« Je suis un ac­teur as­sez ani­mal »

Fic­tion Sa­ga­more Sté­ve­nin triomphe dans un rôle de flic avec la sé­rie In­no­cente, sur France 3, aux cô­tés de Ju­lie de Bo­na

Monaco-Matin - - Détente - PROPOS RECUEILLIS PAR ÉLISABETH PERRIN

Après avoir été un fou­gueux Fal­co sur TF1, Sa­ga­more-Sté­ve­ni­nest re­ve­nu, à nou­veau dans la peau d’un flic, dans la sé­rie In­no­cente, sur France 3. Mais ce­lui-ci a da­van­tage d’états d’âmee­tu­ne­sen­si­bi­li­téà­fleur de peau qui ont tout au­tant sé­duit le pu­blic. Qu’avez­vous pen­sé à la lec­ture du scé­na­rio ?

Que j’al­lais en­core jouer un flic ! qui, de plus, se cache pen­dant huit ans pour mieux re­ve­nir… Un peu comme

Fal­co, dont je ter­mi­nais le tour­nage ! J’avais peur qu’il y ait une confu­sion… Qu’est­ce qui vous a dé­ci­dé ?

D’abord, le tour­nage avait lieu à Mar­seille, l’une de mes villes de coeur, et puis, là, le per­son­nage ne porte pas toute la sé­rie sur ses épaules. Il n’est pas une ma­chine de guerre. Il y a des rup­tures de rythme dans sa vie, qui le font vieillir et donc nuan­cer sa fa­çon d’être. Il est aus­si en­tou­ré de nom­breuses femmes. Comme je suis per­sua­dé que les femmes rendent les hommes moins cons, j’ai ac­cep­té ! Et j’ai bien fait, j’étais un peu la mas­cotte sur le tour­nage ! (Rires.) Quel genre de per­son­nage êtes­vous ?

Au dé­part, un flic un peu ma­cho, et puis le temps et la ma­la­die font leur oeuvre. Il re­vient plus in­té­rio­ri­sé. Plus à l’écoute. Il se sent res­pon­sable d’une er­reur ju­di­ciaire, car il n’a pu me­ner son en­quête jus­qu’au bout. En même temps, il ne veut pas qu’on croie que l’en­quête a foi­ré, car c’est son ex­com­pagne (Olivia Bo­na­my) qui la me­nait. Il se sent pris entre deux feux… Mais, contrai­re­ment aux cli­chés, il ne vole pas non plus « au se­cours de l’hé­roïne » (Ju­lie de Bo­na) parce qu’il en est amou­reux. Ce rôle me per­met­tait d’al­ler plus loin, de cher­cher ma part de fé­mi­ni­té. Je suis un ac­teur as­sez ani­mal fi­na­le­ment. Quels sont les rôles qui vous at­tirent à pré­sent ?

Ceux aux­quels je crois. Je suis en­core un jeune chien, pas as­sez bon ac­teur pour jouer des per­son­nages aux­quels je ne crois pas. J’ai­me­rais tou­cher à la co­mé­die. J’ad­mire énor­mé­ment Be­noît Poel­voorde et Pierre Ri­chard. Mais c’est ce qu’il y a de plus dur à jouer. Il faut un rap­port à la mu­sique et au rythme que je n’ai pas. J’ai sur­tout l’oreille at­ten­tive aux si­lences. Et, quand je tra­vaille, je ne suis pas du genre à faire des blagues sur un pla­teau… Avez­vous un film fé­tiche ?

L’aven­ture, c’est l’aven­ture [de Le­louch, avec Ven­tu­ra et Brel, ndlr] ! Il y a tout de­dans. Je le re­garde au moins quatre fois par an, dès que j’ai un coup de blues. Et je l’offre à tout le monde.

Sa­ga­more Sté­ve­nin : « J’ai­me­rais tou­cher à la co­mé­die. Mais c’est ce qu’il y a de plus dur à jouer. Il faut un rap­port à la mu­sique et au rythme que je n’ai pas ».

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