«Une marche de la co­lère» le  oc­tobre

Monaco-Matin - - Côte D’azur - GUILLAUME BERTOLINO

« Une marche de la co­lère, po­li­cière et ci­toyenne ». Le ton est don­né. Spon­ta­né jus­qu’à présent, le mal-être po­li­cier prend une nou­velle tour­nure avec l’ap­pel du syn­di­cat de po­lice, Uni­té SGP, qui in­vite po­li­ciers et ci­toyens à faire bloc com­mun, le 26 oc­tobre pro­chain. Une marche qui par­ti­ra de la place Mas­sé­na, à Nice, à 12 heures, en di­rec­tion du pa­lais pré­fec­to­ral, place Pierre-Gau­tier. « C’est la pre­mière fois que les po­li­ciers font ap­pel à la po­pu­la­tion pour ma­ni­fes­ter en­semble. Et j’es­père une forte mo­bi­li­sa­tion », in­di­quait, hier, Ce­lya Bou­me­dien, se­cré­taire gé­né­rale du syn­di­cat à l’ini­tia­tive de la ma­ni­fes­ta­tion.

«Que la Jus­tice suive»

Des flics sous pres­sion. Des jeunes po­li­ciers dé­jà au bout du rou­leau. Quand les po­li­ciers se réunissent alors qu’ils sont en ser­vice, en te­nue et avec leurs vé­hi­cules de fonc­tion – comme ce fut le cas ces der­niers soirs à Nice et un peu par­tout en France – ils savent qu’ils com­mettent une en­torse ma­ni­feste à leur sta­tut qui les prive du droit de grève. C’est dire leur ni­veau d’exas­pé­ra­tion.

« Il y a un gros ma­laise » as­sure Laurent Lau­bry du syn­di­cat Al­liance. « Tous les po­li­ciers sont dans l’at­tente de ré­ponses fortes de la part de l’État». Un État in­car­né par le pré­fet des Alpes-Ma­ri­times. « Nous l’avons ren­con­tré », ex­pli­quait hier Ce­lya Bou­me­dien.

« Nous lui avons de­man­dé qu’il in­ter­vienne au­près du mi­nistre de l’In­té­rieur, car à Nice, une par­tie du ma­laise re­pose aus­si sur le manque de re­con­nais­sance qui a sui­vi l’at­ten­tat du 14 juillet. Plu­sieurs col­lègues ont mé­ri­té un avan­ce­ment. D’autres, en état de choc, avaient de­man­dé leur mu­ta­tion. Rien n’a abou­ti…» L’autre point de cris­pa­tion, sou­li­gné par Al­liance, concerne le sui­vi du tra­vail de po­lice par la jus­tice: « Nous de­man­dons seu­le­ment l’ap­pli­ca­tion des lois » , re­grette Laurent Lau­bry. « Il faut que la jus­tice donne les suites adap­tées au tra­vail des po­li­ciers. Au­jourd’hui, ils ont le sen­ti­ment que ce n’est pas le cas ! » Ce­lya Bou­me­dien pour­suit dans ce sens : « Il y a des col­lègues qui croulent sous les pro­cé­dures. Et alors qu’ils sont en train d’en fi­nir une, le mis en cause est dé­jà libre… »

Un Gre­nelle de la sé­cu­ri­té

Pour Laurent Lau­bry, il faut un Gre­nelle de la sé­cu­ri­té avec toutes les forces en pré­sence: « po­lice, gen­dar­me­rie, douanes, pé­ni­ten­tiaire. Il faut amé­lio­rer les condi­tions de tra­vail pour amé­lio­rer la sé­cu­ri­té de nos conci­toyens ». Dans les Alpes-Ma­ri­times, il y a aus­si l’après 14-Juillet à gé­rer : « Clai­re­ment la ré­ponse don­née par notre ad­mi­nis­tra­tion n’a pas été à la hau­teur. Sur­tout après tout ce qui s’est dit », ap­puie Uni­téSGP. « L’agres­sion de nos col­lègues dans l’Es­sone est la goutte

d’eau de trop ». Pour Al­liance, le mal est en­core

plus pro­fond : « Ce­la fait deux ans et de­mi que nous sommes sous pres­sions : la crise des mi­grants, l’Eu­ro, le plan Vi­gi­pi­rate at­ten­tat, le car­na­val et le Fes­ti­val de Cannes à sur­veiller de près… Les po­li­ciers sont épui­sés. Ils manquent de sou­tien et de re­con­nais­sance ». Et Laurent Lau­bry de conclure :

« J’en­tends sou­vent par­ler de zones de non-droit. Si on parle de zones où la po­lice ne va plus, alors elles n’existent pas. En re­vanche, oui, c’est de plus en plus dur de tra­vailler dans cer­tains quar­tiers. Sur­tout quand la jus­tice ne condamne pas à sa juste me­sure les pro­pos ou les actes qui peuvent être pro­fé­rés contre des po­li­ciers. Sans to­lé­rance zé­ro, l’im­pu­ni­té pros­père. Et trop sou­vent, ces der­niers temps, les pi­liers de notre so­cié­té que sont la san­té, l’édu­ca­tion et la sé­cu­ri­té sont pris pour cibles ».

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