Ma­la­die d’amour

Monaco-Matin - - Détente - PHI­LIPPE DU­PUY

an­nées 50) où l’on des­tine d’abord les femmes au ma­riage, elle dé­range: on la dit folle. Pour s’en dé­bar­ras­ser, sa mère (Brigitte Rouan, tou­jours ex­cel­lente en peau de vache) la donne à Jo­sé (Alex Bren­demühl), un ou­vrier sai­son­nier hon­nête, sé­rieux et ai­mant, char­gé de faire d’elle une femme res­pec­table. Ga­brielle ne l’aime pas, se voit en­ter­rée vi­vante et re­fuse son amour. Lors­qu’on l’en­voie en cure ther­male pour soi­gner ses cal­culs ré­naux (son Mal de pierres), elle fait la connais­sance d’un beau lieu­te­nant bles­sé en In­do­chine, An­dré Sau­vage (Louis Gar­rel plus «Louis Gar­re­lien » que ja­mais), qui fait re­naître en elle la pas­sion d’ai­mer. Ils fui­ront en­semble, elle se le jure. Cette fois, on ne lui pren­dra pas ce qu’elle nomme « la chose prin­ci­pale »...

La « chose prin­ci­pale » que semble avoir vue Ni­cole Gar­cia dans ce mé­lo­drame au po­ten­tiel hau­te­ment la­cry­mal (le film est adap­té du ro­man épo­nyme de Mi­le­na Agus), c’est sur­tout la pos­si­bi­li­té de pro­duire de la belle image. La réa­li­sa­trice fran­çaise, chou­choute de Cannes (où elle était en com­pé­ti­tion pour la qua­trième fois), ne s’en prive pas, ma­gni­fiant tour à tour la Pro­vence en­so­leillée, les Alpes suisses et les ca­lanques de La Cio­tat. Chaque plan de na­ture, chaque dé­tail de la re­cons­ti­tu­tion d’époque, semble es­tam­pillé « Qua­li­té France ». Le re­vers de la mé­daille, c’est que nulle pas­sion ne trans­pire à tra­vers l’ami­don d’une réa­li­sa­tion trop clas­sique. Ma­rion Co­tillard et Louis Gar­rel ont beau en faire des tonnes dans leur re­gistre ha­bi­tuel, on a beau­coup de mal à croire à leur his­toire d’amour. Pire, les fi­celles du scé­na­rio, avec un twist fi­nal gros comme une mai­son de cure suisse, prêtent à sou­rire et désa­morcent toute émo­tion. Mais peut-être a-t-on un coeur de pierre?

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