Passe d’armes entre « Cash In­ves­ti­ga­tion » et Ch­ris­tian Es­tro­si

L’émis­sion de France 2 était consa­crée au par­te­na­riat pu­blic-pri­vé de l’Al­lianz Ri­vie­ra. Les équipes d’Es­tro­si ont or­ga­ni­sé la ri­poste sur In­ter­net. « J’as­sume par­fai­te­ment face à ces ca­lom­nies », a ré­pon­du hier soir l’an­cien maire

Monaco-Matin - - Côte D’azur - PA­TRICE CASTELLI ET JÉRÉMY COL­LA­DO

C’est une ma­chine de guerre concoc­tée par l’équipe de Ch­ris­tian Es­tro­si. Des jeunes mi­li­tants LR au compte Twit­ter du maire de Nice Phi­lippe Pra­dal, tout le monde, ou presque, dans le camp es­tro­siste, a dé­fen­du le Par­te­na­riat pu­blic pri­vé (PPP) qui a per­mis la construc­tion de l’Al­lianz Ri­vie­ra, l’en­ceinte ni­çoise gé­rée par une fi­liale du groupe Vin­ci. Un chan­tier qui a dé­mar­ré en août 2011 et qui s’est ache­vé en grande pompe par l’inau­gu­ra­tion du stade, en sep­tembre 2013, avec aigle royal et feu d’ar­ti­fices, quelques se­maines avant les élec­tions mu­ni­ci­pales rem­por­tées par Ch­ris­tian Es­tro­si. Sur son compte Twit­ter, ce der­nier a en­voyé plus d’une tren­taine de tweets dans la soi­rée. « Le PPP se­rait opaque. Il per­met­trait de ca­cher des choses. C’est faux », a no­tam­ment ex­pli­qué l’an­cien maire de Nice et pré­sident de la Mé­tro­pole Nice-Côte d’Azur, qui a écrit au pré­sident du Conseil supérieur de l’Au­dio­vi­suel (CSA) pour dé­non­cer ce reportage « ca­ri­ca­tu­ral » et qui « manque d’ob­jec­ti­vi­té », dif­fu­sé hier soir sur France2,dansl’émis­sion Cash In­ves­ti­ga­tion, connue pour son ton cor­ro­sif.

Site In­ter­net et ba­taille de chiffres

Dès la fin de ma­ti­née, la Mé­tro­pole a dé­gai­né son com­mu­ni­qué. Ob­jec­tif : at­ta­quer les mé­thodes des jour­na­listes, ac­cu­sés de fal­si­fier la réa­li­té au nom du jour­na­lisme spec­tacle : « L’in­ves­ti­ga­tion manque de sé­rieux et com­porte de nom­breuses in­exac­ti­tudes avec pour seul but de ma­ni­pu­ler et dés­in­for­mer les té­lé­spec­ta­teurs ». Si cer­tains mi­li­tants, à droite, ont dis­cré­di­té la mise en scène de cette émis­sion, c’est sur­tout sur les faits que le camp Es­tro­si s’est dé­fen­du. « J’as­sume com­plè­te­ment mes choix, je les re­ven­dique. Si nous n’avions pas réa­li­sé cette en­ceinte, Nice ne se­rait plus en pre­mière di­vi­sion »,aré­pon­duCh­ris­tian Es­tro­si, rap­pe­lant que l’OGC Nice était au­jourd’hui en tête du cham­pion­nat.Pou­ror­ga­ni­ser­la­ri­poste,un site In­ter­net a même été créé pour l’oc­ca­sion, dis­po­nible à l’adresse sui­vante : ve­ri­tes­tade.nice.fr. Ce­lui-ci dé­crypte point par point les at­taques et avance une contre-of­fen­sive chif­frée et sour­cée. Le mode de fi­nan­ce­ment pu­blic­pri­vé? Un choix jus­ti­fié pour la ra­pi­di­té de sa mise en oeuvre, qui a per­mis à Nice d’être prête pour l’Eu­ro 2016. Le coût glo­bal du stade, chif­fré à 372 mil­lions d’eu­ros par l’émis­sion Cash In­ves­ti­ga­tion, en pre­nant en compte une re­de­vance de 12 mil­lions d’eu­ros ver­sés par la Ville à Vin­ci pen­dant 27 ans? « Est-ce qu’on ne peut pas re­gar­der la qua­li­té du stade? », a ré­agi Ch­ris­tian Es­tro­si sur le pla­teau d’Elise Lu­cet, dans un échange ten­du en fin d’émis­sion, en­re­gis­tré­dans­les­con­di­tions­du­di­rect. L’an­cien maire as­sure éga­le­ment que la re­de­vance nette est de 8 mil­lions d’eu­ros. In­ter­ro­gé dans l’émis­sion, Louis Val­ler­naud, pré­sident de la chambre régionale des comptes à Mar­seille, a quant à lui rap­pe­lé le coût de construc­tion du stade ra­me­né au nombre de places. « À 204 mil­lions d’eu­ros rap­por­tés au nombre de places, on ob­tient 6000 eu­ros par place. Ce qui en fait l’un des plus chers de France, deux fois plus éle­vé que dans d’autres stades ». Ré­ponse d’Es­tro­si : in­exact. À Lille, la place est à 6459 eu­ros... La taille du stade, qui se­rait sur­di­men­sion­né par rap­port à la fréquentation? Le taux de rem­plis­sage est de 62 % avec 22500spec­ta­teurs­de­puis­le­dé­butde la sai­son, jus­ti­fie Es­tro­si. En­fin, l’en­quête ou­verte par le par­quet­deNi­ceen­jan­vier2015pourdes dé­lits sup­po­sés de fa­vo­ri­tisme et de dé­tour­ne­ment­de­fond­spu­blic,aler­té par un rap­port de la chambre régionale des comptes? « À au­cun mo­ment dans le rap­port de la chambre régionale des comptes, il n’est fait men­tion de faits dé­lic­tueux », se défend le campEs­tro­si,qui­ré­clame « une trans­pa­rence to­tale » et in­dique que «si une in­frac­tion était re­le­vée, la Ville de Nice se consti­tue­rait par­tie ci­vile ».

(Cap­ture d’écran France )

Hier soir sur le pla­teau de Cash In­ves­ti­ga­tion.

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