-Juillet : ren­forts pé­rennes dans les hô­pi­taux azu­réens

La mi­nistre de la San­té, Ma­ri­sol Tou­raine, an­nonce la créa­tion de vingt-quatre postes pour pour­suivre la prise en charge mé­di­co-psy­cho­lo­gique des vic­times de l’at­ten­tat de Nice

Monaco-Matin - - France - PRO­POS RE­CUEILLIS PAR NAN­CY CATTAN ncat­tan@ni­ce­ma­tin. fr

Dans une in­ter­view ex­clu­sive, la mi­nistre de la San­té, Ma­ri­sol Tou­raine an­nonce des ren­forts sup­plé­men­taires et pé­rennes pour ré­pondre aux be­soins ex­cep­tion­nels gé­né­rés par l’at­ten­tat du 14-Juillet à Nice. En­tre­tien.

Après le main­tien des ren­forts de la ré­serve sa­ni­taire à Pas­teur et Len­val, vous dé­ci­dez au­jourd’hui d’al­ler plus loin. Pour­quoi? Dans les heures qui ont sui­vi cet at­ten­tat odieux, j’ai été sur place, et j’ai ga­ran­ti la prise en charge fi­nan­cière des soins des bles­sés. J’ai aus­si or­ga­ni­sé l’ac­com­pa­gne­ment psy­cho­lo­gique des per­sonnes trau­ma­ti­sées, à tra­vers les CUMPS [Cel­lules d’ur­gence mé­di­co-psy­cho­lo­giques, ndlr]. Plus de trois mille cinq cents per­sonnes ont bé­né­fi­cié de ce dis­po­si­tif. Mais ce type de prise en charge ex­cep­tion­nelle doit évo­luer vers un ac­com­pa­gne­ment au long cours. C’est pour­quoi nous avons mis en place, de­puis plu­sieurs se­maines dé­jà, un nou­veau dis­po­si­tif d’ac­com­pa­gne­ment, qui re­pose sur les hô­pi­taux :   per­sonnes en ont bé­né­fi­cié. Les équipes de psy­chiatres et psy­cho­logues ont beau­coup don­né, elles ont été re­mar­quables dans la prise en charge des vic­times. Elles ont be­soin d’être re­con­nues et confor­tées ; c’est le sens de ma dé­ci­sion de ren­for­cer le per­son­nel. Dans les Alpes-Ma­ri­times, « il n’y a pas de po­li­tique de ré­duc­tion des lits en psy­chia­trie, pas plus que dans d’autres sec­teurs », a te­nu à nous ré­af­fir­mer Ma­ri­sol Tou­raine.

Quelles me­sures concrètes ? Pour per­mettre aux hô­pi­taux des Alpes-Ma­ri­times d’as­su­rer l’ac­com­pa­gne­ment psy­cho­lo­gique des per­sonnes trau­ma­ti­sées dans la du­rée, j’ai dé­ci­dé de créer de nou­veaux postes : vingt-quatre pro­fes­sion­nels vont ve­nir

ren­for­cer les équipes de quatre éta­blis­se­ments : le CHU Pas­teur et le CH Sainte-Ma­rie pour la prise en charge des adultes, Len­val et l’hô­pi­tal d’An­tibes pour les en­fants et les ado­les­cents : ce­la re­pré­sente un en­ga­ge­ment financier de un mil­lion quatre cent mille eu­ros pour l’an­née. La liste des pro­fes­sion­nels, com­pre­nant des mé­de­cins, des psy­chiatres, des psy­cho­logues, des in­fir­miers, des édu­ca­teurs et des agents ad­mi­nis­tra­tifs a été éta­blie sur la base des be­soins ex­pri­més par chaque éta­blis­se­ment. Ce n’est pas une ap­pré­cia­tion de­puis Pa­ris. En at­ten­dant les re­cru­te­ments dé­fi­ni­tifs, le ren­fort mis en place le mois der­nier pour les hô­pi­taux Pas­teur et Len­val, se­ra pro­lon­gé.

Ces vingt-quatre postes créés se­ront-ils pé­rennes ? Oui. Nous sa­vons que l’ac­com­pa­gne­ment doit être du­rable. Notre ob­jec­tif, j’insiste, c’est de mettre en place un dis­po­si­tif d’ac­com­pa­gne­ment psy­cho­lo­gique ro­buste. Parce que les per­sonnes trau­ma­ti­sées doivent être sé­cu­ri­sées dans leur trai­te­ment. Elles ne doivent pas s’in­quié­ter que leur mé­de­cin, leur psy­cho­logue ne se­ra plus là dans quinze jours ou deux mois. C’est ce que nous de­vons aux vic­times de cet at­ten­tat odieux. Vous an­non­cez des ren­forts en per­son­nel, alors que des ru­meurs cir­culent au­tour d’une ré­duc­tion des moyens pour la psy­chia­trie hos­pi­ta­lière dans les Alpes-Ma­ri­times. Ce­la ne cor­res­pond à au­cune réa­li­té. Non seule­ment je viens ajou­ter des moyens, mais il n’y avait au­cune ré­duc­tion des moyens pré­vue. Je re­grette que la di­rec­tion du CH Sainte-Ma­rie ait af­fir­mé que l’éta­blis­se­ment al­lait perdre des effectifs en nombre im­por­tant, alors que c’est faux. Les ha­bi­tants et les pa­tients n’ont pas à craindre une ré­duc­tion de la prise en charge. Au contraire, le sché­ma dé­par­te­men­tal pré­voit un ren­for­ce­ment des moyens pour la psy­chia­trie dans les Al­pesMa­ri­times.

Faut-il néan­moins s’at­tendre à une ré­duc­tion des lits en psy­chia­trie? Il n’y a pas de po­li­tique dont l’ob­jec­tif se­rait la ré­duc­tion des lits en psy­chia­trie, pas plus que dans d’autres sec­teurs. Nous va­lo­ri­sons les re­la­tions entre la ville et l’hô­pi­tal et nous fai­sons en sorte que les per­sonnes qui doivent être ac­cueillies à l’hô­pi­tal puissent l’être et que les per­sonnes qui peuvent être sui­vies en ville le soient éga­le­ment.

Vingt-quatre pro­fes­sion­nels, c’est pré­cis … Les hô­pi­taux doivent re­cru­ter. Ce­la peut prendre un peu de temps…

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