Por­trait de ré­fu­giés: Wa­hid et Sum­maya, un jeune couple d’Af­ghans qui a fui par amour

Monaco-Matin - - Grand Sud | Carnet -

L’his­toire deWa­hid et Sum­maya, c’est celle de Ro­méo et Ju­liette. Au com­men­ce­ment. Parce que ces jeunes ma­riés af­ghans comptent bien chan­ger la fin et faus­ser dé­fi­ni­ti­ve­ment com­pa­gnie à cette tra­gé­die. C’est pour cette rai­son qu’ils ont quit­té le Pa­kis­tan, où ils vi­vaient dans leurs fa­milles res­pec­tives. Des fa­milles, ex­pliquent so­bre­ment Wa­hid, « qui étaient op­po­sées à notre union. Il n’y avait pas d’is­sue, pas de so­lu­tion. Si nos fa­milles avaient eu connais­sance de notre re­la­tion amou­reuse, ils nous au­raient tués ».

« On vou­drait vivre en France »

Dé­so­béir et se ma­rier, ce qu’ils ont osé faire, c’était ris­quer leur vie, dans un pays où cer­taines fa­milles pra­tiquent en­core le crime d’hon­neur. Alors Wa­hid et Sum­maya se sont en­fuis, il y a dix mois. Leur long pé­riple les a d’abord conduits en Al­le­magne, puis vers la jungle de Calais. Ar­ri­vés la se­maine der­nière au CAO de Pier­re­feu, ils craignent en­core vi­si­ble­ment ceux qu’ils ont fuis et re­fusent d’ap­pa­raître à vi­sages dé­cou­verts. C’est ici qu’ils vont ten­ter de pas­ser à autre chose. « On vou­drait vivre en France », ex­pliquent Wa­hid et Sum­maya. Tra­vailler, construire leur vie. À18 ans, Sum­maya ai­me­rait pou­voir, d’abord, faire des études d’art. Wa­hid, 21 ans, parle de tra­vailler. Mais quand on in­siste un peu, il ex­plique qu’il pense qu’il pour­rait plus fa­ci­le­ment ga­gner sa vie s’il fai­sait d’abord les études de science in­for­ma­tique dont il rêve.

« Nous sommes tous des êtres hu­mains »

Il y a les rêves et il y a la réa­li­té. Celle de la jungle de Calais qu’ils ont quit­tée avec sou­la­ge­ment, celle des dé­marches ad­mi­nis­tra­tives qu’ils vont en­ta­mer avec l’aide de l’as­so­cia­tion

Fo­rum Ré­fu­giés - Co­si pour dé­po­ser leurs de­mandes d’asile. Celle aus­si de leur si­tua­tion très pré­caire de ré­fu­giés, dans un pays où tout

le monde ne leur sou­haite pas la bien­ve­nue. « J’ai en­ten­du par­ler de ça à Calais. De gens qui sont contre les ré­fu­giés et qui font pres­sion pour qu’on re­tourne chez nous » , confirme Wa­hid.

Ce qu’il en pense ? « Nous sommes tous des êtres hu­mains. On avait des pro­blèmes dans notre pays. À cause des Ta­li­bans et de leurs lois, c’est im­pos­sible de vivre là-bas. On n’avait pas le choix. Vous sa­vez, à la base, per­sonne ne veut quit­ter son pays. » Après un long si­lence qui masque à peine son émo­tion, il ter­mine : « Si un jour, les condi­tions sont meilleures, si on peut vivre nor­ma­le­ment, alors nous ren­tre­rons. »

(Pho­to Laurent Mar­ti­nat)

Ils sont jeunes et beaux. Mais au Pa­kis­tan, l’ave­nir ne sou­riait pas vrai­ment à ces deux jeunes Af­ghans amou­reux. Wa­hid,  ans, et Sum­maya,  ans, se sont ma­riés et ils ont fui pour ne pas être tués par leurs fa­milles, op­po­sées à leur union. Après dix mois d’er­rance sur les routes et un pas­sage par la jungle de Calais, les voi­ci à Pier­re­feu. Plein d’es­poirs...

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