Jar­dim sort les griffes

Hier, l’en­traî­neur de l’AS Mo­na­co a te­nu à faire part pu­bli­que­ment de son mé­con­ten­te­ment sur la pro­gram­ma­tion du match de Mont­pel­lier, 72 heures après la vi­rée mos­co­vite...

Monaco-Matin - - Sports - M. FAURE

Quand Leo­nar­do Jar­dim a un mes­sage à faire pas­ser, son lan­gage cor­po­rel parle pour lui. En confé­rence de presse, à La Tur­bie, le tech­ni­cien por­tu­gais fait sou­vent la même chose. Il s’as­soit face à son au­di­toire, rap­proche les deux mi­cros qui sont de­vant lui à l’aide de son pouce et son in­dex, sou­rit, et lance sa rhé­to­rique. Par­fois, il se note les mes­sages sur un pa­pier quand il veut bien se faire com­prendre, c’était le cas avec la ci­ta­tion de Ru­dyard Ki­pling, par exemple, après la dé­con­ve­nue de Nice.

Quand Jar­dim s’au­to-ques­tionne...

Hier, pas de pense-bête ni d’an­ti­sèche ins­crite sur la paume de sa main, comme peuvent le faire les gar­çons fra­giles lors d’un pre­mier ren­dez-vous amou­reux, vous sa­vez, quand il faut suivre une mau­vaise tech­nique de drague avi­sée en amont avec un ami qui vous veut du bien. Non, rien de ça chez ‘‘Leo’’. Le coach mo­né­gasque a fait mieux, il s’est au­to-po­sé une ques­tion. Car­ré­ment. Ver­ba­tim : « Je peux faire la pre­mière ques­tion, au­jourd’hui ? Coach Jar­dim, pour­quoi Mo­na­co a be­soin de jouer le ven­dre­di soir, après un match de Cham­pions League le mar­di, quand d’autres clubs jouent sa­me­di ? Jar­dim va ré­pondre : Je connais la ré­ponse. Je crois que ce n’est pas bon pour le foot­ball fran­çais, ce n’est pas dé­fendre les équipes qui rap­portent des points à l’in­dice UEFA fran­çais. Ce n’est pas bon pour le spec­tacle car les équipes sont fa­ti­guées, ce n’est pas bon pour les joueurs car ils peuvent se bles­ser. Peu­têtre qu’il existe une rai­son que je ne connais pas... » Fin de ci­ta­tion. Ce n’est pas la pre­mière fois que l’en­traî­neur por­tu­gais s’émeut pu­bli­que­ment du ca­len­drier de la LFP, et de la ma­nière dont les clubs fran­çais jouant l’Eu­rope sont trai­tés.

« Ja­mais vu ça »

« C’est la pre­mière fois dans ma car­rière que je vois ça », a d’ailleurs pour­sui­vi Jar­dim. L’an der­nier, le tech­ni­cien avait pro­po­sé plu­sieurs idées d’amé­na­ge­ments, comme la pos­si­bi­li­té de jouer le lun­di soir (la Pre­mier League le fait, par exemple). Le cre­do du Por­tu­gais est simple : « Il faut pro­té­ger les équipes qui jouent l’Eu­rope. Ça vaut aus­si pour Lyon, Saint-Etienne, Nice, Pa­ris ». Les Mo­né­gasques sont ren­trés très tard de Mos­cou dans la nuit de mar­di à mer­cre­di. Hier, lors de l’en­traî­ne­ment pré­vu à 16h30, cer­tains joueurs avaient en­core des pe­tits yeux. Avec 72 heures entre le match de Mos­cou et Mont­pel­lier, l’équipe se­ra for­cé­ment re­ma­niée. Dé­jà, à Tou­louse, Jar­dim avait ré­cu­pé­ré la veille de la ren­contre les in­ter­na­tio­naux Es­poirs (Le­mar, Ba­kayo­ko, Dial­lo). Bon, une fois que l’on a dit ça, on fait quoi ? Le match de Mont­pel­lier est pro­gram­mé de­puis un mois, Jar­dim ne l’a pas dé­cou­vert hier en se ra­sant. N’est-ce pas aux di­ri­geants mo­né­gasques de s’en plaindre di­rec­te­ment à la Ligue et aux dif­fu­seurs ? Sans doute. Ça a d’ailleurs peu­têtre été fait. De son cô­té, la Ligue de Foot­ball Pro­fes­sion­nelle n’a-t-elle pas in­té­rêt à prendre en compte les dé­pla­ce­ments eu­ro­péens, avant de pro­gram­mer une jour­née de cham­pion­nat afin de pré­ser­ver, au mieux, les in­té­rêts de tout le monde ? As­su­ré­ment. Reste à sa­voir pen­dant com­bien de temps ces plaintes de ca­len­drier - Laurent Blanc l’évo­quait très ré­gu­liè­re­ment au PSG - vont du­rer. Hier, Jar­dim a fait pas­ser son mes­sage. Va-t-il être en­ten­du ?

(Pho­to J.-F. Ot­to­nel­lo)

Leo­nar­do Jar­dim presque sou­riant, lui qui s’ap­prête à dis­pu­ter un match de Ligue  moins de  heures après être ren­tré de Mos­cou.

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