Une or­ga­ni­sa­tion au cor­deau

Dé­bu­té hier, le cham­pion­nat du monde d’avi­ron de mer re­pré­sente un vé­ri­table dé­fi lo­gis­tique et fi­nan­cier pour ses or­ga­ni­sa­teurs qui doivent com­po­ser avec un ca­hier des charges strict

Monaco-Matin - - Monaco - THO­MAS MI­CHEL tmi­chel@ni­ce­ma­tin.fr

Alors que les pre­miers coups de rame des cham­pion­nats du monde d’avi­ron de mer de Mo­na­co ont été don­nés hier sur la Mé­di­ter­ra­née, on sait dé­jà qu’en2017 l’épreuve se dé­rou­le­ra sur le lac Lé­man. De l’avi­ron de mer sur un lac? Cher­chez l’er­reur… Der­rière cette ap­pa­rente hé­ré­sie, un constat im­pla­cable sou­le­vé par Ro­land Weill, di­rec­teur de la com­mu­ni­ca­tion de la So­cié­té nau­tique de Mo­na­co : « Plus un sport se dé­ve­loppe, plus ça coûte cher à ceux qui or­ga­nisent » . Com­pre­nez que les can­di­dats ne se bous­culent pas au por­tillon. Pour­tant ces der­niers temps, l’avi­ron de mer se re­fait une santé, il ren­tre­même « dans une nou­velle di­men­sion » à Mo­na­co, se­lon les mots du pré­sident de la So­cié­té nau­tique de Mo­na­co, Jean-Fran­çois Gourdon, lors de la cé­ré­mo­nie d’ou­ver­ture des Mon­diaux. En at­ten­dant, pour pré­ten­dreàac­cueillir tel évé­ne­ment – et ré­pondre à l’exi­geant ca­hier des charges de la Fé­dé­ra­tion in­ter­na­tio­nale, mieux vaut avoir les reins so­lides puis­qu’une en­ve­loppe d’en­vi­ron 400000 eu­ros est né­ces­saire pour s’as­seoir à la table. « Nous, on a la chance d’avoir le Yacht-club, sur le­quel on s’ap­puie énor­mé­ment, et des salles qui nous sont prê­tées grâce au sou­tien du gou­ver­ne­ment, comme l’au­dio­rium Rai­nier-III ou l’es­pace Léo-Fer­ré » , pré­cise ain­si Jean-Fran­çois Gour- don qui réa­lise, avec ses équipes, le tour de force de bâ­tir un nou­veau mo­dèle éco­no­mique sur ces Mon­diaux, à grand ren­fort de spon­sors. « On a créé notre Yacht show de l’avi­ron » , nous confiait ré­cem­ment Gourdon [lire nos édi­tions du jeu­di 20 oc­tobre, ndlr].

 bé­né­voles sur site

Une manne fi­nan­cière pré­cieuse dans une dis­ci­pline coû­teuse pour les or­ga­ni­sa­teurs. « Un quatre de couple coûte 18000 eu­ros, 20000 avec les pelles, et nous avons l’obli­ga­tion de four­nir 16 doubles et 16 so­los. » Bon­jour la fac­ture même si une com­pen­sa­tion tombe des équipes en­ga­gées. « On re­çoit une per­cep­tion car on les loue 100 eu­ros par siège, par per­sonne. » Maigre mais sa­lu­tai­re­pé­cule. D’au­tant que la po­li­tique d’ou­ver­tu­redes clubs comme Mo­na­coa­mène à fixer des co­ti­sa­tions an­nuelles de 200 eu­ros – pour 350 li­cen­ciés. En­fin, que dire des moyens hu­mains né­ces­saires au bon fonc­tion­ne­ment d’un tel ren­dez-vous. A Mo­na­co, 190 bé­né­voles sont­mo­bi­li­sés sur trois jours. Un tiers des ef­fec­tif­sduG­rand Prix de For­mule 1, à titre de com­pa­rai­son. Cha­peau.

(Pho­to Cy­ril Dodergny)

Con­trai­re­ment à la plu­part des com­pé­ti­tions où les ba­teaux sont sto­ckés sur des plages et trac­tés à l’eau ai­sé­ment, le port Her­cule né­ces­site pon­tons et lo­gis­tique. La plage du Lar­vot­to n’étant pas idéale du fait des creux qui se forment ra­pi­de­ment par grands vents.

Newspapers in French

Newspapers from Monaco

© PressReader. All rights reserved.