Si­gné Ro­se­lyne

Monaco-Matin - - France -

Lun­di

Le deuxième dé­bat de l’élec­tion pré­si­den­tielle amé­ri­caine a te­nu toutes ses pro­messes. On pou­vait pen­ser qu’après le pre­mier, il se­rait dif­fi­cile d’al­ler plus loin dans la fange et l’igno­mi­nie. Eh bien si ! Il est urgent que l’Amé­rique se dé­bar­rasse – po­li­ti­que­ment s’en­tend – de Do­nald Trump un his­trion mal­fai­sant qui la désho­nore. Vi­ve­ment le  no­vembre qu’on en fi­nisse, du moins es­pé­ronsle.

Mer­cre­di

Si plu­tôt que de contem­pler nos po­li­tiques pleur­ni­chant à la lu­mière trem­blo­tante des bou­gies sur fond de mu­sique si­ru­peuse, on s’oc­cu­pait de choses vrai­ment sé­rieuses ? Dans l’in­dif­fé­rence gé­né­rale, le co­mi­té d’alerte char­gé de suivre le res­pect de l’On­dam (Ob­jec­tif na­tio­nal des dé­penses d’as­su­rance ma­la­die), rend, ce  oc­tobre, un avis cin­glant pour le gou­ver­ne­ment. En ef­fet, ce­lui-ci est te­nu, dans le cadre de la loi de fi­nan­ce­ment de la Sé­cu­ri­té so­ciale, de fixer un taux d’évo­lu­tion de ces dé­penses et d’in­di­quer les moyens pour y par­ve­nir. Si la dé­rive de ce taux est su­pé­rieure de , % à ce­lui an­non­cé, le co­mi­té sonne l’alerte et somme le pou­voir de pro­cé­der aux éco­no­mies né­ces­saires. Sauf pour les mé­di­ca­ments, les évo­lu­tions at­ten­dues mettent en pièces les an­nonces op­ti­mistes du gou­ver­ne­ment qui chif­frait l’On­dam  à , % et à,  % en . Avec de tels chiffres, im­pos­sible de fi­nan­cer les aug­men­ta­tions pro­mises de re­va­lo­ri­sa­tion des consul­ta­tions mé­di­cales et du per­son­nel hos­pi­ta­lier ; ain­si l’an­née pro­chaine, les dé­penses de mé­de­cine de ville de­vraient aug­men­ter de , % et l’hô­pi­tal de  % ! Il fau­dra donc que Ma­ri­sol Tou­raine ef­fec­tue un sé­rieux ser­rage de vis alors que le co­mi­té d’alerte dé­nonce clai­re­ment les éco­no­mies dé­jà pré­vues pour  comme un ma­quillage comp­table de ré­af­fec­ta­tion de re­cettes et de dé­penses. Cette af­faire est un coup de se­monce pour tous les can­di­dats à l’élec­tion pré­si­den­tielle que l’on ne sent pas vrai­ment

pres­sés d’an­non­cer leurs in­ten­tions sur ce su­jet. Quant à Fran­çois Hol­lande, les ga­zettes as­surent qu’il vou­lait faire de la « réus­site » de sa ges­tion des dé­penses de san­té un ar­gu­ment pour sa fu­ture cam­pagne élec­to­rale. Ca­ram­ba, en­core ra­té…

Jeu­di

Chers lec­teurs, j’au­rais vou­lu ne pas par­ler du livre de Gé­rard Da­vet et Fa­brice Lhomme Un pré­sident ne de­vrait pas dire ça… mais le cham­bard mé­dia­tique rend cette es­co­bar­de­rie im­pos­sible. Les hommes po­li­tiques sont scru­tés par les jour­na­listes, les écri­vains, les his­to­riens, les phi­lo­sophes et tous les ex­perts en sciences so­ciales. Le moins que l’on puisse dire est que la prin­ci­pale ca­rac­té­ris­tique de ces ob­ser­va­teurs n’est pas la bien­veillance et que bien sou­vent, la mé­chan­ce­té et la fal­si­fi­ca­tion sont confon­dues avec la re­cherche ob­jec­tive de la vé­ri­té. Il est com­pré­hen­sible alors qu’un gou­ver­nant tienne à ce qu’un mé­mo­ria­liste scru­pu­leux puisse être in­vi­té à dé­cou­vrir les mé­ca­nismes de l’éla­bo­ra­tion de la dé­ci­sion po­li­tique, tra­vail qui contre­ba­lan­ce­ra uti­le­ment cer­taines ana­lyses sou­vent ba­sées sur des ra­gots ou des a prio­ri. Le fait d’ac­cor­der dans ce cadre une soixan­taine d’en­tre­tiens n’a rien de cho­quant non plus, après tout ce­la re­pré­sente un

