Peine amende pour avoir in­sul­té et me­na­céun conseiller de La Poste

Monaco-Matin - - Monaco - J.- M. F.

Pour un re­fus d’ef­fec­tuer un vi­re­ment de compte à compte, un conseiller de La Banque pos­tale a été me­na­cé ver­ba­le­ment et in­sul­té par une cliente. Certes, il n’a pas ap­pré­cié… À l’is­sue du dé­pôt de plainte, l’au­teur des ou­trages, une Mau­ri­cienne sexa­gé­naire, a com­pa­ru de­vant le tri­bu­nal cor­rec­tion­nel. Elle a éco­pé de 500 eu­ros d’amende et de­vra ver­ser la somme de 1000 eu­ros à la par­tie ci­vile. La scène se passe le 11 mars der­nier, au gui­chet d’un bu­reau pos­tal de Mo­na­co. Une cliente de la banque du ser­vice pu­blic, après un dé­pôt de chèque sur sonCCP, sou­haite trans­fé­rer un­mon­tant équi­va- lent sur son compte épargne. L’em­ployé in­siste ce­pen­dant sur l’im­pos­si­bi­li­té d’op­ter pour un vi­re­ment. Il lui conseille de faire sim­ple­ment un chèque de la somme re­quise. Peut-être pour se plier au dé­lai obli­gé d’en­cais­se­ment après la re­mise d’un titre de paie­ment émis par une tierce per­sonne? La di­rec­tive dé­plaît à cette femme, par ailleurs très au­to­ri­taire à la barre. Le pré­sident Flo­res­tan Bel­lin­zo­na ne com­prend pas l’at­ti­tude co­lé­rique de cet agent de pro­pre­té. « C’est étrange, vous vous échauf­fez parce qu’on vous de­mande de faire un chèque. Aga­cée, vous vou­lez cas­ser la gueule à l’em­ployée et vous le trai­tez de con. » Au mi­lieu d’ex­pli­ca­tions les plus confuses et s’es­ti­mant en droit d’agir de la sorte, la pré­ve­nue fi­nit par lâ­cher: « Ce n’est pas mon conseiller… » La par­tie ci­vile ap­por­te­ra un lé­ger éclai­rage dans une af­faire qui semble plus te­nir de la ri­gi­di­té de la ré­gle­men­ta­tion ad­mi­nis­tra­tive que d’une blague. « Si tout pa­raît aus­si em­brouillé, sou­tient l’avo­cat, c’est parce que l’opé­ra­tion s’est dé­rou­lée en deux étapes et avec deux em­ployés dif­fé­rents. Le pre­mier en­caisse le chèque. Le se­cond fait un re­trait sur le compte épargne. Mais le len­de­main, la pré­ve­nue re­vient au gui­chet avec une at­ti­tude re­belle… » Mer­cure ou Her­mès re­con­naî­trai­til les siens? Même le pro­cu­reur Alexia Brian­ti ne cache pas son in­com­pré­hen­sion au fil des ver­sions. Et conclu­ra: « Le conseiller a été res­pec­tueux en­vers la cliente, par­ti­cu­liè­re­ment agres­sive et ou­tra­geante. Or, au­jourd’hui, Ma­dame ne ma­ni­feste au­cun re­gret. 1000 eu­ros d’amende. » Le tri­bu­nal ré­dui­ra de moi­tié les ré­qui­si­tions du mi­nis­tère pu­blic. Mais il ac­quies­ce­ra pour le mon­tant du dé­dom­ma­ge­ment mo­ral ré­cla­mé par la par­tie ci­vile

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