« Oui, en haut lieu l’État est sourd »

Ho­no­ré Co­lo­mas, pré­sident de l’as­so­cia­tion des maires des Alpes-Ma­ri­times

Monaco-Matin - - Côte D’Azur - PRO­POS RE­CUEILLIS PAR MI­CHEL DIVET mdi­vet@ni­cema­tin.fr

Dé­bat in­tense ven­dre­di à Vence en­tre­maires, par­le­men­taires, pré­fet et ser­vices de l’État à l’oc­ca­sion de l’as­sem­blée gé­né­rale des maires et pré­si­dents de com­mu­nau­té des Alpes-Ma­ri­times (ADM06) pré­si­dé par Ho­no­ré Co­lo­mas, pre­mier ma­gis­trat de Saint-An­dré-de-la-Roche.

Votre in­vi­tée, Agnès Le­brun, la vi­ce­pré­si­dente des maires de France, a dé­non­cé hier à Vence la sur­di­té de l’État. Vous par­ta­gez ce point de vue? Bien sûr. Nous, maires, sommes confron­tés à des dé­ci­sions sou­vent in­com­pré­hen­sibles ou contra­dic­toires. La plus im­por­tante étant la baisse ré­gu­lière des do­ta­tions de fonc­tion­ne­ment qui ne sont pas des « sub­ven­tions » mais ré­pondent à un mé­ca­nisme de com­pen­sa­tions fi­nan­cières. Sans in­ves­tis­se­ments des com­munes, c’est l’em­ploi qui trinque. Que dit l’ADM  face aux su­jets brû­lants d’ac­tua­li­té: fiches S, ac­cueil des ré­fu­giés? Nous n’avons pas de po­si­tion ar­rê­tée sur la com­mu­ni­ca­tion des fiches S. Tout ce­la est très com­pli­qué. Les­mi­nistres de l’In­té­rieur et de la Jus­tice s’op­posent à une com­mu­ni­ca­tion des fi­chiers aux maires. Il fau­drait tou­te­fois trou­ver un moyen de cou­per court aux ru­meurs, aux ra­gots qui ne manquent pas dans nos com­munes. Dans la mienne quel­qu’un a col­por­té que deux fi­chés S étaient sur­veillés. Une connais­sance par le maire – d’une fa­çon ou d’une autre – per­met­trait de ré­pondre à ces soup­çons, de les dé­men­tir en connais­sance de cause, ce que nous ne pou­vons pas faire ac­tuel­le­ment. Quant à l’ac­cueil des ré­fu­giés, il sem­ble­rait que notre dé­par­te­ment ne soit pas concer­né étant aux pre­mières loges des pas­sages par l’Ita­lie.

Com­ment ré­ta­blir le contact entre l’État et les col­lec­ti­vi­tés? La chose me pa­raît très dif­fi­cile en l’état ac­tuel des choses. L’écoute existe sur le ter­rain, au­près du pré­fet et des dif­fé­rents re­pré­sen­tants des ser­vices de l’État, tous pré­sents à Vence à notre as­sem­blée, ou­verts au dia­logue, mais il en va tout au­tre­ment dans les mi­nis­tères où on res­sent sou­vent du mé­pris. Oui, du mé­pris.

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