La­combe - Houl­lier, une longue ini­mi­tié

Leurs prises de bec par mé­dias in­ter­po­sés ont sur­pris, juste avant le choc à Nice

Monaco-Matin - - Sports -

D’ha­bi­tude, avant un choc comme Nice-Lyon, les ad­ver­saires se chauffent par presse in­ter­po­sée. Là, c’est à l’in­té­rieur d’un même club, l’OL, que deux conseillers, Gé­rard Houl­lier et Ber­nard La­combe, se sont fric­tion­nés. Leur boss Jean-Mi­chel Au­las a même dû sif­fler la fin d’un match, com­men­cé il y a long­temps sur fond de lutte d’in­fluence sur le re­cru­te­ment. Flash-back. « Vous sa­vez, ici, je ne suis pas sûr que je pour­rais avoir mon mot à dire sur l’ac­qui­si­tion d’une pou­belle », avait dit Houl­lier, alors en­traî­neur de l’OL (2005-2007, 2 titres de cham­pion), le 17 dé­cembre 2006. La raison de cette sor­tie à l’époque ? Le sou­hait du tech­ni­cien, an­cien ma­na­ger gé­né­ral de Li­ver­pool où il s’oc­cu­pait du coa­ching et aus­si du re­cru­te­ment, d’en­ga­ger un at­ta­quant sup­plé­men­taire, avant d’être re­ca­dré par La­combe, conseiller de Jean-Mi­chel Au­las. « Il n’est donc pas né­ces­saire de re­cru­ter un joueur au­quel il fau­dra du temps pour s’ac­cli­ma­ter. Et puis, je ne suis pas par­ti­san de ces chan­ge­ments », avait ré­tor­qué il y a dix ans l’an­cien avant-centre in­ter­na­tio­nal, éga­le­ment pas­sé au poste d’en­traî­neur (oc­tobre 1996-2000). La­combe es­time que ceux qui n’ont pas joué au haut ni­veau n’ont pas de lé­gi­ti­mi­té pour être en­traî­neur pro­fes­sion­nel, en­core moins s’ils viennent em­pié­ter sur son pré car­ré. Or, à Lyon, les trans­ferts sont l’apa­nage de Jean-Mi­chel Au­las et Ber­nard La­combe. Du coup, Gé­rard Houl­lier, dé­çu de ne pas avoir plus de pou­voirs, était par­ti en juin 2007 alors qu’il lui res­tait un an de contrat. Houl­lier, pour­tant, est re­ve­nu col­la­bo­rer avec l’OL cet été en tant que ‘‘conseiller ex­té­rieur en ma­tière spor­tive’’. Et les pe­tites phrases sont re­ve­nues.

« Prof d’an­glais plus qu’un foot­bal­leur »

« Il est plus un pro­fes­seur d’an­glais qu’un foot­bal­leur », a ain­si lan­cé Ber­nard La­combe (64 ans) dans le jour­nal Le Pro­grès mer­cre­di, après avoir fait, dans un pre­mier temps, la sourde oreille à des propos acides te­nus sur RMC par Houl­lier (69 ans) la se­maine pas­sée. Cette fois-ci, c’est l’échec du re­cru te­ment de l’at­ta­quant Em­ma­nuel Ade­bayor, en sep­tembre, qui a mis le feu aux poudres. Le To­go­lais, pro­po­sé par Houl­lier pour être une dou­blure à Alexandre La­ca­zette, a été re­fu­sé par l’en­traî­neur Bru­no Ge­ne­sio. Ge­ne­sio est l’un des fils spi­ri­tuels de La­combe tout comme le re­cru­teur, Flo­rian Mau­rice. Tous sont Lyon­nais d’ori­gine. Houl­lier, lui, vient du Pas-de-Ca­lais. « Je suis mal pla­cé pour dire que c’est une er­reur », avait glis­sé Houl­lier sug­gé­rant évi­dem­ment que c’en était une, au su­jet de l’ar­ri­vée avor­tée d’Ade­bayor. Avant d’en­voyer La­combe vers l’ar­moire à sou­ve­nirs... « Il n’y a pas de pro­blème avec Ber­nard. On se connaît de­puis long­temps. Je crois qu’il a vou­lu prendre du re­cul. Il s’oc­cupe des lé­gendes, des an­ciens du club. Il a trop d’an­nées au club pour l’écar­ter », avait per­fi­de­ment lan­cé Houl­lier sur RMC.

Au­las : « J’adore Ber­nard, je vé­nère Gé­rard »

Au re­gard des re­la­tions an­té­rieures entre les deux hommes, l’an­nonce ini­tiale faite l’hi­ver der­nier, de vou­loir nom­mer l’an­cien sé­lec­tion­neur na­tio­nal (1992-1993) comme ma­na­ger gé­né­ral de l’OL, en avait éton­né plus d’un. D’au­tant plus qu’au club, Jean-Mi­chel Au­las tient dé­jà ce rôle par son om­ni­po­tence. L’homme fort de l’Olym­pique lyon­nais, feint de ne pas voir ou en­tendre la dis­pute entre ses conseillers, qui est tout sauf une sur­prise, mais pa­raît pen­cher pour Houl­lier. « Il n’y a pas grand chose. Ça m’énerve un peu. Ce qui compte c’est l’ins­ti­tu­tion. Je pense qu’il n’y a rien eu, mais s’il y a eu, il faut que s’ar­rête. J’ai sif­flé la fin de la ré­créa­tion » ,a confié JMA sur OL TV. « J’adore Ber­nard, je vé­nère Gé­rard », a ajou­té le pré­sident. Et s’il faut choi­sir ? « C’est dé­jà choi­si. Le fait que Gé­rard soit re­ve­nu montre le sens de l’his­toire et on n’a pas de­man­dé à Ber­nard de par­tir », a-t-il sou­pe­sé. « Ber­nard vit sa vie avec tous ses amis qui sont pré­sents tout le temps, même quand il ne fau­drait pas. Gé­rard Houl­lier est le pa­tron tech­nique, on l’a fait ve­nir pour ça », a conclu Jean-Mi­chel Au­las. Houl­lier 1 - La­combe 0 ?

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