Quatre ADN dé­cou­verts : l’af­faire re­lan­cée ?

Quatre em­preintes gé­né­tiques d’hommes ont été iso­lées sur les portes et un che­vron. Celle d’Omar Raddad n’y fi­gure pas. Pour au­tant le pro­cès en ré­vi­sion du jar­di­nier pa­raît en­core loin

Monaco-Matin - - La Une - CH­RIS­TOPHE PER­RIN chper­rin@ni­ce­ma­tin.fr

Omar Raddad, en par­tie gra­cié en 1996 par le pré­sident de la Ré­pu­blique de l’époque, Jacques Chi­rac, après sa condam­na­tion à 18 ans de ré­clu­sion pour le meurtre en 1991 de Ghis­laine Mar­chal à Mou­gins, es­père tou­jours un pro­cès en ré­vi­sion. Les pre­mières ana­lyses gé­né­tiques de­man­dées par son avo­cate Me Syl­vie Noa­cho­vitch au par­quet de Nice, dé­ten­teur des scel­lés, ne per­mettent ni d’in­cri­mi­ner ni de dis­cul­per le jar­di­nier. «Quatre ADN mas­cu­lins ont été re­trou­vés mé­lan­gés à ce­lui de Mme Mar­chal. Il res­sort que les em­preintes gé­né­tiques sur les portes et le che­vron ne cor­res­pondent pas aux em­preintes ni d’Omar Raddad ni des per­sonnes dé­si­gnées par Me Noa­cho­vitch», a in­di­qué hier, Jean-Michel Prêtre, le pro­cu­reur de la Ré­pu­blique de Nice.

De nom­breuses ma­ni­pu­la­tions

« Il reste dé­sor­mais à com­pa­rer ces ADN avec ceux du fi­chier na­tio­nal des em­preintes gé­né­tiques, a pour­sui­vi le ma­gis­trat. Sa­chant qu’on se heurte à des dif­fi­cul­tés ma­jeures: ces pièces à convic­tion ont été beau­coup ma­ni­pu­lées et pré­sen­tées à deux ju­ri­dic­tions... Autre pro­blème, on ne peut da­ter ces traces: im­pos­sible de sa­voir si elles sont an­té­rieures, contem­po­raines ou pos­té­rieures au crime.» En 2001, la Com­mis­sion de ré­vi­sion avait repris les conclu­sions de l’avocat gé­né­ral de la Cour de cas­sa­tion, Laurent Da­ve­nas qui sou­li­gnait dé­jà l’im­pos­si­bi­li­té de da­ter ces ADN mas­cu­lins. À l’époque du pro­cès, la cour et les ju­rés des as­sises des Alpes-Ma­ri­times igno­raient l’exis­tence de ces ADN sur la porte de la cave à vin, de la chauf­fe­rie ain­si que sur le che­vron. La com­mis­sion de ré­vi­sion avait tou­te­fois es­ti­mé que ces « élé­ments nou­veaux » n’étaient « pas de na­ture à faire naître un doute sur la culpa­bi­li­té du condam­né.» No­tam­ment en rai­son du manque de pré­cau­tion dans la ma­ni­pu­la­tion de ces pré­cieux scel­lés. Quinze ans après, mal­gré les pro­grès gi­gan­tesques de la po­lice scien­ti­fique, il reste à don­ner des noms à ces quatre ADN mas­cu­lins. La dé­fense d’Omar Raddad es­père qu’ils « mat­che­ront » avec les ADN du fi­chier na­tio­nal. Mais il est aus­si vrai­sem­blable qu’au­cune concor­dance n’ap­pa­raisse. Ces ADN, à ja­mais in­con­nus, sont peut-être ceux d’un huis­sier ou d’un en­quê­teur qui ont été ame­nés, un jour, à tou­cher ces pièces à convic­tion.

(Pho­to PQR/Le Pa­ri­sien/D. Gold­sz­te­jn)

Par­tiel­le­ment gra­cié par Jacques Chi­rac en , Omar Raddad n’a ja­mais été in­no­cen­té du meurtre de Ghis­laine Mar­chal. Ces nou­veaux élé­ments peuvent-ils re­lan­cer l’af­faire?

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