La nouvelle piste tant es­pé­rée

L’ADN d’un homme dé­jà condam­né pour des faits vio­lents re­trou­vé dans le sang mê­lé de Ghis­laine Mar­chal, as­sas­si­née en juin 1991, re­lance l’af­faire vingt-cinq ans après le crime

Monaco-Matin - - La Une - Dos­sier : Peg­gy POLETTO, Guillaume BERTOLINO, Eric GALLIANO

« OMAR m’a tuer. » Dix lettres ac­cu­sa­trices qui ont dé­si­gné Omar Raddad, un jar­di­nier ma­ro­cain, Tou­lon­naisd’adop­tion, comme l’as­sas­sin d’une riche hé­ri­tière. Une dé­non­cia­tion écrite avec le propre sang de Ghis­laine Mar­chal, as­sas­si­née le 23 juin 1991, dans la cave de sa luxueuse pro­prié­té de Mou­gins (Alpes-Ma­ri­times), où sa dé­pouille a été re­trou­vée trans­per­cée de mul­tiples coups tran­chants. Un quart de siècle plus tard, un nou­veau re­bon­dis­se­ment ju­di­ciaire tan­gible re­lance l’af­faire. Un ADN mas­cu­lin a été iden­ti­fié à la de­mande du pro­cu­reur de Nice, sai­si par Me Noa­cho­vitch, l’avo­cate d’Omar Raddad, le­quel n’a ja­mais ces­sé de cla­mer son in­no­cence. Vingt-cinq ans après le­dé­cès de Mme Mar­chal, le sang parle. Une iden­ti­té est dé­sor­mais connue. Com­pa­ré avec le fi­chier na­tio­nal au­to- ma­ti­sé des em­preintes gé­né­tiques (FNAEG), le pro­fil gé­né­tique a « mat­ché », il y a quelques jours seule­ment, avec ce­lui d’un in­di­vi­du dé­jà condam­né. Avec ce­lui d’un homme qui, se­lon nos in­for­ma­tions, adé­jà été ju­gé pour des faits de vio­lences.

Piste non ex­ploi­tée?

Son pro­fil gé­né­tique a pu être ex­trait à la sui­tede l’ou­ver­tu­redes scel­lés, en 2015, sur l’une des portes de la cave mor­tuaire. « Il ne s’agit donc pas d’une pol­lu­tion des lieux du crime. Nous ne sommes pas tom­bés sur l’ADN d’un jour­na­liste ou d’un po­li­cier! » , re­lève l’avo­cate pa­ri­sienne, contac­tée après cette ré­vé­la­tion [lire page sui­vante]. Si une preuve scien­ti­fique existe, il faut tou­te­fois la re­la­ti­vi­ser. Qui est cet homme? Peu­til avoir joué un rôle dans ce crime sor­dide? À quel mo­ment a-t-il pu lais­ser sa trace gé­né­tique sur les lieux? Au­tant d’in­con­nues dans l’équa­tion ju­di­ciaire que seule une nouvelle en­quê­te­de­vrait ré­soudre. Sa­chant qu’un deuxième ADN mas­cu­lin est aussi connu, mais les com­pa­rai­sons réa­li­sées avec le FNAEG se sont ré­vé­lées né­ga­tives. Loin de cer­tains scé­na­rios far­fe­lus par­fois évo­qués pour ten­ter d’in­no­cen­ter Omar Raddad, la science pour­rait le­ver le voile sur des doutes. Sur ce fa­meux doute pro­fi­tant d’or­di­naire à l’ac­cu­sé. Dans cette hy­po­thèse, la dé­fense de l’homme condam­né par la cour d’as­sises des Alpes-Ma­ri­times (et par­tiel­le­ment gra­cié) s’at­tend à une re­lance ju­di­ciaire du dos­sier avec de nou­velles in­ves­ti­ga­tions.

Omar Raddad es­cor­té par les gen­darmes pen­dant sa garde à vue le  juin , qua­rante-huit heures après la dé­cou­verte du meurtre de Ghis­laine Mar­chal.

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