son des côtes mé­di­ter­ra­néennes qui contiennent ces fa­meux omé­gas . Est-ce une bonne idée de man­ger du sucre lors­qu’on a un coup de fa­tigue ? Non au contraire. L’ex­cès de consom­ma­tion de sucre fa­vo­rise le pro­ces­sus in­flam­ma­toire au ni­veau cé­ré­bral. Il abîme donc le cer­veau.

« Re­ve­nir à une ali­men­ta­tion plus riche en vé­gé­taux » Dr Laurent Che­val­lier Mé­de­cin spé­cia­li­sé en nutrition

(Photo Ax.T. et Philippe Mat­sas/édi­tions Fayard)

La nour­ri­ture spi­ri­tuelle et l’exer­cice cé­ré­bral ne suf­fit pas. Le conte­nu de l’as­siette joue aus­si un rôle sur la santé du cer­veau.

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