À la une

A 25 ans, Ni­na, po­ly­tech­ni­cienne et doc­to­rante à l’Inria à So­phia An­ti­po­lis a re­çu la pres­ti­gieuse Bourse L’Oréal-Unes­co pour les Femmes et la Science

Monaco-Matin - - Monde - NAN­CY CATTAN ncat­tan@ni­ce­ma­tin.fr

Ni­na Mio­lane, 25 ans, in­gé­nieur de Po­ly­tech­nique, dix an­nées d’études, 1600 eu­ros brut par mois, et une pas­sion dé­vo­rante pour la re­cherche. Ré­ci­pien­daire du prix L’Oréal, la jeune et jo­lie doc­to­rante à l’Inria à So­phia An­ti­po­lis, ré­sume – avec beau­coup de bien­veillance à l’égard des néo­phytes! – ses tra­vaux. «L’ob­jec­tif est de créer un mo­dèle nu­mé­rique de cerveau hu­main, à par­tir de don­nées is­sues de mil­liers d’images IRM. Ce mo­dèle pour­ra ser­vir de ré­fé­rence pour diag­nos­ti­quer à un stade très pré­coce, pré­symp­to­ma­tique, des ma­la­dies neu­ro­dé­gé­né­ra­tives comme Alz­hei­mer.» Rap­pe­lons en ef­fet qu’au­jourd’hui le diag­nos­tic des ma­la­dies neu­ro­dé­gé­né­ra­tives est es­sen­tiel­le­ment cli­nique, et seul l’exa­men cé­ré­bral post-mor­tem peut en ap­por­ter la cer­ti­tude.

Une nou­velle théo­rie des sta­tis­tiques

Ce gé­nie des ma­thé­ma­tiques est ain­si al­lé au bout de la pre­mière étape de son pro­jet: construire une image nu­mé­rique du cerveau sain. «Faire des moyennes d’images tri­di­men­sion­nelles de cerveau prend bien une thèse!» s’amuse-t-elle. Et on la croit. Grâce à l’ou­til qu’elle a créé, on peut dé­jà ima­gi­ner que de­main, «quand un nou­veau pa­tient ar­ri­ve­ra à l’hô­pi­tal, on pour­ra faire un IRM de son cerveau, et en ex­traire une image tri­di­men­sion­nelle; l’or­di­na­teur com­pa­re­ra alors l’image du pa­tient avec le mo­dèle nu­mé­rique; si elle ap­pa­raît trop dif­fé­rente, on pour­ra en dé­duire que le pa­tient est pro­ba­ble­ment at­teint d’une ma­la­die neu­ro­dé­gé­né­ra­tive.» Pro­chaine étape: pas­ser au cerveau ma­lade, par com­pa­rai­son: «L’étude qu’on a réa­li­sée sur un cerveau sain, on pour­ra la trans­po­ser à des or­ganes ma­lades: quel est le cerveau ty­pique d’un ma­lade d’Alz­hei­mer, de Par­kin­son etc.?» Convoi­tée par des mas­to­dontes comme Google ou Fa­ce­book, la jeune femme, qui a éla­bo­ré une nou­velle théo­rie des sta­tis­tiques – ex­cu­sez du peu! – n’a pas suc­com­bé au chant des si­rènes. Dès sa thèse en poche, en dé­cembre pro­chain, elle

s’en­vo­le­ra pour la Ca­li­for­nie. Ob­jec­tif: al­ler en­core plus loin dans ses re­cherches sur le cerveau. «À cô­té de mon post-doc à Stan­ford, je don­ne­rai des cours de ma­thé­ma­tiques…» His­toire d’ar­ron­dir les fins de mois. Alors qu’elle pour­rait ga­gner plu­sieurs mil­liers de dol­lars par mois, en met­tant son in­tel­li­gence bien réelle au ser­vice d’une in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle, mais bien moins ver­tueuse!

(DR)

Pas­sion­née par les ap­pli­ca­tions so­cié­tales des ma­thé­ma­tiques, Ni­na Mio­lane a fait trois ans de cal­culs pour créer «son» cerveau.

Newspapers in French

Newspapers from Monaco

© PressReader. All rights reserved.