Une lettre de re­ven­di­ca­tions re­trans­crit leur « cri d’alarme »

Monaco-Matin - - Côte D’azur -

Une let­trede cinq pages, en sept points, pour syn­thé­ti­ser les re­ven­di­ca­tions dis­pa­rates d’un mou­ve­ment apo­li­tique, sans leader ni or­ga­ni­sa­tion. C’est le dé­fi au­quel se sont at­te­lés les po­li­ciers ni­çois. « La­po­lice ré­pu­bli­caine, sur tous les fronts de­puis plus d’un an, craque sous le poids de son im­mo­bi­lisme. Les vio­lences bar­bares sur nos col­lègues n’en sont, mal­heu­reu­se­ment, que la con­sé­quence vi­sible » , écrivent ses au­teurs. Se­lon eux, les po­li­ciers ont vou­lu lan­cer « un cri d’alarme au gou­ver­ne­ment, à la classe po­li­tique dans son en­semble, à la­ma­gis­tra­ture (...) et au peuple fran­çais qui ex­prime son sen­ti­ment d’in­sé­cu­ri­té tous les jours sans que rien de concret ne soit fait pour qu’il cesse. » Ex­traits.

L’ar­rêt de l’en­quête de l’IPGN à l’en­contre des po­li­ciers ma­ni­fes­tants

« Ef­fec­ti­ve­ment, ces po­li­ciers ont dé­pas­sé le ca­drede leurs sta­tuts. Mais ils l’ont fait car l’ur­gen­cede la si­tua­tion le ré­cla­mait, et car ils n’ont ja­mais été écou­tés en sui­vant les voies ré­gle­men­taires d’ex­pres­sion. Ils l’ont fait, non pas pour tra­vailler moins ou dans un but lu­cra­tif, mais afin de sau­ver une ins­ti­tu­tion po­li­ciè­re­qui cha­vire et qui laisse ses fonc­tion­naires mou­rir sans ré­agir. »

Une re­fonte de la lé­gi­time dé­fense

« Une re­fon­te­pro­fonde de la lé­gi­time dé­fense est un élé­ment es­sen­tiel de la sau­ve­garde de la vie des forces de l’or­dre­qui, ac­tuel­le­ment, sont des cibles mou­vantes ne­pou­vant ri­pos­ter que post-mor­tem. »

Une réelle ré­ponse ju­di­ciaire

« Les po­li­ciers sont très bien in­for­més des suites ju­di­ciaires don­nées à leurs en­quêtes. (...) Nous de­man­dons que la norme, pour tout au­teur de vio­lences sur des per­sonnes dé­po­si­taires de l’au­to­ri­té­pu­blique ou char­gée d’une mis­sion de ser­vi­ce­pu­blic, soit le man­dat de dé­pôt en cas de condam­na­tion, ou la dé­ten­tion pré­ven­tive en cas d’at­tente du pro­cès (...). Nous de­man­dons une sim­pli­fi­ca­tion de la pro­cé­du­re­pé­nale qui ne per­met plus aux en­quê­teurs de tra­vailler et ne per­met plus d’as­su­rer une aide réelle aux vic­times. »

L’ano­ny­mat

« Le contexte ter­ro­ris­tea­mis en évi­den­ceque la de­mande for­mu­lée par les po­li­ciers de conser­ver leur ano­ny­mat est une de­mande plus qu’ur­gente afin de sau­ve­gar­der leurs vies. Les po­li­ciers ne peuvent plus être les pions d’un jeu élec­to­ral. »

La re­fonte de la po­li­tique de com­man­de­ment

« Nous de­man­dons une fin im­mé- dia­tede la­po­li­tique de course aux primes of­fer­tesà­nos hauts gra­dés, et de la po­li­tique du chif­fre­qui nuisent consi­dé­ra­ble­ment au tra­vail du po­li­cier (...) ; un re­cru­te­ment in­terne des of­fi­ciers et com­mis­saires (...) ; une vraie com­mu­ni­ca­tion et une re­con­nais­san­ce­hié­rar­chique à l’égardde leurs ef­fec­tifs (...) ; une fin de la po­li­tique d’apai­se­ment vi­sant à ne­plus in­ter­ve­nir dans cer­taines zones pour cause de re­tom­bées mé­dia­tiques (...) ; un vrai sou­tien de no­tread­mi­nis­tra­tion par un dé­pôt de plainte sys­té­ma­tique (...) as­sor­ti d’un réel sui­vi. »

Une vraie po­li­tique d’in­ter­ven­tion, de re­cru­te­ment et de for­ma­tion

« Il n’est plus pos­sible de re­cru­ter sans prendre en compte les dé­parts à la re­traite. L’aug­men­ta­tion des ef­fec­tifs doit être réelle, sen­sible et non plus théo­rique. Nous de­man­dons éga­le­ment une réelle po­li­tique co­hé­rente concer­nant les moyens mis à no­tre­dis­po­si­tion com­me­no­tre­parc au­to­mo­bile, in­for­ma­tique, ain­si que les armes et mu­ni­tions dont nous dis­po­sons. Nous ne pou­vons plus tra­vailler avec des vé­hi­cules sans freins (...) Nous de­man­dons une vraie po­li­tique de for­ma­tion (...), une fin des tâches in­dues et une ré­vi­sion de la po­li­tique de mé­de­cine lé­gale. »

Une vraie po­li­tique sa­la­riale

« Nous de­man­dons une pro­fonde re­va­lo­ri­sa­tion du point d’in­di­ce­de­puis trop long­temps ge­lé (...), ain­si qu’une trans­pa­rence to­tale sur les mou­ve­ments de mu­ta­tions qui font l’ob­jet de trop de trac­ta­tions syn­di­cales pour per­met­treaux col­lègues de ren­trer dans leurs ré­gions. »

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