La Palme d’or de Ken Loach au­jourd’hui en salles

Monaco-Matin - - Détente - PRO­POS RE­CUEILLIS PAR PHI­LIPPE DU­PUY

du ci­né­ma­qui vou­sa­pous­sé àsor­tir de votre re­traite? Ilyade la co­lère bien sûr, mais c’est d’abord le ci­né­ma­qui­me­mo­tive. Il faut ai­mer ra­con­ter­de­shis­toires de cette fa­çon par­ti­cu­lière, si­non ça n’a pas de sens...

 an­sa­près Ca­thyGoHome, rien n’achan­gé? Si, c’est pire! Il ya­dé­sor­mai­sune cruau­té conscien­te­dans la­ma­nière d’or­ga­ni­ser les choses pour per­sua­der les­gens les plus vul­né­ra­blesque c’est leur faute s’ils sont pauvres et n’ont pas de tra­vail. Alors­mê­me­qu’ilyaun chô­mage énor­me­dans toute l’Eu­rope. C’est de­ve­nu si dur et si cho­quant que mê­me­le­sem­ployés de Pole Em­ploi ne le sup­portent plus et dé­mis­sionnent...

Pour­tant, les­mi­grants­deCa­lais rêvent de s’ins­tal­ler en An­gle­terre... Si vous fuyez la guerre ou la fa­mine, n’im­por­te­quel pay­soc­ci­den­tal peut vous­pa­raî­tre­sé­dui­sant. Après la guerre, il y avait le « well­fare state ». L’État ai­dait les gens et ça fonc­tion­nait. Mais de­puisMar­ga­ret That­cher, la po­li­ti­quea­con­sis­téà dé­mo­lir ce sys­tè­me­dans l’in­té­rêt des grandes en­tre­prises. L’ima­ge­qu’ont le­sé­tran­gers de la Grande-Bre­tagne est très dif­fé­ren­tede la réa­li­té.

La fin­du film n’est-elle pas trop­dure? Elle est né­ces­saire. Fran­che­ment, le film au­rait pu être beau­coup plus noir... Pour l’op­ti­misme, on ver­ra après la ré­vo­lu­tion! (rires)

Une­deuxiè­mePalme d’or, ça compte? Bien sûr! Toute l’équipe était ab­so­lu­ment ra­vie. Sur­tout ce­la per­met­tra, j’es­père, au filmd’être vu par plus­de­per­sonnes. C’est ça­qui est vrai­ment im­por­tant.

Dans vo­tre­dis­coursàCannes, vous avez plai­dé­pou­run­ci­né­ma en­ga­gé. Pen­sez-vous avoir de­shé­ri­tiers dans ce­do­maine? Oui, ilya­beau­coup de jeunes réa­li­sa­teurs­qui s’in­té­ressent à ces ques­tions, heu­reu­se­ment. Le pro­blè­mec’est qu’ils n’ar­rivent pas tou­jours à fi­nan­cer leurs films... Les frè­resDar­denne co­pro­duisent vos films. Est-ce qu’ils on­tune in­fluence sur leur conte­nu? On est bons ami­set je­suis heu­reux qu’ils soien­tà­nos cô­tés. Mais c’est im­por­tant de gar­der cha­cunses spé­ci­fi­ci­tés. Il faut conti­nuer à s’ex­pri­mer de­sa pro­pre­voix... Sur le tour­nage, ils ap­portent des cho­co­lats et des disques de Jac­quesB­rel. C’est dé­jà beau­coup... (rires)

(Pho­tos Pro­duc­tion)

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