Har­ry Pot­ter: le sor­cier est de re­tour cette nuit!

Les fans du cé­lèbre sor­cier bri­tan­nique sont ra­vis: il re­vient pour une hui­tième aven­ture. C’est une pièce de théâtre cette fois-ci. Le livre se­ra dis­po­nible de­main ma­tin en France

Monaco-Matin - - L’événement - ALAIN MAESTRACCI amaes­trac­ci@ni­ce­ma­tin.fr

Et dire que de nom­breux édi­teurs ont re­fu­sé le ma­nus­crit du pre­mier livre d’Har­ry Pot­ter! Comme ils doivent se mau­dire, puisque voi­ci le hui­tième tome des aven­tures du sor­cier le plus connu du monde. Dé­jà pa­ru au Royau­meU­ni, le livre sort la nuit pro­chaine en France. Donc de­main ma­tin chez votre li­braire, vous dé­cou­vri­rez que ces nou­velles aven­tures sont pro­po­sées sous forme de pièce de théâtre. Avec Jean-Fran­çois Ménard, tra­duc­teur de l’oeuvre de J.K. Row­ling de­puis le pre­mier tome, nous al­lons es­sayer d’en sa­voir plus sur cet uni­vers ma­gique au suc­cès phé­no­mé­nal. Pour lui, ce suc­cès « ne s’ex­plique pas ». « C’est for­mi­dable parce que j’aime bien les choses un peu mys­té­rieuses. Alors que c’est un livre ty­pi­que­ment bri­tan­nique, il a eu un suc­cès dans le monde en­tier car il parle à tout le monde, mais il ne faut sur­tout pas es­sayer d’ex­pli­quer les rai­sons de ce suc­cès car ce­la donne du rêve… ».

C’est la hui­tième aven­ture d’Har­ry Pot­ter, J. K. Row­ling avait en­core des choses à ra­con­ter? Elle a énor­mé­ment de choses à ra­con­ter sur Har­ry Pot­ter car elle a créé tout un uni­vers dans le­quel il peut se pas­ser beau­coup de choses. Et là vrai­ment, dans cette pièce de théâtre, il s’en passe beau­coup.

Alors jus­te­ment de quoi s’agit-il cette fois-ci? C’est une pièce qui re­prend la fin du sep­tième vo­lume où il y avait un épi­logue qui se pas­sait dix-neuf ans plus tard et où on fai­sait la connais­sance, très ra­pide, de nou­veaux per­son­nages: les en­fants d’Har­ry Pot­ter, Her­mione, Ron… et donc on dé­couvre cette fois-ci la nou­velle gé­né­ra­tion de l’uni­vers Har­ry Pot­ter: tous sont évi­dem­ment des sor­ciers eux aus­si qui, comme tous les sor­ciers bri­tan­niques, vont à Poud­lard. Pour­quoi J. K. Row­ling a-t-elle choi­si une pièce de théâtre pour nous ra­con­ter la suite? Une pièce de théâtre n’ef­face-t-elle pas la ma­gie de l’his­toire? Non, au contraire. J’ai as­sis­té à une re­pré­sen­ta­tion à Londres de la pièce [N.D.L.R.: la pièce af­fiche com­plet jus­qu’à fin !] et je peux vous dire que la ma­gie est bien pré­sente, elle est même éblouis­sante. Je crois que c’est in­té­res­sant d’être pas­sé du ro­man au théâtre car c’est une autre fa­çon de faire vivre les per­son­nages: sur scène il y a des ef­fets spé­ciaux ab­so­lu­ment éton­nants, les ac­teurs de­viennent par­fois des acro­bates. C’est un spec­tacle ex­tra­or­di­naire. On entre toute de suite en plein dans l’ac­tion et je di­rais que c’est une grande ou­ver­ture d’avoir fait une pièce de théâtre…

On est sur­pris de cette suite car J. K. Row­ling avait dit qu’elle n’en fe­rait pas… Dès le dé­part, quand elle a écrit le pre­mier vo­lume, elle sa­vait où elle al­lait: elle avait dé­jà écrit le der­nier cha­pitre du der­nier vo­lume, donc elle avait tout son plan en tête. Et puis l’idée d’une pièce de théâtre est née je ne sais com­ment mais ce­la lui a ou­vert de nou­veaux ho­ri­zons. On a ain­si chan­gé de gé­né­ra­tion de sor­ciers mais aus­si on voit com­ment ont évo­lué les hé­ros et com­ment ils vivent à  ans.

Cette nou­velle gé­né­ra­tion a-t-elle plus de pou­voirs que leurs pa­rents? Non. Il y en a des plus ou moins doués et des plus ou moins studieux. On re­trouve la même am­biance à Poud­lard.

Pen­sez-vous qu’il y au­ra un neu­vième tome? Ah ça, je n’en sais rien. Di­sons que quand on li­sait l’épi­logue du sep­tième tome, il était lo­gique qu’il y ait une suite. Il y avait des nou­veaux per­son­nages que l’on sen­tait bien pré­sents et on se di­sait que ce se­rait dom­mage de ne pas uti­li­ser ces per­son­nages pour une suite.

Et vous, vous n’êtes pas las­sé de tra­duire Har­ry Pot­ter? Je ne vois pas com­ment je pour­rais en avoir as­sez. A chaque fois, c’est une nou­velle aven­ture, c’est très amu­sant, c’est for­mi­dable. Non, au contraire, je me prends au jeu.

Ces mots, ces noms c’est vous qui les in­ven­tez pour la ver­sion fran­çaise? Oui il y a de tout au ni­veau des mots: des Fran­çais comme Vol­de­mort qui existe dans la ver­sion ori­gi­nale, il y a des mots la­tins, gaé­liques… Bien sou­vent les mots in­ven­tés par J. K. Row­ling ont une vraie ra­cine. Donc j’es­saye de re­créer son che­mi­ne­ment et de re­prendre la même chose en fran­çais pour ar­ri­ver à un mot qui soit équi­valent avec des ra­cines com­munes au mot d’ori­gine an­glais.

Vous qui tra­vaillez à Pa­ris, quel est votre moyen de lo­co­mo­tion: taxi, Uber ou Nim­bus ? Euh… Nim­bus , c’est quoi?

Le ba­lai d’Har­ry… Ah oui c’est vrai j’ai cru que c’était une nou­velle com­pa­gnie de taxi (il rit de bon coeur). Ah vous m’avez eu! Non mais je me dé­place avec un éclair de feu, c’est vrai­ment plus pra­tique. Nim­bus c’est une marque qui ne me convient pas trop!

Har­ry Pot­ter et l’en­fant mau­dit de J.K. Row­ling avec JohnTif­fa­nyetJa­ckT­horne.Édi­tionsGal­li­mard­jeu­nesse. Prix : 21 €.

Quand on a lu l’épi­logue du sep­tième tome, il était lo­gique qu’il y ait une suite puis­qu’il y avait de nou­veaux per­son­nages”

(DR)

Jean-Fran­çois Ménard, écri­vain, est le tra­duc­teur at­ti­tré en fran­çais de toutes les aven­tures d’Har­ry Pot­ter.

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