«Iles­toù,iles­toù?»

Hier, c’était mer­cre­di et le mer­cre­di, c’est le jour des en­fants. A quelques heures de la ré­cep­tion de Lyon, le Gym, lea­der du cham­pion­nat, et Ma­rio Ba­lo­tel­li at­tirent de plus en plus les re­gards

Monaco-Matin - - Sports - VINCENT MENICHINI (AVEC W.H.)

ANice, tout change, sauf la mi­nus­cule salle de presse qui jouxte le cou­loir me­nant à la pe­louse du centre d’en­traî­ne­ment. Hier après-mi­di, il y avait foule, une di­zaine de ca­mé­ras ali­gnées face à Ri­car­do et Lu­cien Favre qui se sont suc­cé­dé sur le fau­teuil avec beau­coup de calme et de cer­ti­tudes au mo­ment d’évo­quer ce Nice - Lyon, som­met de la 9e jour­née de la Ligue 1. « On veut être là-haut le plus long­temps pos­sible », a dit le la­té­ral por­tu­gais. Là-haut, c’est tout là­haut, ce qui ne donne pas le ver­tige au tech­ni­cien suisse qui a tou­jours le sens de la me­sure. « On ne pense qu’au jeu. On n’est pas là à se dire : “si on bat Lyon, on les met à dix points”, etc... Ça ne fait que trois mois que je suis là, il y a en­core beau­coup de choses à amé­lio­rer. »

De “Su­per Ma­rio” à Dark Va­dor

Or, en cham­pion­nat, la réus­site est là et elle per­met, entre autres, aux Ni­çois de croire en leur bonne étoile. Avec vingt points en huit jour­nées, ils surfent sur une dy­na­mique folle et his­to­rique. Mieux, au­cun club n’a ter­mi­né au-de­là de la deuxième place avec un tel to­tal à l’au­tomne, ce que Favre a évi­dem­ment te­nu à nuan­cer, conscient que son équipe n’était pas en­core taillée pour ri­va­li­ser avec Pa­ris, Mo­na­co ou en­core Lyon. « Les sta­tis­tiques, c’est

par­fois n’im­porte quoi, a-t-il lâ­ché. Il faut, no­tam­ment, se de­man­der quels étaient les clubs qui avaient réa­li­sé un tel par­cours avant nous... » Avec le Gym sur le toit de la Ligue 1, avec Bel­han­da et Dante, avec Ma­rio Ba­lo­tel­li qui dé­barque en Dark Va­dor,

la ca­puche sur la tête et les lu­nettes de so­leil - sans so­leil - sur le nez, on ne re­con­naît plus Charles-Ehr­mann, son vent ci­saillant et ses quatre fi­dèles qui se bat­taient pour ser­rer la pince d’un joueur dont la ré­pu­ta­tion avait du mal à dé­pas­ser

la fron­tière du Var. On re­pense, alors, à une phrase d’un Ai­glon en­vo­lé vers d’autres cieux. « Les douches sont tou­jours aus­si pour­ries, le ves­tiaire aus­si, mais main­te­nant, il y a Ba­lo­tel­li au mi­lieu de tout ça. » En mi­sant sur l’Ita­lien, il ne

fal­lait pas ima­gi­ner se pa­va­ner à l’abri des re­gards. Oui, en l’es­pace de quelques se­maines, Nice a chan­gé de monde et Charles-Ehr­mann est de­ve­nu le nou­vel en­droit à la mode sur la Côte. Quand “Su­per Ma­rio” dé­barque, le temps s’ar­rête. « C’est bien pour nous. Avec lui, on est plus tranquille, s’amuse Ri­car­do. On le laisse pas­ser et en­suite c’est très calme. »

Rat­tra­pé par la “pa­trouille”

Pour échap­per à la fo­lie am­biante, Ba­lo­tel­li a trou­vé la pa­rade. Il s’ex­filtre du ves­tiaire par une porte dé­ro­bée, mais ne re­fuse ja­mais de prendre la pose ou de si­gner un au­to­graphe si un ga­min ou autre lève le lièvre. Tant pis pour ceux qui pié­tinent à la sor­tie du ves­tiaire à coups de « Il est où, il est où ? » Hier, “Su­per Ma­rio” a pri­vi­lé­gié le tra­vail en salle au ten­nis-bal­lon. Au bord du ter­rain, un jour­na­liste nor­vé­gien et un ca­mé­ra­man au­tri­chien ont long­temps es­pé­ré qu’il pointe le bout de son nez. Ils ont dû se conten­ter des acro­ba­ties de Bos­ca­gli. Ça n’a pas le même écho, mais c’est tout aus­si beau à voir...

(Pho­to Jean-Fran­çois Ot­to­nel­lo)

Ces der­niers temps, c’est la foule des grands jours du cô­té de Charles-Ehr­mann. L’ar­ri­vée de Ma­rio Ba­lo­tel­li n’est pas étran­gère à ce nou­veau phé­no­mène.

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