Utile

Monaco-Matin - - 14-juillet L’hommage National - de De­nis Car­reaux Di­rec­teur des ré­dac­tions

C’était beau, c’était dur. En­tendre égre­ner len­te­ment les noms, pré­noms, âges des  vic­times, voir un par un ces ly­céens, une rose blanche à la main, s’avan­cer dans le si­lence re­cueilli de la col­line du Châ­teau. C’était dur, c’était beau. C’était utile aus­si, comme l’a si bien chan­té Ju­lien Clerc, dé­clen­chant une vague d’émo­tion et un tor­rent de larmes sous le ciel azur de ce bout de pa­ra­dis ni­çois. Utile car la ville, meur­trie, l’at­ten­dait de­puis trop long­temps, cet hom­mage de la Na­tion. S’il est ar­ri­vé tar­di­ve­ment, trois mois et un jour après la nuit d’hor­reur du -Juillet, s’il a été ré­ser­vé aux vic­times et aux of­fi­ciels – ce que cer­tains Ni­çois dé­plorent –, il s’est dé­rou­lé dans la di­gni­té et sans fausse note. Ef­fa­çant les images af­fli­geantes des sif­flets et des huées de la mi­nute de si­lence sur la pro­me­nade des An­glais le  juillet, l’hom­mage d’hier a ap­por­té l’uni­té na­tio­nale qui a fait si sou­vent dé­faut de­puis trois mois. C’était utile, c’était im­por­tant pour les vic­times et leurs fa­milles. En ayant un mot pour tout le monde, vic­times, bles­sés en­core hos­pi­ta­li­sés, se­cours, hé­ros ; en pre­nant soin de ci­ter Ch­ris­tian Es­tro­si, Fran­çois Hol­lande, so­bre­ment ap­plau­di par les fa­milles à l’is­sue de son dis­cours, a su prendre la hau­teur né­ces­saire. Sou­hai­tons que la re­cherche de la vé­ri­té, évo­quée par le Pré­sident, se fasse dans le même es­prit. Les vic­times et les Ni­çois at­tendent tou­jours des ré­ponses claires sur les cir­cons­tances pré­cises du drame et les res­pon­sa­bi­li­tés. L’Etat, qui s’est mon­tré à la hau­teur hier, les leur doit.

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