L’en­tre­prise agile, le tout-en-un de l’éco­no­mie Dos­sier

Le fo­rum Var Eco­biz a ras­sem­blé mar­di les chefs d’en­tre­prise du Var sur le thème de l’en­tre­prise agile. Nous avons as­sis­té à la confé­rence du spé­cia­liste in­vi­té sur su­jet - Avant, c’était le tan­gible

Monaco-Matin - - L’économie - CA­THE­RINE HENAFF che­naff@ni­ce­ma­tin.fr

Les Trente Glo­rieuses, c’est fi­ni. In­utile de sor­tir de Cen­trale pour l’avoir com­pris. En re­vanche, pour ap­prendre à sur­vivre quand on est une en­tre­prise au­jourd’hui, mieux vaut avoir un peu bû­ché la ques­tion. Jé­rôme Bar­rand est pré­sident d’agil’OA, un or­ga­nisme qui apour vo­ca­tion de ren­dreo­pé­ra­tion­nel le concept d’agi­li­té des en­tre­prises. En­sei­gnant-cher­cheur, doc­teur en gé­nie in­dus­triel, il pro­pose aux di­ri­geantsde so­cié­té de les ac­com­pa­gner à tra­ver­ser la tour­mente éco­no­mique en s’adap­tant, en adap­tant un nou­veau­mo­dèle. Il était l’in­vi­té du Fo­rumE­co­biz or­ga­ni­sé la se­maine der­niè­reàTou­lon. Des di­zaines de chefs d’en­tre­prise ont écou­té sa dé­mons­tra­tio­na­ve­cat­ten­tion. Voi­ci un aper­çu de ce qu’il leur a dit.

www.agi­loa.com Si cer­tains tentent en­core de ga­gner de l’ar­gent sur le dos des consom­ma­teurs en sui­vant la­mode de l’ob­so­les­cence pro­gram­mée, « Ce n’est qu’une rus­tine » , souffle Jé­rôme Bar­rand. Et des rus­tines pour sau­ver l’éco­no­mie, il y en a bien d’autres. « Je vous donne un exemple qui cu­mule tous les dé­fauts: on vous vend tout un tas de tech­no­lo­gies dont vous n’avez pas be­soin – le der­nier en date, c’est le té­lé­phone tac­tile jusque sur les bords. On­vous at­tire avecde nou­velles tech­no­lo­gies dont vous ne vous ser­vez pas pour 94 ou 95 % d’entre elles, mais que vous payez pour 100 % d’entre elles. Pour­quoi pas? Mais c’est une rus­tine. Ça ne nous aide à main­te­nir qu’un­peu de crois­sance. Un et de­mi dans le meilleur des cas. » Après la rus­tine, la su­per rus­tine: « La­dé­lo­ca­li­sa­tion. Pour tou­cher les gens qui ont le moins, moins, moins d’ar­gent pos­sible et trou­ver le moyen d’at­teindre des prix ac­cep­tables pour eux, on leur en­lève leur tra­vail, on va le don­ner à des gens qui sont très loin, où on peut pro­duire pour moins cher. Mais au mo­ment où on ra­mène le pro­duit, les gens ne peuvent pas payer car ils n’ont plus de tra­vail. C’est la pa­nique. » Mais il res­teen­core des rus­tines. « Les sub­ven­tions. C’est dif­fi­cile de trou­ver un sec­teur qui ne soit pas sub­ven­tion­néau­jourd’hui. Le­sou­ci, c’est qu’il n’ya­plus d’ar­gent. Ce sys­tème – du tan­gible, de la fa­bri­ca­tion, du faire – est à bout de souffle. Si on veut sau­ver l’hu­ma­ni­té, il faut ren­trer dans l’ère de l’in­tan­gible. »

(D.R).

Jé­rôme Bar­rand est doc­teur en gé­nie in­dus­triel et en­sei­gnant- cher­cheur à Gre­noble. L’en­jeu des en­tre­prises au­jourd’hui, ce n’est plus la crois­sance, c’est de du­rer. « On est dans une si­tua­tion tel­le­ment dif­fi­cile qu’une en­tre­prise qui réus­sit à sur­vivre d’une an­née sur l’autre, c’est dé­jà pas mal, y com­pris les grands groupes. On est dans cette lo­gique de du­rée qui va im­pli­quer une forme de res­pon­sa­bi­li­té­dif­fé­rente qui est de­du­rer avec l’en­sem­ble­du sys­tème. Car du­rer mais tuer l’en­semble du sys­tème sur le­quel on est en train de s’ac­cro­cher com­mele gui dans un arbre, et qu’on fi­nit par étouf­fer l’arbre, ça n’apas beau­coup de sens. »

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