Il ter­ri­fiait épouse et en­fants: dix-huit mois avec sur­sis

Monaco-Matin - - Monaco - JEAN-MA­RIE FIORUCCI

Le tri­bu­nal cor­rec­tion­nel a ren­du son dé­li­bé­ré dans une ef­froyable af­faire de vio­lences fa­mi­liales (Mo­na­coMa­tin du ven­dre­di 16 sep­tembre). Les juges ont condam­né un piz­zaïo­lo de 32 ans à dix-huit mois de pri­son avec sur­sis, li­ber­té d’épreuve pen­dant trois ans, obli­ga­tion de soins et au ver­se­ment d’une somme de 2000 pour cha­cune des trois vic­times.

Hé­ma­tomes

Le pré­ve­nu avait com­pa­ru pour vio­lences et voies de fait sur conjoint et en­fants vi­vant sous le même toit, en l’oc­cur­rence sa fille et sa belle-fille. À l’époque, en 2012, la ges­tion des dis­putes, des crises et de la co­lère à ou­trance au sein de la cel­lule fa­mi­liale va cres­cen­do. Elle va vite se trans­for­mer en vio­lences ver­bales et cor­po­relles. Au point de ter­ro­ri­ser com­pagne et fillettes par une suc­ces­sion de mau­vais trai­te­ments. L’af­faire ap­pa­raî­tra au grand jour en fé­vrier 2014, quand une des ga­mines évoque Ef­froyable af­faire de vio­lence fa­mi­liale que celle ju­gée par le tri­bu­nal cor­rec­tion­nel de Mo­na­co.

son cal­vaire dans l’éta­blis­se­ment sco­laire fré­quen­té. Aus­si­tôt, l’école sai­sit la DAAS et la concu­bine avoue­ra les bru­ta­li­tés du père. À l’au­dience, ce Fran­çais ré­si­dant en Prin­ci­pau­té joue­ra sur les maux en men­tion­nant de simples bous­cu­lades

et en­gueu­lades. Jus­qu’à preuve du contraire, les vio­lences ver­bales n’ont ja­mais lais­sé de traces sur le corps ! Pour­quoi ses filles portent-elles des hé­ma­tomes aux coudes et dans le dos ? Le pré­ve­nu re­con­naî­tra des in­ti­mi­da­tions en guise de cor­rec­tions. Mais il contes­te­ra coups et ava­nies.

«Des­truc­tion d’en­fants»

Pour sa dé­fense, le tor­tion­naire met­tra en pa­ral­lèle son pas­sé. Une en­fance cou­plée avec un beau-père iras­cible et une grand-mère au­to­ri­taire, dis­tri­buant à la vo­lée coups de poing, de cein­ture, de cra­vache et autres châ­ti­ments. Et aujourd’hui ? Même l’ex-com­pagne ne croit plus à son chan­ge­ment. Son conseil par­le­ra de «des­truc­tion d’en­fants». Car les fillettes ont peur de re­voir leur père au point de « se pis­ser des­sus quand on en parle». La dé­fense ten­te­ra de trans­for­mer ce bour­reau de fa­mille en homme sou­mis et une femme bat­tue en « por­teuse de cu­lotte». Er­reur de cas­ting ? Non, pour le mi­nis­tère pu­blic, qui re­quer­ra pour ces faits in­sup­por­tables douze mois d’em­pri­son­ne­ment avec sur­sis. Non, en­fin, pour les juges qui ont alour­di la peine.

(Pho­to M.A.)

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