Bes­chex­hu­meun chefd’oeu­vreu­nique de Gal­lé

Un vase du maître ver­rier, et fon­da­teur de l’École de Nan­cy, Emi­lé Gal­lé, se­ra mis aux en­chères à Cannes, di­manche pro­chain. Un évé­ne­ment puisque cette oeuvre a long­temps dis­pa­ru des ra­dars

Monaco-Matin - - Art Et Enchères - THO­MAS MI­CHEL tmi­chel@ni­cema­tin.fr

Peu im­porte les sai­sons, Jean-Pierre Besch a tou­jours une bonne carte à jouer dans sa manche. Après une col­lec­tion prin­temps-été sa­luée pour son dé­fi­lé de belles mé­ca­niques au­to­mo­biles et hor­lo­gères, ses oeu­vres­mo­dernes et, bien en­ten­du, quelques bonnes bou­teilles – la marque de fa­brique de la mai­son, le com­mis­saire-pri­seur can­nois lance sa col­lec­tion au­tomne-hi­ver, di­manche pro­chain à l’hô­tel Mar­ti­nez (14 h), avec les hon­neurs de La Ga­zette Drouot. Le ma­ga­zine de ré­fé­rence a en ef­fet consa­cré cette se­maine, en amont de cette vente consa­crée aux arts dé­co­ra­tifs du XXe siè­cleet à la ver­re­rie lor­raine, une double page à un vase unique d’Emile Gal­lé. Unique, car long­temps por­té dis­pa­ru…

« À force de mé­dia­ti­sa­tion… »

« Ena­vril der­nier, nous avions ven­du un vase Gal­lé is­su d’une col­lec­tion pri­vée qui a fait le qua­trième meilleur ré­sul­tat de­puis 10 ans. Et, à force de mé­dia­ti­sa­tion, on a pu sor­tir un autre vase qui avait été per­du dans les tra­vaux de re­cherche de Gal­lé » , re­late Jean-Pierre Besch. Re­tour en ar­rière… En 1903, l’Union cen­trale des Arts Dé­co­ra­tifs or­ga­nise au Pa­villon de Mar­san, à Pa­ris, une ex­po­si­tion sous la dé­si­gna­tion « École de Nan­cy ». À cette oc­ca­sion, l’en­semble des ac­teurs des re­cherches lor­raines de ces vingt der­nières an­nées sont réunis sous le terme « Re­nais­sance des mé­tiers d’art ». Par­mi eux, Emile Gal­lé, maître ver­rier en­cen­sé lors de l’Ex­po­si­tion uni­ver­selle de 1900, et fon­da­teur de l’École de Nan­cy, choi­sit sous le terme « Vases à cris­taux de grands feux ». Dans sa be­sace, 22 pièces « qu’il consi­dè­re­par­mi ses chefs-d’oeuvre » . Mais l’un des vases qu’il sou­hai­tait ex­po­ser à Pa­ris est éga­ré ! « Il était ré­per­to­rié mais on ne l’a ja­mais re­trou­vé » , pré­cise Besch qui, voi­là quelques mois, s’est re­trou­vé nezà­nez avec la re­lique lors d’un inventaire chez un par­ti­cu­lier. Une bonne pioche es­ti­mée entre 150000 et 180000 eu­ros.

« Il ouvre la porte de l’abs­trac­tion »

Cette Feuille ron­gée ré­sume toute la poé­sie de l’ar­tiste. La dex­té­ri­té de l’ar­ti­san. « Ce chef-d’oeuvre de poé­sie d’Émile Gal­lé est à lui seul toute la ma­gie du ver­rier ; com­ment fi­ger et ré­vé­ler tant de poé­sie et de vi­sions dans ce ma­té­riau si in­hos­pi­ta­lier qu’est le verre? Quelle somme de tech­niques de tra­vail, de ré­flexions pour so­li­di­fier tout ce­la dans les cris­taux, et ré­vé­ler cette beau­té d’une ma­nière dé­fi­ni­tive. Emile Gal­lé pous­sa si loin sa ré­flexion et sa sen­si­bi­li­té que poètes, hommes d’État, écri­vains, s’iden­ti­fie­ront à son oeuvre. Ce vi­sion­naire, dans des ef­forts ul­times nous ouvre la porte avant tous de l’abs­trac­tion, du sur­réa­lisme, et du monde de la cou­leur. Il par­vient à at­teindre l’in­tem­po­rel dans cette ma­tière qu’est le verre et qui ne per­met au­cun droit à l’er­reur » , théo­rise Marc-Lal­le­ment, de la Cham­bre­na­tio­nale de­sex­perts spé­cia­li­sés. Le vase ad­ju­gé, des vins d’ama­teur ou ex­trê­me­ment raf­fi­nés sui­vront ain­si que des pièces mo­nu­men­tales d’art mo­derne. De sculp­tures de Lu­pertz, Lip­chitz ou Do­deigne qui se­ront d’ailleurs ex­po­sées dès mar­di sur la Croi­sette.

(©Bes­chCan­nesAuc­tion)

Émile Gal­lé. La feuille ron­gée. Ex­po­si­tion de Nan­cy, . Hau­teur : , cm. Es­ti­ma­tion:   -   eu­ros.

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