Les pieds sur terre

Avec quatre points d’avance sur le PSG (2e) et Mo­na­co (3e), le Gym est as­su­ré de gar­der la tête pour 15 jours de plus. Le club sa­voure sans se pro­je­ter

Monaco-Matin - - Sports - WILLIAM HUMBERSET (AVEC V. M.)

Tout ce qui est pris n’est plus à prendre.» Ce qui pour­rait pas­ser pour une ba­na­li­té prend une tout autre di­men­sion dans la bouche de Jean-Pierre Ri­vère. Le pré­sident ré­sume l’état d’es­prit de toutes les com­po­santes du club, des di­ri­geants aux joueurs en pas­sant par le coach et ses ad­joints. La mois­son de 23 points est im­pres­sion­nante après 9 jour­nées, mais le lea­der le sait, la sai­son est en­core longue et la ten­dance peut très vite s’in­ver­ser. «On a fait preuve de maî­trise, dans un sys­tème où on se sent bien. Mais tout n’a pas été par­fait. On su­bit des oc­ca­sions, on ne per­forme pas en­core sur 90 mi­nutes, tem­père éga­le­ment Paul Baysse. Il y a eu une pe­tite pé­riode de flot­te­ment, et le match au­rait pu nous échap­per pour rien. Ça prouve qu’il y a en­core du tra­vail à faire.»

L’Eu­ro­pa League ré­vèle les la­cunes

Lyon n’a pas tou­jours été dan­ge­reux mais s’est mon­tré me­na­çant à dix contre onze (4 tirs dont 3 ca­drés). Et quand l’ad­ver­saire est ul­tra-réa­liste comme l’avait été Kras­no­dar en Eu­ro­pa League (14 tirs dont 9 ca­drés, 5-2), ça peut coû­ter cher. Mais Rennes (19 tirs, 4 ca­drés), Nan­cy (15 tirs, 0 ca­dré) ou Mont­pel­lier (15 tirs, 5 ca­drés) n’avaient pas eu la même ef­fi­ca­ci­té pour contra­rier les plans du Gym en Ligue 1. Une preuve que l’équi­libre de la meilleure dé­fense de Ligue 1 (5 buts en­cais­sés) reste sur un fil. Le Gym a bien des rai­sons de ne pas s’en­flam­mer. Mais ce n’est pas pour au­tant qu’il ne voit pas ses signes de pro­grès. «Ce que je re­tiens de cette vic­toire, c’est la ma­tu­ri­té qu’a pris l’équipe», note Vincent Ko­ziel­lo, rem­pla­çant ven­dre­di au pro­fit d’un Ré­mi Wal­ter qui a confir­mé l’ef­fi­ca­ci­té de la ro­ta­tion mise en place par Lu­cien Favre et son staff. «La sai­son der­nière, on avait per­du des points en su­pé­rio­ri­té nu­mé­rique (à Troyes, à Lyon NDLR). Là, on a su mar­quer un deuxième but sans être réel­le­ment mis en dif­fi­cul­té.» «Ces points per­dus nous ont fait gran­dir. On a ti­ré des le­çons. On n’a pas en­vie que ça se re­nou­velle, on se sert de ces er­reurs pour pro­gres­ser, ap­puie Baysse. C’est l’état d’es­prit qui nous anime de­puis le dé­but de sai­son. On a eu des fins de match com­pli­qués et l’équipe a fait preuve de beau­coup de ma­tu­ri­té et de pro­fes­sion­na­lisme. On a beau être jeune, on ne lâche rien.»

Pas de Ba­lo­tel­li dé­pen­dance

En ou­vrant la marque, le ca­pi­taine a contri­bué à une autre sa­tis­fac­tion : le Gym n’a pas for­cé­ment be­soin d’un su­per Mario pour mar­quer et ga­gner. Quand on se sou­vient que Nice ne l’avait ja­mais em­por­té sans Ben Ar­fa l’an der­nier, c’est for­cé­ment un signe que le col­lec­tif s’est éle­vé. «Mar­quer sur coup de pied ar­rê­té, ça nous man­quait aus­si par le pas­sé, pour­suit ce­lui qui a fait dé­gou­piller Fé­kir. Ça peut dé­blo­quer quelques si­tua­tions. C’est im­por­tant que nous, les dé­fen­seurs, ap­por­tions notre patte of­fen­si­ve­ment.» Les par­cours de Lei­ces­ter en 2016 et Mont­pel­lier en 2012 donnent for­cé­ment des es­poirs aux sup­por­ters. Bel­han­da et ses co­pains n’y pensent pas. Mais ça n’em­pêche pas You­nès d’af­fir­mer une vé­ri­té : « Nice, c’est sé­rieux. C’est le club qui monte.»

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