Du suc­cès sur la Côte En ‘‘Pôle’’ po­si­tion !

Le coach d’Alexan­der Le­vy, Ra­phaël Jac­que­lin ou en­core Clé­ment Bé­rar­do, a fait de Ter­reB­lanche son camp de base. Et ça marche...

Monaco-Matin - - Sports -

Alain Al­ber­ti a l’ac­cent chan­tant. Mais ce n’est pas pour ça que les bir­dies viennent plus fa­ci­le­ment. Evi­dem­ment que non. La rai­son, c’est le tra­vail. L’un des boss de la Lead­bet­ter Golf Aca­de­my en France dis­pense son sa­voir à Terre Blanche au coeur de l’Al­ba­tros Per­for­mance Cen­ter. Vé­ri­table joyau du golf fran­çais, où l’on peut trou­ver un conden­sé de ce qu’il se fait de mieux pour pro­gres­ser. « Ce n’est pas pour rien que le pôle France a pris ses quar­tiers ici », sou­rit le coach. A 55 ans, il guide Alexan­der Le­vy, ori­gi­naire du Var et 106e joueur mon­dial (2e fran­çais der­rière le Can­nois Vic­tor Du­buis­son). Mais aus­si Ra­phaël Ja­que­lin, 42 ans, pré­sent sur l’Eu­ro­pean Tour de­puis 1998 (4 vic­toires) ou en­core Clé­ment Bé­rar­do et Jé­rôme Lan­do-Ca­sa­no­va. A la fraîche, il a ac­cep­té de nous re­ce­voir dans son nid d’ex­cel­lence. En bord de green, Alain Al­ber­ti scrute ses élèves. Tho­mas Per­rot, 21 ans, joueur ama­teur à fort po­ten­tiel, est des­cen­du de Pa­ris pour prendre la le­çon. « Je pense que c’est la struc­ture en France où on peut le plus fa­ci­le­ment s’en­traî­ner au haut-ni­veau, confirme-til. Nous avons deux par­cours sur le site et nous pou­vons donc prendre le temps de tra­vailler comme il faut, sans qu’il y ait trop de monde. Il y a une salle de gym, un centre Bio­me­cas­wing qui per­met de ci­bler les fai­blesses du joueur à tra­vailler ou cor­ri­ger, un prac­tice cou­vert etc.»

« C’est un autre golf »

