C’est ça, le foot­ball to­tal !

Au­teur de 29 buts en 10 jour­nées, l’AS Mo­na­co étonne et dé­tonne of­fen­si­ve­ment là où, les deux sai­sons pré­cé­dentes, l’équipe pei­nait à faire trem­bler les fi­lets ad­verses

Monaco-Matin - - Sports - MATHIEU FAURE

Quand on se penche sur le dé­but de sai­son de l’AS Mo­na­co, on trouve des dé­mons­tra­tions of­fen­sives as­sez frap­pantes : Rennes (3-0), Lille (4-1), Mont­pel­lier (6-2) ou en­core Metz (7-0). Après 10 jour­nées, la bande à Leonardo Jar­di­ma­trou­vé les fi­cel­lesà29 re­prises, soit près de trois buts par match. Une fo­lie ra­ris­sime puis­qu’au XXIe siècle, au­cune équipe n’avait mar­qué 29 buts après 10 jour­nées de Ligue 1. Dans le sillage du mil­lé­sime mo­né­gasque, le Lyon de Gé­rard Houiller (26 buts en 2006-2007), le Nice de Ben Arfa (25 buts l’an der­nier) ou l’OM de Biel­sa (25 buts en 2014). Même lePSG d’Ibra­hi­mo­vic n’a ja­mais car­bu­ré à un tel rythme en dé­but de sai­son.

L’an der­nier ?  buts...

Pour trou­ver des équipes avec une telle puis­sance of­fen­sive en dé­but de sai­son, il faut re­mon­ter aux an­nées 50-60, quand les gar­diensde but por­taient des bé­rets et les joueurs nouaient leurs la­cets au­tour de leurs che­villes. A cette époque, les matches de foot­ball se ter­mi­naient sur des scores de ba­by-foot Ce qui est sur­pre­nant dans ce dé­but de Une scène de liesse dé­jà ré­pé­tée  fois cette sai­son en Ligue . Mo­na­co est d’at­taque.

sai­son tout feu tout flamme de l’AS Mo­na­co, c’est qu’il ne s’agit pas d’une ha­bi­tude mai­son. L’an der­nier à la même époque, Mo­na­coaf­fi­chait 14 pe­tits buts au comp­teur. C’était pire lors de la pre­mière sai­son de Jar­dim avec 10 uni­tés. Même les dé­buts to­ni­truants en

Ligue 1 de Clau­dio Ra­nie­ri en 2013 n’étaient pas pla­cés sous le signe de l’at­taque à ou­trance (18 buts). Pis, de­puis 20 ans, Mo­na­co n’a dé­pas­sé la barre des 20 buts après 10 jour­nées qu’à une seule re­prise, c’était en 1999 (21 buts). Com­ment une équipe qui

pei­nait au­tant à concré­ti­ser ses ac­tions l’an der­nier es­telle de­ve­nue une ma­chine of­fen­sive en un clin d’oeil ? Un peu plus de réus­site, de l’au­dace, un sché­ma­plus of­fen­sif concré­ti­sé par l’ap­port de la­té­raux très por­tés sur l’at­taque ( Si­di­bé, Men­dy) et le CV des joueurs

of­fen­sifs. La­ci­na Trao­réaé­té rem­pla­cé par Fal­cao et Ger­main, au­teur de5­buts à eux deux en ligue 1, dé­jà, là où l’Ivoi­rien n’avait trou­vé la cible qu’à 3 re­prises en cham­pion­nat sur toute la sai­son. Ce qui est sur­tout mar­quant avec cette AS Mo­na­co-là, c’est le dan­ger per­ma­nent. En gros, tout le monde peut marquer. Les dé­fen­seurs, les mi­lieux, les ex­cen­trés. Per­sonne ne tire la cou­ver­ture puisque les meilleurs go­lea­dors du club - Le­mar et Fa­bin­ho, 4 buts - ne pointent qu’au dixième rang des meilleurs bu­teurs du cham­pion­nat. Ne pas être­dé­pen­dant d’un seul homme, c’est une phi­lo­so­phie qui per­met de gar­der tout le monde concen­tré, y com­pris les en­trants. Contre Mont­pel­lier et Metz, les buts sont aus­si ve­nus du banc de touche, par exemple. C’est la grande force de l’ASM, avoir des­bu­teurs par­tout, tout le temps. En fin de sai­son der­nière, on re­pro­chait à l’es­couade of­fen­sive de ne ja­mais marquer ni de don­ner de fris­sons aux sui­veurs de l’AS Mo­na­co. Cette sai­son, on ne sait plus où don­ner de la tête. Et on ne va pas s’en plaindre. Reste à sa­voir où cette en­vo­lée of­fen­sive va por­ter l’ASMo­na­co. Un titre de meilleure at­taque, c’est comme être­sa­cré cham­pion d’au­tomne, ça ne se men­tion­ne­pas sur un pal­ma­rès. 1. 39 buts pour Saint-Etienne en 1954, 37 pour le RC Pa­ris en 1959 et Saint-Etienne en 1969,35 pour Reims en1952, 34 pour Lille en 1949,33 pour l’OMen1948, entre autres.

(Photo Cy­ril Do­der­gny)

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