“Lob­bies sio­nistes”: J.-F. Pois­son s’ex­plique

Monaco-Matin - - La Une - THIER­RY PRUDHON

« La haine à l’égard du peuple juif m’est to­ta­le­ment étran­gère. » Face au tu­multe sus­ci­té par ses pro­pos, dans nos co­lonnes mer­cre­di, où il a dé­cla­ré que « la proxi­mi­té deMme Clin­ton avec les su­per­fi­nan­ciers de Wall Street et sa sou­mis­sio­naux lob­bies sio­nistes sont dan­ge­reuses pour l’Eu­rope et la France » , Jean-Fré­dé­ric Pois­so­naé­té contraint hier de se jus­ti­fier. Pour le pré­sident du Par­ti chré­tien-dé­mo­crate, can­di­dat à la pri­maire de droite, l’état de grâce pro­vo­qué par sa pré­sence re­mar­quée au pre­mier dé­bat té­lé­vi­sé au­ra donc été de courte du­rée. Cette dé­cla­ra­tion lui a va­lu une ava­lanche de cri­tiques. Ve­nues du CRIF (Conseil re­pré­sen­ta­tif des institutions juives de France) d’abord, mais aus­si de son propre camp où beau­coup lui sont tom­bés des­sus à bras rac­cour­cis. Que ce soit no­tam­mentNa­tha­lie Kos­cius­ko-Mo­ri­zet qui a sai­si la Haute Au­to­ri­té de la pri­maire, Bru­no Le Maire ou Ch­ris­tianEs­tro­si. Ce der­nier a sou­hai­té hier que Jean-Fré­dé­ric Pois­son re­tire ses pro­pos, faute de quoi il n’au­rait plus sa place dans la pri­maire. « Je de­mande très fer­me­men­tàMon- sieur Pois­son, dont les pa­roles ont peut-être dé­pas­sé sa pen­sée, de bien vou­loir s’en ex­cu­ser, de les re­ti­rer. »

Une lettre au Crif

Sans les re­ti­rer, Jean-Fré­dé­ric Pois­son s’est em­ployé dans la fou­lée à les pré­ci­ser et à jus­ti­fier­de­sa­bonne foi, niant toute in­ten­tion an­ti­sé­mite nau­séa­bonde et in­vi­tant cha­cunà­ne­pas le pren­dre­pour ce qu’il n’est pas. « Je res­sens comme une in­jure d’être trai­té de la sorte » , a-t-il in­sis­té, avant de s’ex­pli­quer sur le fond dans un cour­rier adres­sé au pré­sident du CRIF, Fran­cis Ka­li­fat. « Mes pro­pos ont pu pro­vo­quer une émo­tion au sein du CRIF, j’en suis dé­so­lé, parce que ce n’était évi­dem­ment pas mon in­ten­tion, et je veux re­dire ici toute l’ami­tié que j’ai pour l’Etat d’Is­raël et pour le peuple juif dans son en­semble » , y as­sure-t-il. « Mon pro­pos ré­pon­dai­tàune ques­tion sur la po­li­tique amé­ri­caine, a-t-il in­di­qué par ailleurs. J’ai eu le tort d’y ré­pondre avec les mots ha­bi­tuel­le­ment em­ployés pour dé­crire cette réa­li­té, et qui ne dé­crivent pas la réa­li­té fran­çaise. Je re­grette in­fi­ni­ment que ces mots aient pu être in­ter­pré­tés comme de la haine à l’égard du peuple juif ou de l’Etat d’Is­raël : je com­bats cette haine et je condamne, comme je l’ai tou­jours fait, l’an­ti­sé­mi­tisme tout au­tant que l’an­ti­sio­nisme… Peut-être qu’à la pla­cede lob­by, j’au­rais dû dire groupe de pres­sion, mais c’est la même chose. » Suf­fi­sant pour cal­mer les at­taques contre­quel­qu’un qui dit vo­lon­tiers du bien du maire de Bé­ziers, Ro­bert Mé­nard, et re­grette « le cor­don sa­ni­taire » dres­sé au­tour du Front na­tio­nal ? Ré­ponse le 26 oc­tobre, jour où Thier­rySo­lère, l’or­ga­ni­sa­teur de la pri­maire, qui s’est lui-même ému des pro­pos de Jean-Fré­dé­ric Pois­son, a convo­qué une réunion pour sta­tuer sur son cas.

(Pho­to F. Fer­nandes)

J.-F. Pois­son dans la tour­mente.

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