Eric Ciot­ti: «La France n’as­sume pas une po­li­tique de fer­me­té»

Monaco-Matin - - France - PRO­POS RECUEILLIS PAR GUILLAUME BERTOLINO

Pré­sen­té mar­di à l’As­sem­blée, le rap­port Ciot­ti sur le coût de l’asile en 2017 met à mal la po­li­tique du gou­ver­ne­ment. Et no­tam­ment la ges­tion des mi­grants éco­no­miques, qui pèse lourd­sur les fi­nances de l’État. Le dé­pu­té azu­réen le mar­tèle: « Il faut évi­dem­ment ac­cueillir les hommes et les femmes per­sé­cu­tés dans leurs pays. Mais il faut aus­si faire preuve d’au­to­ri­té, ga­rant de l’hu­ma­ni­té, quand il le faut. »

Com­bien coûte à l’État l’ac­cueil des mi­grants? On constate une si­tua­tion qui, mal­gré des moyens bud­gé­taires sup­plé­men­taires, conti­nue à s’ag­gra­ver. Nous avons ac­cueilli   de­man­deurs d’asile en  (dé­jà en aug­men­ta­tion de  % par rap­port à ). Nous se­rons à la fin de l’an­née au­tour de  . Et   en . Le coût de l’asile s’éva­lue au­tour du mil­liardd’eu­ros en coût di­rect. Ce qui ne com­prend pas les frais d’édu­ca­tion et de san­té. Pour ce­la, si on s’ap­puie sur les chiffres de la Cour des comptes, qui a estimé le coût de l’asile en fonc­tion d’un de­man­deur (  eu­ros par an) et d’un dé­bou­té (  eu­ros par an), on ar­rive à plus de deux mil­liards d’eu­ros. C’est un coût glo­bal pour la so­cié­té ex­trê­me­ment im­por­tant. Et un sys­tème qui fonc­tion­ne­mal.

C’est-à-dire? J’adhère bien évi­dem­ment au principe fon­da­men­tal de l’asile, qui consiste à ac­cueillir ceux qui sont per­sé­cu­tés. Mais au­jourd’hui, le sys­tème est per­ver­ti. Et c’est de­ve­nu un moyen lé­gal pour

, es­time le dé­pu­té et pré­sident du conseil dé­par­te­men­tal des Alpes-Ma­ri­times.

l’im­mi­gra­tion illé­gale. Le taux de pro­tec­tion est d’en­vi­ron un tiers. En ,  % des de­man­deurs ob­tien­dront un titre de sé­jour après exa­men de l’Of­fice fran­çais de pro­tec­tion des ré­fu­giés et apa­trides (Of­pra) et de la Cour na­tio­nale du droit d’asile. Les autres n’ont donc plus rien à faire en France. Ils sont des dé­bou­tés qui de­vraient être ex­pul­sés vers leur pays d’ori­gine.

Quelles sont les failles du sys­tème? On constate, et je l’ai dé­non­cé, une qua­si non-ap­pli­ca­tion du pro­to­cole de Du­blin [qui consiste à faire étu­dier les de­mandes d’asile par le pre­mier pays eu­ro­péen d’entrée, Ndlr]. Au­jourd’hui les de­mandes sont trai­tées en France. C’est une pre­mière faille. La plus grave étant que seuls  % des dé­bou­tés du droit d’asile font l’ob­jet d’une pro­cé­dure d’éloi­gne­ment. D’où la si­tua­tion: les dé­bou­tés per­turbent le sys­tème. Ils re­pré­sentent un coût im­por­tant. Ra­len­tissent les dé­lais d’ins­truc­tion, qui sont dé­jà très longs (en­vi­ron  mois), là où l’ob­jec­tif était de  jours. Je le dis, le gou­ver­ne­ment ne fait pas ce qu’il faut. Ac­cueillir les ré­fu­giés po­li­tiques, oui. Mais il faut ex­pul­ser les autres. L’asile contri­bue à aug­men­ter les flux mi­gra­toires de fa­çon in­con­si­dé­rée. La France n’as­sume pas une po­li­tique de fer­me­té, gage d’hu­ma­ni­té.

L’An­gle­ter­re­qui ne prend pas sa part, l’Ita­lie qui me­na­ce­de­ne­plus abon­der au bud­get eu­ro­péen… Ce­la res­semble for­tàune faillite col­lec­tive? Bien en­ten­du. C’est pour ça qu’il faut re­voir tous nos dis­po­si­tifs. Schen­gen est mort. Il faut ar­rê­ter l’ou­ver­ture des fron­tières prô­née par cer­tains. Les fron­tières sont po­reuses, il faut ren­for­cer les contrôles. Je dé­nonce au pas­sage les coups de force des pas­seurs qui fa­vo­risent cette in­hu­ma­ni­té, on l’a vu dans notre dé­par­te­ment à Tende. S’il y a des pas­seurs en Mé­di­ter­ra­née, c’est qu’il y a des com­plices dans notre pays. Dans la Roya! Jeme ré­jouis du ra­pide dé­man­tè­le­ment du site de Saint-Dal­mas. Et je demande une ap­pli­ca­tion très ferme de la loi contre les No Bor­ders et les pas­seurs qui font com­merce de la dé­tresse hu­maine.

(Photo E. D.)

« Le sys­tème du droit d’asile coûte plus de deux mil­liards d’eu­ros par an, et fonc­tionne mal »

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