Mer­kel, Pou­tine, Hol­lande : ren­contre épi­neuse à Ber­lin

Les trois di­ri­geants doivent s’en­tre­te­nir de leur dif­fé­rend sur la Sy­rie et dis­cu­ter de la crise ukrai­nienne pour ten­ter de re­lan­cer les ac­cords de paix de Minsk

Monaco-Matin - - Monde -

Vla­di­mir Pou­tine a en­ta­mé, hier soir à Ber­lin, son pre­mier som­met de­puis un an sur la crise en Ukraine avec les di­ri­geants al­le­mand, fran­çais et ukrai­nien, une ren­contre en ter­rain mi­né, éga­le­ment mar­quée par le dif­fé­rend sur la Sy­rie. Le pré­sident russe a été ac­cueilli par An­ge­la Mer­kel à 18 h 30 (heure de Pa­ris) à la chan­cel­le­rie. Non loin du bâ­ti­ment si­tué au coeur de Ber­lin, quelques di­zaines de ma­ni­fes­tants avaient éta­lé des ours en pe­luche en­san­glan­tés pour pro­tes­ter contre les bom­bar­de­ments en Sy­rie, et criaient des slo­gans cri­ti­quant l’ac­tion de l’ar­mée russe dans ce pays. M. Pou­tine et la chan­ce­lière al­le­mande ont re­trou­vé peu après Fran­çois Hol­lande et le pré­sident ukrai­nien Pe­tro Po­ro­chen­ko, ar­ri­vés plus tôt dans l’après-mi­di, pour une ren­contre sur l’Ukraine qui ne de­vrait pas abou­tir à une avan­cée spec­ta­cu­laire. «Nous ne nous at­ten­dons à au­cune per­cée» pour faire ap­pli­quer les ac­cords de paix de Minsk, dans un pays où le conflit ar­mé entre Kiev et sé­pa­ra­tistes pro­russes a fait près de 10000 morts de­puis avril 2014, a dé­cla­ré, hier, le porte-pa­role du Kremlin, Dmi­tri Pes­kov.

«Ça coince» sur l’Ukraine

«Ça coince à de nom­breux ni­veaux, le ces­sez-le-feu, les ques­tions po­li­tiques, les ques­tions hu­ma­ni­taires», a sou­li­gné la chan­ce­lière al­le­mande à la veille des en­tre­tiens, «on ne peut pas s’at­tendre à un mi­racle, mais au point où on en est, il faut faire tous les ef­forts». « Je ne m’at­tends pas non plus à une grande per­cée mais si nous par­ve­nons à faire des pro­grès sur la mise en place de nou­velles zones dé­mi­li­ta­ri­sées et des ré­formes élec­to­rales, ce se­rait une avan­cée», a ajou­té, hier, le chef de la di­plo­ma­tie al­le­mande Frank-Wal­ter Stein­meier. À l’ordre du jour : le res­pect du ces­sez-le-feu entre forces ukrai­niennes et re­belles pro­russes, tou­jours très aléa­toire, l’adop­tion d’une loi élec­to­rale et dans la fou­lée l’or­ga­ni­sa­tion d’élec­tions dans l’est du pays sous contrôle des pro­russes. Sur ces su­jets, Russes et Ukrai­niens n’ont ces­sé de se ren­voyer la balle. M. Pes­kov a ex­hor­té, hier, Kiev «à ap­pli­quer les ac­cords de Minsk». La pré­si­dence ukrai­nienne juge que la réunion de Ber­lin doit «pous­ser la Rus­sie à mettre en oeuvre» ce même texte. Mos­cou, qui est ac­cu­sé d’at­ti­ser la crise en ar­mant et en sou­te­nant les re­belles, a tou­jours re­je­té cette vi­sion et juge au contraire que c’est à Kiev de te­nir ses en­ga­ge­ments en ac­cor­dant une au­to­no­mie ac­crue aux ré­gions re­belles. Cette réunion à quatre se­ra sui­vie dans la soi­rée d’une ren­contre tri­par­tite sur l’autre grand su­jet de ten­sion rus­so-oc­ci­den­tale, la guerre en Sy­rie avec les bom­bar­de­ments de Mos­cou en sou­tien au ré­gime, en par­ti­cu­lier sur Alep.

«Pause hu­ma­ni­taire à Alep»

Là aus­si, il s’agit de faire «pas­ser tou­jours le même mes­sage à Vla­di­mir Pou­tine sur la Sy­rie: un ces­sez-le-feu du­rable sur Alep et un ac­cès hu­ma­ni­taire», in­dique-t-on de source di­plo­ma­tique fran­çaise. L’ar­mée russe a an­non­cé, hier, étendre à onze heures la du­rée de cette «pause hu­ma­ni­taire» de­vant per­mettre jeu­di l’éva­cua­tion des ci­vils et le re­trait des re­belles des quar­tiers de l’est d’Alep, ra­va­gés par les bom­bar­de­ments in­tenses des avia­tions russe et sy­rienne. Une trêve que Pa­ris et Ber­lin veulent étendre au maxi­mum. «Je fe­rai tout avec la chan­ce­lière Mer­kel […] pour que cette trêve puisse être pro­lon­gée», a dé­cla­ré le pré­sident fran­çais avant de s’en­vo­ler pour Ber­lin. Mme Mer­kel, qui n’at­tend pas de «mi­racle» non plus sur le dos­sier sy­rien à Ber­lin, a fait sa­voir que la ques­tion de sanc­tions contre la Rus­sie en re­pré­sailles de ses bom­bar­de­ments «ne peut être en­le­vée de la table» des dis­cus­sions.

(Pho­to EPA)

De l’aveu même des par­ti­ci­pants, cette ren­contre, hier soir, avec An­ge­la Mer­kel, Fran­çois Hol­lande, Vla­di­mir Pou­tine et Pe­tro Po­ro­chen­ko ne de­vrait pas abou­tir à une avan­cée spec­ta­cu­laire.

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