ren­dez-vous par mois, ce qui n’est pas de na­ture à per­tur­ber un agen­da pré­si­den­tiel, quoi­qu’en pense cer­tains ai­gris. Non, ce qui ap­pa­raît abra­ca­da­bran­tesque dans cette his­toire est la naï­ve­té égo­tique de Fran­çois Hol­lande à la­quelle ré­pond le cy­nisme car­nas­sier des au­teurs. Comment le pré­sident de la Ré­pu­blique pou­vait-il igno­rer qu’en po­li­tique, si on veut un ami, il vaut mieux s’ache­ter un chien et que les bé­né­fi­ciaires des confi­dences des puis­sants ne re­noncent à faire de l’ar­gent avec celles-ci que mus par un sens de l’Etat su­pé­rieur ou un dé­voue­ment sa­cri­fi­ciel ? Il eut fal­lu alors qu’un contrat en bonne et due forme lie les deux par­ties por­tant sur la re­lec­ture obli­ga­toire, la confi­den­tia­li­té ab­so­lue exi­gée sur les éléments éven­tuel­le­ment sup­pri­més et la pu­bli­ca­tion pos­té­rieure à la fin du ou des man­dats. Rien de tout ce­la. Vous al­lez me prendre pour une mi­di­nette, mais je res­sens sur­tout une im­mense pi­tié pour ce pauvre Pré­sident, fas­ci­né par des écho­tiers sa­diques, en­glué dans de pa­thé­tiques his­toires sen­ti­men­tales, guet­té par des lieu­te­nants qui our­dissent des com­plots sor­dides, as­sié­gé par les voyeurs que nous sommes tous. Cer­tains pensent que le quin­quen­nat de Hol­lande tourne à la farce, je pense plu­tôt à Mac­beth : « La vie n’est qu’une ombre qui passe, un ré­cit plein de bruit et de fu­reur qu’un idiot ra­conte et qui n’a pas de sens…»

Ven­dre­di

Il faut adres­ser des fé­li­ci­ta­tions ap­puyées

aux    Fran­çais qui ont re­gar­dé le dé­bat de la pri­maire de la droite et du centre. Cha­peau ! Dans un dé­cor gla­cé, où, seule la robe rouge de Na­tha­lie Kos­cius­ko-Mo­ri­zet brû­lait comme une flamme, ceux qui at­ten­daient des idées neuves et des confron­ta­tions pug­naces en ont été pour leurs frais. Ils n’ont vu que sept can­di­dats conge­lés de trouille, in­ca­pables de trans­mettre la moindre émo­tion, ré­duits à une com­mu­ni­ca­tion sans pers­pec­tive par une scé­na­ri­sa­tion ab­surde. Quand on pense que pour les édi­to­ria­listes, la ré­vé­la­tion du dé­bat se nomme Jean-Fré­dé­ric Pois­son, ad­ver­saire du droit à l’avor­te­ment et hé­ri­tier de Ch­ris­tine Boutin… Il est vrai que sur un élec­troen­cé­pha­lo­gramme plat, le moindre fri­se­lis semble un trem­ble­ment de terre.

Sa­me­di

La cé­ré­mo­nie d’hom­mage aux vic­times de l’hor­rible massacre de Nice a été simple et digne. Elle dit, au-de­là des mots, que ces drames épou­van­tables n’ont pas tou­ché que les vic­times et leurs proches, mais toute la com­mu­nau­té ni­çoise qui conti­nue à vivre dans le choc et le sou­ve­nir. A cha­cun d’entre nous d’être à l’écoute de la souf­france, de l’in­di­gna­tion et même de la co­lère. Sa­luons Ali, le fils de Fa­ti­ma Char­ri­rhi as­sas­si­née en ce  juillet, qui veut s’in­ves­tir dans une mis­sion de dia­logue et de paix. Mais on ne peut pas en vou­loir a ceux qui ne sont pas – en­core ? – à l’heure du par­don. J’en suis.

« En po­li­tique, si on veut un ami, il vaut mieux s’ache­ter un chien. »

Le re­gard de Ro­se­lyne Ba­che­lot sur l’ac­tua­li­té

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