Ins­tal­lé de­puis la créa­tion du centre de Terre Blanche en 2011, Alain Al­ber­ti, ori­gi­naire de Car­cas­sonne, a pour voi­sin le pôle France et ses équipes na­tio­nales en­traî­nées par les coachs fé­dé­raux. Deux en­ti­tés dis­tinctes, qui cô­toient un même ter­rain de jeu et avec la même am­bi­tion : ser­vir le golf fran­çais. Une belle sy­ner­gie. « His­to­ri­que­ment, c’est vrai, les jeunes joueurs de la Ligue PA­CA sont par­mi les meilleurs en France. Pour­quoi ? Peu­têtre parce qu’ils peuvent jouer toute l’an­née grâce à la mé­téo, ou parce qu’il y a plus de golfs...», ex­plique Al­ber­ti qui a vu les exi­gences s’éle­ver au fil des an­nées. « La forme phy­sique est es­sen­tielle, in­siste-t-il. L’évo­lu­tion du ma­té­riel pousse au­jourd’hui à avoir un swing plus ath­lé­tique au haut-ni­veau. Les scores des­cendent très bas. C’est un autre golf, et il faut l’in­cul­quer aux jeunes qui as­pirent à faire de la com­pé­ti­tion. Mais nous sou­hai­tons ac­com­pa­gner tout le monde dès l’école de golf dans un pre­mier temps et pour ça, pas be­soin de vou­loir de­ve­nir un cham­pion ». Fin sep­tembre, un pe­tit gars du coin a fait par­ler de lui. Alexan­der Le­vy, dont les pa­rents ré­sident près de Tou­lon, a rem­por­té un tour­noi du tour eu­ro­péen (Porsche Open en Al­le­magne). Et ce, après avoir été éloi­gné des par­cours plu­sieurs mois à la suite d’une bles­sure au poi­gnet. « On ne vou­lait pas aug­men­ter sa frus­tra­tion à l’en­traî­ne­ment pen­dant cette pé­riode donc on a pré­fé­ré stop­per le temps qu’il se soigne », se sou­vient Alain Al­ber­ti. Un re­tour fra­cas­sant. « At­ten­tion !, tem­père Al­ber­ti. Le golf, ça tient à rien. S’il n’avait pas ren­tré son putt de 2m50 pour al­ler en play-off et l’em­por­ter en Al­le­magne, on au­rait dit d’Alex qu’il n’a pas de men­tal. Au fi­nal, il rentre une fi­celle de 8 mètres et on dit qu’il est ex­cep­tion­nel, un cham­pion fan­tas­tique etc. Il ne faut pas s’en­flam­mer. Le ta­lent, il l’a, tout le monde le sait. Il ne doit pas re­pro­duire les mêmes er­reurs qu’en 2014 où il a ga­gné deux fois et a com­men­cé à se pres­ser. Il était ob­nu­bi­lé par le ré­sul­tat. » Une nou­velle le­çon à re­te­nir en vue de la Ry­der Cup 2018 en France. « Il veut y al­ler... Mais Alex ne doit ja­mais perdre de vue cette ques­tion : que dois-je faire pour y être ? Et ça pas­se­ra par de pe­tites tâches quo­ti­diennes à ac­com­plir ». Le­çon nu­mé­ro 2. Ceux qui pensent qu’il existe une fron­tière entre le Var et les Alpes-Ma­ri­times se trompent. En tout cas, ce ne sont sû­re­ment pas des gol­feurs. Pro­fi­tant de l’exposition des deux dé­par­te­ments, la fé­dé­ra­tion fran­çaise de golf a fait du 06 et du 83 un lieu pri­vi­lé­gié pour de­ve­nir un cham­pion. Et pour ce­la, elle a ins­tal­lé deux pôles de for­ma­tion. Le pre­mier, si­tué à An­tibes, a été créé en 2008. Il ac­cueille les jeunes du col­lège au ly­cée. Une for­ma­tion ac­ces­sible au mé­rite. La fé­dé­ra­tion met alors à dis­po­si­tion d’une poi­gnée de jeunes (8 en gé­né­ral par ca­té­go­rie “es­poirs” et “boys”), coaches, pré­pa­ra­teurs phy­siques etc. A An­tibes, les jeunes pro­fitent des ins­tal­la­tions du CREPS (hé­ber­ge­ment et res­tau­ra­tion, sui­vi mé­di­cal). Cette an­née, dans la ca­té­go­rie Boys (uni­que­ment pré­sente à An­tibes), trois des huit joueurs évo­luent dans la Ré­gion, au golf de Can­nesMou­gins (Tho­mas Bou­lan­ger, An­dréa Mi­laz­zo et Paul Mar­go­lis). Preuve par le nombre de la qua­li­té ré­gio­nale. En­suite, les meilleurs in­té­gre­ront le Pôle France si­tué à Terre-Blanche. C’est ici que l’équipe de France ré­pète ses gammes. Alexan­der Le­vy, Vic­tor Du­buis­son ou plus ré­cem­ment Romain Lan­gasque y sont pas­sés. Les meilleurs ama­teurs de l’Hexa­gone se bous­culent pour in­té­grer la struc­ture. Et ré­gu­liè­re­ment, des jeunes de la Ligue PA­CA font leur trou. Comme Alexandre Fuchs cette sai­son, du golf de SaintDo­nat à Grasse. « Nous fai­sons connaître la fi­lière et or­ga­ni­sons des jour­nées de dé­tec­tion et des com­pé­ti­tions avec les écoles de golfs de la ré­gion », ex­plique Gré­go­ry Ji­me­nez, conseiller technique ré­gio­nal.

« Tout le monde est ga­gnant »

« Ce qui est ap­pré­ciable, c’est de voir la bonne en­tente qui existe avec les golfs pri­vés. Sans eux, nous ne pour­rions pas jouer. Les contraintes éco­no­miques sont tou­jours là c’est vrai, mais c’est nor­mal, nous avons de très beaux golfs. On com­mence à avoir des par­te­na­riats pri­vi­lé­giés », avoue le CTR. « Au fi­nal, tout le monde est ga­gnant à long terme », confirme-t-il. D’au­tant que la la­bel­li­sa­tion FFG des écoles de golf per­met de ga­ran­tir un en­sei­gne­ment de qua­li­té. « Ceux qui ne réus­sissent pas à in­té­grer les pôles ne sont pas aban­don­nés. Nous conti­nuons de les suivre et de les ai­der à notre ni­veau » , ex­plique Gré­go­ry Ji­me­nez. Cha­cun sa route.

(Photo Ph .A.)

A Terre-Blanche, le Pôle France Mes­sieurs s’est ins­tal­lé dès l’ou­ver­ture du centre en . Un par­te­na­riat entre la Fé­dé­ra­tion Fran­çaise de Golf et le do­maine pri­vé.

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