Ne pas lais­ser l’obé­si­té s’ins­tal­ler dans l’en­fance Nu­tri­tion

Les pro­blèmes de poids sont à prendre au sé­rieux, sur­tout lors­qu’ils sur­viennent pen­dant la phase de crois­sance. Ils risquent en ef­fet de se s’ac­cen­tuer à l’âge adulte

Monaco-Matin - - Santé - AXELLE TRUQUET atru­quet@ni­ce­ma­tin.fr

Un en­fant en sur­poids a de grands risques de de­ve­nir un adulte en­pri­sea­vecdes pro­blèmes d’obé­si­té. Pour leur don­ner un maxi­mum de chances face à la ba­lance, le Centre hos­pi­ta­lier de la Dra­cé­niea­mis en place de­puis 2010 un pro­gram­med’édu­ca­tion thé­ra­peu­tique de l’en­fant ou de l’ado­les­cent en sur­poids. Le jeune pa­tient ar­rive soit de ma­nière spon­ta­née, soit sur re­com­man­da­tion de l’in­fir­mière sco­laire ou de son mé­de­cin trai­tant. Il est d’abor­dexa­mi­né­par le pé­diatre, le Dr Ka­der Ben­ma­ham­med, qui pro­pose le mer­cre­di après-mi­di des consul­ta­tions ci­blées sur l’obé­si­té.

Écou­ter

Une fois le diag­nos­tic po­sé, l’en­fant - et sa fa­mille - peuvent en­trer dans le pro­gramme. Le jeune pa­tient est ad­mis en hô­pi­tal de jour où il ren­contre psy­cho­logue, ki­né­si­thé­ra­peute et dié­té­ti­cienne. Cette prise en­charge plu­ri­dis­ci­pli­naire a vo­ca­tion à com­prendre le fonc­tion­ne­ment de l’en­fant et l’ori­gine de ses pro­blèmes de poids : sou­cis, mau­vaises ha­bi­tudes ali­men­taires, in­ac­ti­vi­té, etc. « L’ob­jec­tif n’est pas de faire mai­grir les en­fants mais sim­ple­ment de sta- bi­li­ser leur poids» , ré­sume Odile Is­nard, cadre dié­té­ti­cienne. «On ne parle pas de ré­gime ici. Nous ne sommes pas dans la pri­va­tion, si­non, on risque en plus de les bra­quer, sou­ligne Ma­rie-Pierre Ni­co­las, dié­té­ti­cienne. Nous vou­lons leur ap­prendre à équi­li­brer leur ali­men­ta­tion.» Le rôle de la psy­cho­logue est pri­mor­dial. « Des pa­rents qui di­vorcent, la nais­sance d’un pe­tit frère, le chô­mage... une mul­ti­tude de chan­ge­ments peut pro­vo­quer des bou­le­ver­se­ments chez l’en­fant qui conduisent à une prise de poids, re­marque Ca­the­rine Fri­bourg. En­semble, nous dis­cu­tons et ex­plo­rons le quo­ti­dien pour iden­ti­fier d’éven­tuels pro­blèmes – il n’y en a pas for­cé­ment – afin de les ai­der dans leur dé­marche.» La psy­cho­lo­gueaune fonc­tion clé puis­qu’elle doit écou­ter sans­brus­quer. Car les jeunes qui pré­sentent une sur­charge pon­dé­rale sont sou­vent com­plexés, souffrent d’un manque d’es­time de soi, ont su­bi des mo­que­ries. Ils doivent re­trouvent un équi­libre, non seule­ment phy­sique mais aus­si mo­ral.

Bou­ger

Pour le phy­sique, ce sont les ki­nés, Char­lotte Mi­chel et Co­line Prost, qui ap­prennent aux pa­tients à se ré­ap­pro­prier leur corps et à bou­ger. « Il est né­ces­saire de faire une heure d’ac­ti­vi­té par jour. Ce­la peut être des jeux de bal­lons pen­dant la ré­créa­tion, de la marche pour al­ler et re­ve­nir de l’école, prendre les es­ca­liers au lieu de l’as­cen­seur. Nous leur ex­pli­quons ce que leur ap-

porte le sport et quelles dis­ci­plines pour­raient leur cor­res­pondre. Fi­na­le­ment, pour les en­fants, ce n’est pas trop dif­fi­cile, ils bougent na­tu­rel­le­ment. C’est à l’ado­les­cence que ce­la se com­plique car ils ne sont plus dans le jeu.» Alors le chro­no tourne : les pro­fes­sion­nels cherchent à tout prix à ai­der les pe­tits avant qu’ils ne de­viennent grands et que leurs pe­tits maux ne se trans­forment en gros maux.

(Pho­tos Ax. T.)

Pa­rents, en­fants et pro­fes­sion­nels de santé s’in­ves­tissent pour en­rayer la prise de poids.

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