 : l’in­con­nue Hol­lande

Di­vi­sés et af­fai­blis, les so­cia­listes lancent leurs pré­pa­ra­tifs pour se do­ter d’un can­di­dat à la pré­si­den­tielle, une équa­tion com­pli­quée par les doutes sur les in­ten­tions du Pré­sident sor­tant

Monaco-Matin - - France -

Qui se­ra le can­di­dat de la droite? Fran­çois Hol­lande bri­gue­ra-t-il un se­cond man­dat? Pro­gram­mé le 23 avril 2017, le pre­mier tour de cette pré­si­den­tielle com­porte de nom­breuses in­con­nues. Mais l’im­po­pu­la­ri­té re­cord de l’exé­cu­tif et l’en­vie de chan­ge­ment donnent un net avan­tage à la droite. Voi­ci, en cinq points, un pa­no­ra­ma du pay­sage po­li­tique fran­çais à six mois de la pré­si­den­tielle.

. Hol­lande : ira, ira pas ?

Ebran­lé par un nou­veau livre de confi­dences, Fran­çois Hol­lande di­ra « après la pri­maire de la droite », en dé­cembre, s’il se re­pré­sente, au risque d’être éli­mi­né dès le pre­mier tour. En se sou­met­tant à la pri­maire so­cia­liste ou en s’adres­sant di­rec­te­ment aux Fran­çais. Pas en­core can­di­dat, mais dé­jà en pré­cam­pagne, il mul­ti­plie les gestes sym­bo­liques, met en garde contre un re­tour de la droite et dé­fend son bi­lan. Au­cun chef de l’Etat en exer­cice n’a été aus­si im­po­pu­laire que lui sous la Ve Ré­pu­blique à six mois de l’élec­tion. Les mau­vais chiffres du chô­mage, dont les Fran­çais ne croient plus que la courbe puisse du­ra­ble­ment s’in­ver­ser dans les mois qui viennent, et son in­ca­pa­ci­té à re­trou­ver la confiance des élec­teurs laissent elles aus­si ou­verte l’hy­po­thèse d’une non-can­di­da­ture en 2017.

. La droite bien pla­cée

« La droite a une op­por­tu­ni­té qui doit beau­coup à l’état de fai­blesse ex­cep­tion­nelle du cô­té de l’exé­cu­tif et plus glo­ba­le­ment de l’en­semble de la gauche », ré­sume Yves-Ma­rie Cann, di­rec­teur des études de l’ins­ti­tut Elabe. Se­lon les en­quêtes d’opi­nion, le scé­na­rio le plus pro­bable est que le vain­queur de la pri­maire à droite se­ra le vain­queur de la pré­si­den­tielle. L’en­jeu est donc cru­cial et l’af­fron­te­ment entre les deux fa­vo­ris, Alain Jup­pé et Ni­co­las Sar­ko­zy, rude. Le pre­mier la joue calme, dé­ter­mi­né, il campe en tête des son­dages, prend des voix au centre et re­gagne du ter­rain au­près des proches des Ré­pu­bli­cains. Le se­cond mul­ti­plie les pro­messes et les pro­vo­ca­tions pour re­faire son re­tard. Mais le re­tour des af­faires, la sur­en­chère sur les thèmes sé­cu­ri­taires at­tisent l’an­ti­sar­ko­zysme et plombent sa cam­pagne.

. La gauche veut y croire

Don­née éli­mi­née dès le pre­mier tour, la gauche n’en­tend pas lais­ser la voie libre à la droite et veut sur­tout évi­ter le re­tour de Ni­co­las Sar­ko­zy. Mais elle aborde la cam­pagne di­vi­sée entre ceux qui dé­fendent le bi­lan du chef de l’Etat et ceux, gauche de la gauche, so­cia­listes fron­deurs, pour qui il a tra­hi ses élec­teurs de 2012. Si Fran­çois Hol­lande est can­di­dat, un duel très in­dé­cis face à Ar­naud Mon­te­bourg se des­sine au se­cond tour de la pri­maire so­cia­liste. Dans le cas contraire, les son­dages donnent Ma­nuel Valls au coude à coude avec l’an­cien mi­nistre de l’Eco­no­mie.

. Et Ma­cron, Mé­len­chon ?

Seul nou­veau ve­nu sur la scène pré­si­den­tielle, Em­ma­nuel Ma­cron in­carne le re­nou­vel­le­ment. Avec jus­qu’à 15% d’in­ten­tions de vote (Elabe), il de­van­ce­rait Fran­çois Hol­lande au pre­mier tour, sans pas­ser par la pri­maire so­cia­liste. Son atout consiste à prendre des voix à gauche, mais aus­si au can­di­dat de droite quel qu’il soit. Mais pour Yves-Ma­rie Cann, au­de­là de la po­pu­la­ri­té de l’an­cien mi­nistre de l’éco­no­mie, son pro­gramme reste flou : « Il a un po­ten­tiel, mais qui reste très fra­gile. » A la gauche de la gauche, Jean-Luc Mé­len­chon, qui réunit jus­qu’à ce soir sa pre­mière Conven­tion à Lille, fé­dère les mé­con­tents. Avec 13 à 15 % d’in­ten­tions de vote, il est en me­sure de de­van­cer Hol­lande au pre­mier tour.

.M.LePen­joue le se­cond tour

Avec 25 à 30 % d’in­ten­tions de vote, la pré­si­dente du Front na­tio­nal est don­née en tête au pre­mier tour par la plu­part des en­quêtes d’opi­nion – de­van­cée seule­ment par Alain Jup­pé dans cer­taines confi­gu­ra­tions – et sys­té­ma­ti­que­ment qua­li­fiée pour le se­cond tour. Mais sa ca­pa­ci­té à ras­sem­bler semble tou­jours li­mi­tée : peu de re­ports pos­sibles, sur­tout si c’est face à un can­di­dat de droite, entre pre­mier et se­cond tours.

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